Commerson, Alexandre

Biographie


Né vers 1805 à Auxerre (Yonne). Bijoutier. Il n’eut pas le temps de solliciter devant la Commission des récompenses nationales, à cause de son départ pour la défense de la Belgique ; il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), pour solliciter la décoration de Juillet. On trouve dans son dossier le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Alexandre Commerson, ouvrier bijoutier, demeurant à Paris, rue Notre-Dame-de-Nazareth n° 7, a combattu pendant les journées des 28 et 29 juillet 1830. Dès le 27, il a aidé à la première barricade construite rue de l’Arbre-Sec. Le 28, armé seulement d’un bâton, il a, avec les combattants, procédé au désarmement des postes Bonne-Nouvelle, Thévenot et Saint-Martin ; à ce dernier poste, il n’a pu avoir qu’un sabre et s’est procuré une espingole au Conservatoire des Arts et Métiers. De là, il est allé sur le boulevard Saint-Martin, où il a essuyé les charges du 50e de ligne et de la garde royale. Après quoi, refoulé, lui et son détachement jusqu’au carré Saint-Martin, il n’a cessé de tirer du coin de la rue Meslay et souvent en embuscade dans le passage du Banquet-d’Anacréon. Le lendemain 29, il est allé avec tous les combattants rue Saint-Germain-l’Auxerrois, à la grande barricade, et a tiré constamment sur les Suisses et les gardes royaux, à la prise du Louvre, où il est entré avec tout son détachement, commandé par les élèves de l’Ecole polytechnique. Peu d’instants avant, malgré les invitations puissantes de se retirer de l’endroit où il tirait, une partie de la barricade vint à se démolir, il fit une chute, qui lui fractura légèrement le genou, ce qui ne l’empêcha pas de marcher, quoiqu’il le fît péniblement. Après être sorti du château du Louvre, un Suisse, attaché à l’une des colonnes de l’intérieur, allait être fusillé, lui et quelques combattants parvinrent à le sauver et empêcher cette exécution. Lors du départ pour Rambouillet, il fit partie de la colonne de la VIIe légion commandée par M. Castin, ancien officier de l’armée, qui vient de plus attester ce fait au présent certificat. Et lui avons délivré le présent certificat pour lui servir auprès de la Commission des récompenses nationales et comme un témoignage de sa belle conduite pendant les journées de Juillet. » Signé : Portret, demeurant 7, rue Notre-Dame-de-Nazareth ; Castin (voir Castin, Charles, Nicolas), sous-lieutenant, commandant le détachement de la VIIe légion à Rambouillet, demeurant 16, rue Charlot ; Malenfant, demeurant 258, rue Saint-Martin. Suivaient les apostilles suivantes : « Je certifie avoir vu M. Commerson, le 28 juillet 1830, armé d’un sabre-briquet, à la tête d’un détachement de patriotes, rue Bourbon-Villeneuve près la rue Saint-Denis. » Signé Beaufort, sergent des grenadiers du 3e bataillon de la Ve légion, demeurant 10, rue du Petit-Carreau. Cette autre : « Je certifie avoir vu M. Commerson, le 29 juillet 1830, armé d’une espingole, rue de l’Arbre-Sec au coin de la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, d’où il est parti pour aller se battre au Louvre au commencement de la prise. » Signé : Luisan, voltigeur au 4e bataillon de la VIe légion de la garde nationale, demeurant 10, rue de la Salle-au-Comte ; Navarre, chasseur à la VIe légion de la garde nationale ; Grandjean, demeurant 100, rue Saint-Martin. Cette autre : « Je certifie avoir réparé une espingole à M. Commerson, laquelle paraissait avoir fraîchement tiré. » Signé : Lemoine, P., arquebusier, demeurant 10, rue Notre-Dame-de-Nazareth. Cette autre : « Je certifie avoir vu M. Commerson, le 28 juillet 1830, armé pour la cause de la liberté. » Signé : Cana (voir Cana, Louis, Joseph), blessé et décoré. Cette autre : « Je, soussigné, secrétaire du commissaire de police du quartier Popincourt à Paris (ancien) VIIIe arrondissement, certifie que le 29 juillet 1830 j’ai vu le nommé Alexandre Commerson qui était armé d’une espingole et qui combattait à la barricade de la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois. » Signé le 17 septembre 1831 : Auberti. Cette autre enfin : « Je certifie qu’Alexandre Commerson a combattu avec les patriotes. » Signé: Salomon, M., blessé et décoré (à retrouver c’est lequel ?). Il était indiqué, dans son dossier, comme étant dans une situation aisée. Il demeurait 7, rue Notre-Dame-de-Nazareth en 1831. Archives de la préfecture de police AA 380.

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