Combes, Jean-Baptiste, Marcelin
Biographie
Né le 5 février 1771 à Bordeaux (Gironde), fils de Combes, Jean, propriétaire, et de Laire, Marie, son épouse. Elève sous-lieutenant d’artillerie le 1er juillet 1793, deuxième lieutenant le 19 février 1794, premier lieutenant le 5 mars 1801, admis avec son grade dans l’armée du génie le 29 mai 1801, capitaine de 2e classe le 22 décembre 1801, capitaine de 1re classe le 1er janvier 1810, admis au traitement d’expectative le 15 avril 1818, ayant complété ses trente années de service effectif le 30 juin 1820, admis à la retraite par ordonnance du 11 octobre 1820 (ordonnance n° 4613), chef de bataillon honoraire par ordonnance du 3 septembre 1823. On ne trouve aucune trace de sa participation à la révolution de Juillet (participation qu’il ne revendiquait d’ailleurs pas) mais il conçut le projet d’un monument érigé sur la place de la Concorde à la mémoire des victimes de la révolution de Juillet et adressa, le 3 juin 1831, la lettre suivante au maire du (ancien) Ier arrondissement : « Les événements de juillet 1830 devant être transmis à la postérité d’une manière digne de la nation française, j’ai conçu dans ce but le projet d’un grand monument que je propose de construire au centre de la place de la Concorde et dont je dédie la gravure à la garde nationale de Paris. Tous les frais de cette publication seront couverts par une souscription patriotique à laquelle j’ai l’honneur de vous inviter à participer et à transmettre la même invitation à vos honorables amis et administrés. Cet ouvrage dont j’aurai l’honneur de vous communiquer les plans sera composé : du plan géométral du monument ; de la vue pittoresque en perspective, du plan général de la place de la Concorde avec indication du projet, d’une feuille contenant le texte ou la description du monument. Le tout gravé en taille-douce par un des plus habiles artistes en ce genre. Le prix de chaque exemplaire sera de dix francs, sur papier vélin. Le montant de la souscription ne sera payé que lors de la livraison. Si, comme je l’espère, monsieur le maire, vous accueillez favorablement cet ouvrage patriotique je vous prie d’avoir la bonté de me faire connaître le nombre d’exemplaires nécessaires pour remplir les souscriptions qui vous seront demandées ou de les faire inscrire sur le petit registre particulier que je prends la liberté de vous adresser à cet effet. […] » Il joignait à sa demande un prospectus, imprimé chez Pinard, 8, rue d’Anjou-Dauphine, qui reprenait son projet et ainsi rédigé : « Description d’un monument en mémoire des événements de Juillet et de la charte de 1830, projeté pour être construit sur la place de la Concorde ou sur celle de la Bastille.
»par le chevalier Combes,
»chef de bataillon du génie, en retraite.
»La gravure de cet ouvrage, qui va être publiée incessamment est dédiée à la garde nationale de Paris.
»Ce monument, de forme circulaire, serait composé de deux rangs de colonnes d’ordre corinthien, entièrement isolées, pour ne pas obstruer les points de vue.
»Au-dessus de l’entablement du premier rang de colonnes, seraient des statues représentant les principaux citoyens tués dans les combats de Juillet ; sur le second rang, s’élèverait un attique surmonté d’une coupole, au sommet de laquelle serait une statue représentant la France armée, tenant dans sa main droite une branche d’olivier, symbole de la paix qu’elle offre à l’Europe.
»Au centre du monument il y aurait un piédestal portant un groupe dont la figure principale représentait la France brisant ses chaînes, terrassant le Despotisme, et tenant dans sa main gauche la Charte de 1830.
»Ce Monument serait établi sur un stylobate divisé en quatre parties, où
seraient des fontaines, dont les eaux tomberaient dans des bassins demi-circulaires ; sur le milieu des quatre parties du stylobate, seraient placés des groupes de figures représentant des traits d’héroïsme relatifs aux journées
de Juillet.
»On monterait sur le terre-plein du stylobate par quatre escaliers placés
entre les fontaines.
»La frise extérieure du Monument porterait l’inscription suivante :
»AUX JOURNÉES DE JUILLET
»ET A LA CHARTE DE MDCCCXXX
»Si on érigeait ce Monument au centre de la place de la Concorde, indépendamment du but patriotique qu’il est destiné à remplir, il aurait le double avantage de concourir à l’embellissement de cette place, et d’en diminuer l’étendue, ainsi que la ville en a l’intention.
»Pour mieux atteindre ce dernier résultat, il serait établi un rang de bornes, liées entre elles par des barres de fer : ces bornes seraient à quatorze mètres en avant des marches et du stylobate, afin d’éloigner du Monument les nombreuses voitures qui traversent continuellement cette place.
»Dans l’espace compris entre ces bornes et le stylobate, seraient disposées des plates-bandes de verdure ou boulingrins, qui offriraient à ceux qui viendraient voir le Monument la facilité de stationner agréablement dans cette enceinte, à l’abri des voitures et des chevaux, dont la circulation est maintenant très dangereuse pour les piétons.
»Signé, Combes,
»10 mai 1831.
»Extrait du journal le Temps du 26 mai 1831 sous le n° 584 de la 2e année de sa publication, colonne 8672, relatif au projet du Monument dont la description est ci-dessus :
« C’était une tâche que s’était imposée la Restauration, que de consacrer la mémoire des événements de 93 par des monuments expiatoires. C’est dans un autre but qu’il faut maintenant éterniser la gloire de nos révolutions. Nous avons sous les yeux les plans d’un édifice heureusement conçu, et qui présente un ensemble de détails parfaitement en harmonie les uns avec les autres. Ce monument doit être construit en marbre et en bronze.
»La gravure de ce monument est confiée aux premiers artistes de Paris, et M. le comte Lobau en a accepté la dédicace au nom de la garde nationale. C’est à M. le chevalier Combes, ancien officier du génie, que nous devons les dessins de ce monument, qui fait honneur à son patriotisme ainsi qu’à son talent. » (Voir les annonces)
»ANNONCES
»Souscription pour la gravure d’un monument aux journées de Juillet et à la Charte de 1830.
»Cet ouvrage, dédié à la garde nationale, sera composé : 1° Du plan géométral du monument ; 2° d’une vue perspective ; 3° du plan général de la place de la Concorde, avec indication du projet ; 4° d’une feuille contenant la description du Monument ; le tout gravé en taille douce par un des plus habiles graveurs de Paris.
»MM. les souscripteurs ne devront, quant à présent, qu’indiquer leur domicile et le nombre d’exemplaires qu’ils désirent avoir. Le montant n’en sera payé qu’en recevant l’ouvrage.
»On peut s’inscrire, tous les jours, aux divers domiciles ci-après :
Chez MM. Giraldou-Bovinet, marchand d’estampes, passage Vivienne, n° 26. Chaillou, marchand d’estampes, rue Saint-Honoré, n° 140, vis-à-vis l’Oratoire. Veuve Riboulet, passage de l’Opéra, n° 4.
Gihaut frères, marchand d’estampes, en face les passages de l’Opéra, n° 4, boulevard des Italiens. Boivin, marchand d’estampes, rue et passage Valois, n° 1 Palais-Royal. Couronné, marchand d’estampes, rue Castiglione, n° 12.
»Le prix de chaque exemplaire, composé de trois feuilles de dessin, sur papier vélin, et de la description, sera de 10 francs. » A la suite du même courrier qu’il fit au ministre de l’Intérieur, ce dernier lui répondit qu’il n’existait aucun fonds disponibles dans les crédits de son ministère qui lui permettent de souscrire à l’ouvrage.
En 1831, il sollicita d’être réemployé et fut nommé commandant de la place d’Aigues-Mortes le 2 juin 1831. Peu après son arrivée dans cette ville, il se plaignit de « l’excessive insalubrité » du climat qui altérait fortement sa santé et affectait sa vue « d’une manière inquiétante » et sollicita un congé de convalescence, en attendant une nouvelle affectation. Ayant appris par Viennet, député de l’Hérault, que son frère, commandant la place de Sète demandait sa retraite, il sollicita d’y être affecté. Sa lettre était apostillée par Dintraux (illisible), député des Hautes-Pyrénées, et Rogniat (illisible), lieutenant-général. Il fut nommé commandant de la place de Sète le 3 février 1832. Il fut l’objet, en date du 22 septembre 1832, du rapport suivant de la direction du dépôt de la Guerre au ministère de la Guerre : « Avant son admission dans le service des places, qui date du 2 juin 1831, il jouissait depuis 1820 d’une solde de retraite de mille deux cents francs. Il avait, à cette époque, accompli ses trente ans de service. Cet officier, qui depuis 1801 faisait partie de l’arme du génie, était en activité en 1814. Il a servi pendant les Cent-Jours et fut mis ensuite en non-activité ; mais le 23 janvier 1816, il reçut des lettres de service pour Bayonne. Compris dans la nouvelle organisation du Génie, il fut en 1817 employé à Blaye, place qu’il avait défendue en 1814. Une décision du 27 avril 1818 l’admit ensuite au traitement d’expectative, qu’il sollicita lui-même en raison de l’affaiblissement de sa vue ; quelques mois auparavant, il avait été noté de la manière suivante par le général Garbé : « M. le capitaine Combes, dont l’inspecteur a été à portée de connaître le peu de bonne volonté dans le service, mécontente depuis longtemps ses chefs, beaucoup plus préoccupé de spéculations de commerce, dans lesquelles il est intéressé à Bordeaux il ne désire que la résidence de cette place. C’est dans la position du traitement d’expectative que M. Combes a accompli en 1820 le temps d’activité qui lui était nécessaire pour être admis à la retraite, dont la liquidation fut fixée à cette époque. Le 2 juin 1832, il fut nommé au commandement d’Aigues-Mortes. Il avait été admis à concourir pour le service des places, d’après un avis du comité des fortifications, en date du 8 mai précédent, qui témoignait des connaissances et de l’expérience du service de cet officier. Le 3 février 1832, il passa au commandement de la place de Cette [lire Sète, N.D.A.], dont il fut dépossédé cinq jours après son arrivée, par le général Durrieu, disposition dont il fut rendu compte au ministre, qui la confirma. M. Combes prouve de nouveau par des attestations de l’autorité locale qu’il avait rendu des services à Cette dès le lendemain de son arrivée. Par décision royale du 25 mai suivant, il a été admis à la solde de congé, en attendant qu’il y ait possibilité de lui donner une autre destination. » Combes réclama contre la mesure qui le frappa, prétendit avoir été injustement déplacé et protesta contre la gêne extrême où l’avait mis deux voyages successifs. Il fut nommé commandant de la place de Fort-l’Ecluse le 10 octobre 1832. Il fut admis à faire valoir ses droits à la retraite le 14 septembre 1833, par suite de rapports, en date du 7 septembre et du 14 septembre 1833, qui faisaient état des difficultés qu’il rencontrait dans l’exécution de son service : « Inquiet et tracassier au-delà de toute expression, cet officier ne peut vivre en bonne intelligence avec personne, et il a trouvé moyen de s’attirer des reproches à différentes reprises de la part de ses chefs directs et même de MM. les directeurs d’artillerie et des fortifications à Grenoble. Par suite de sa mésintelligence avec le chef de bataillon du génie, dirigeant les travaux qui se font dans ce moment aux fortifications de la place un accident vient d’arriver par l’éboulement sur la voie publique de rochers dans lesquels on fait jouer la mine. Un cheval et un bœuf ont été seuls blessés mais cet événement aurait pu avoir des suites plus funestes. […] J’ai déjà eu l’occasion de vous signaler le caractère fâcheux de M. Combes [et] les tracasseries continuelles dont il ne cesse de tourmenter tout le monde. En résumé, je vous prie dans l’intérêt du service de faire remplacer M. Combes. Il est d’ailleurs âgé de soixante ans et doit avoir besoin de repos plus que tout autre. » Combes déposa, le 8 juin 1848, une demande devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février. Il donnait sa version suivante des persécutions qu’il avait subies depuis la chute de l’Empire : « En 1815, le duc et la duchesse d’Angoulême étant à Bordeaux pour célébrer l’anniversaire de leur entrée dans cette ville l’année précédente, ayant reçu un courrier qui leur annonçait le débarquement de l’Empereur Napoléon sur les côtes de Provence, le premier partit immédiatement pour s’opposer à la marche de Napoléon et la duchesse s’embarqua pour l’Angleterre. Immédiatement après leur départ, le général Clauzel entra à Bordeaux avec un détachement d’infanterie et prit le commandement de la 11e division militaire. Quelques jours après, je reçus des ordres du ministère de la Guerre pour faire quelques réparations aux murs d’escarpe du château Trompette et pour mettre les casernes en état de recevoir la garnison de Bordeaux. L’intention du général Clauzel était de placer cette garnison dans cette forteresse afin d’éviter toute collision (lire collusion? N.D.A.) entre la troupe et les habitants de la ville. L’exécution de ces ouvrages occasionna quelques rumeurs dans la ville de la part d’une partie des habitants, qui prétendirent que ces moyens de répression empêchaient l’élan des royalistes. Sitôt après les Cent-Jours, ces rumeurs se changèrent en véritable révolte contre l’autorité militaire et je fus, dès ce moment, en prise à une infinité de tracasseries de la part des royalistes exagérés et notamment des sieurs Benjamin Lailotte, Aquard, Boisson, etc., prétendant que j’étais républicain, que c’était moi qui avait comprimé leur royalisme, par les travaux que j’avais fait faire au château Trompette. Vainement je leur fis connaître, par la note imprimée ci-jointe (absente du dossier, N.D.A), que ces travaux avaient été ordonnés par le ministre de la Guerre et que par conséquent l’initiative de ces ouvrages ne pouvait nullement m’être attribuée, ils persistèrent dans leur système et me dénoncèrent au duc d’Angoulême, qui, par suite, me fit mettre en demi-solde et plus tard à la solde de retraite. Ces faits, résultant des lettres ci-jointes (absentes du dossier, N.D.A.) qui me furent adressées le 1er septembre 1815 et le 16 février 1816 par le général chef de division du génie au ministère de la Guerre. A la suite de ces événements, le général Clauzel fut mis hors la loi par le gouvernement de Louis XVIII, mais il parvint à s’embarquer pour les Etats-Unis et je fus plus que jamais en prise aux tracasseries des prétendeurs (sic) royalistes, acharnés contre moi. Mon admission à la solde de retraite me fut tellement préjudiciable que dans ce moment même j’étais sur le point d’être élevé au grade de chef de bataillon, en récompense de mes bons services au premier siège de Saragosse, dont je fis exécuter les travaux sous les ordres du général Lacoste, aide de camp de l’Empereur Napoléon, ainsi que le constate la déclaration ci-jointe (absente du dossier, N.D.A.) du général Grundler (illisible), chef de l’état-major du corps d’armée assiégeant. Par suite de ma mise en retraite, je perdis vingt-huit ans de services honorables, le grade de chef de bataillon qui m’était dû pour mes services au siège de Saragosse, l’avancement naturel que j’aurais obtenus pour quinze ans de service que j’avais encore à faire pour atteindre l’âge de la retraite et enfin tout mon avenir. Ce fut vainement qu’en 1830 je réclamais ma rentrée dans le corps du génie en prenant mon rang d’ancienneté ; le gouvernement de cette époque, se traînant à la remorque de celui de la Restauration, n’eut aucun égard à ma demande. D’après ce qui précède et par suite des décisions injustes et iniques qui prononcèrent ma mise en demi-solde et mon admission à la retraite, j’ai été frustré premièrement du grade de chef de bataillon qui m’avait été promis en récompense de mes bons services au premier siège de Saragosse ; deuxièmement pour la conservation de la citadelle de Blaye, dont les grands approvisionnements auraient été enlevés par l’ennemi sans la défense opiniâtre que je dirigeais pour neutraliser les attaques dont elle fut l’objet ; troisièmement enfin de la perte de seize années de service que j’avais encore à faire dans un grade supérieur pour arriver à l’âge de la retraite. Tous ces dommages étant réels et faciles à évaluer, j’ose espérer que la Commission les appréciera, en m’accordant le dédommagement qu’elle jugera convenable et pour lequel je m’en rapporte entièrement à sa justice. » La Commission lui refusa toute récompense, avançant l’explication suivante : « Ce n’est pas pour la république mais pour Bonaparte que le citoyen a perdu son grade. » Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il était chevalier de la Légion d’honneur en 1848. Combes demeurait 9, rue Duras en 1830-1832 ; 19, rue du mont-Thabor en 1832 ; 35, rue d’Amsterdam en 1848. Archives de Paris VD6 92 ; Archives nationales F/1dIII/82 ; Archives de la préfecture de police AA 380. On trouve (et c’est sans doute lui quoiqu’il ne soit pas médaillé de Juillet...) dans Mélanges occitaniques n° 39, tome XI, Montpellier 1833 p. 249-253, l’article suivant, sous le titre M. Viennet à Béziers : « Dimanche dernier, 22 du courant, vers les 9 heures du soir, des groupes d’individus, dont plusieurs étaient munis de sonnettes et autres instruments, se portèrent, après avoir parcouru la ville, devant la maison de M. Viennet ils trouvèrent devant la porte, l’illustre député en compagnie de son frère, son beau-frère, de M. le sous-préfet en costume, de M. le maire, du juge de paix, du substitut du procureur du roi, ainsi que de MM. le lieutenant-colonel et le major du régiment des hussards, en garnison dans notre ville. Ces groupes vociférant la chanson du juste-milieu : la seringue, qu’ils avaient le soin d’accompagner d’autres cris, arrivèrent devant la maison de M. Viennet, en criant : A bas le juste-milieu, à bas le cochon, à bas le député vendu, à bas le cochon vendu, mort au député ! A ces mots, notre digne représentant, qui se trouvait toujours devant la porte, se jette parmi la foule en s’écriant avec force : A bas les brigands de 1815, à bas les carlistes ! Il est alors bousculé par la populace, qu’il tente de haranguer, mais en vain, il est vivement apostrophé et insulté de toutes parts ; on s’empresse, de venir le prendre ; ou l’amène, étouffant de rage et de fureur, et l’on parvient à le faire entrer dans la maison. Dans ce moment, M. Brousse, beau-frère de M. Viennet, frère du député, saisissant au collet un des individus présents, se permet de le frapper. Mais quel est cet individu sur lequel vient de tomber si malencontreusement la colère de M. Brousse ? C’est, ô justice du sort ! c’est un pauvre homme qu’on a payé, et qui est là pour prêter aide et protection contre le terrible, l’universel charivari. Cependant les cris et les huées redoublent, et on voit paraître alors le sieur Combes, le fameux Combes, protégé de la famille Viennet, qui tient prêter son influence en sa double qualité de vétéran de la révolution et de décoré de la médaille de juillet ; se plaçant sur la porte, il dit : C’est indigne, messieurs, qu’on traite ainsi un mandataire du peuple, un député ! à bas les carlistes ! Ne savent-ils donc pas que nos plaies de 1815 ne sont pas encore cicatrisées ? à bas les brigands de 1815. A ces mots un individu (le sieur B.), sort de la foule, et apostrophant avec force notre orateur officieux et officiel, il lui dit : Il n’y a pas de brigands de 1815 ici ; il n’y a pas de carlistes ; à bas le cochon vendu, le gros cochon ; c’est pour toi que je parle maintenant, etc. Le sieur Combes veut continuer de pérorer, mais sa voix est couverte par les cris, les huées, les sifflets, et il finit en criant : A bas la queue de Robespierre ! A bas les terroristes ! En même temps on voit arriver les piquets de gendarmerie et de cavalerie, qui se tenaient cachés dans la sous-préfecture, ainsi que tous les estafiers de la police, les gendarmes déguisés, les crieurs de nuit et consorts. Ils semblent vouloir faire une démonstration pour dissiper les rassemblements, et c’est dans ce moment que M. *** ancien militaire, outré sans doute de voir flétrir les lauriers parlementaires de l’honorable improstitué, s’offre pour se mettre à la tête de la troupe et faire évacuer la place. Cependant l’emploi de la force n’est pas jugé convenable, et la foule se dissipe lentement, après que les charivariseurs sont partis depuis quelque temps. »