Compère, Joseph, dit Maréchal, Auguste

Biographie


Né vers 1799. Brigadier de l’artillerie à cheval de la garde royale. Neveu de Philippe Joseph Compère, il combattit le 28 juillet dans la rue Montesquieu et fut blessé mortellement le 29 juillet, d’un coup de feu à la tête dans le passage Vero-Dodat. Transporté à l’ambulance de Saint-Germain-l’Auxerrois (mais plus sûrement à l’ambulance établie 45-47, rue de Grenelle-Saint-Honoré, selon le docteur Gendrin, Augustin, Nicolas (voir ce nom), il mourut deux heures plus tard. Son corps fut enterré sous la colonnade du Louvre. On trouve dans le supplément du numéro 48 du Courrier des électeurs, le récit suivant de la cérémonie funèbre de l’enterrement des victimes de Juillet sous la colonnade du Louvre : « Il existe, vis-à-vis le Louvre, sous la colonnade, et vis-à-vis l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, une place nue qui était entourée d’une simple barricade en bois : c’est dans un coin de cette place et du côté de la Seine qu’ont été ensevelis aujourd’hui d’héroïques citoyens qui ont succombé dans les journées du 28 et du 29. On a creusé deux grandes fosses dans lesquelles quatre-vingts cadavres à peu près ont été placés entre deux couches de chaux vive ; les morts étaient apportés dans de grands fourgons et retirés l’un après l’autre. Un frère a reconnu son frère ; le cadavre était ensanglanté et presque méconnaissable ; cependant le frère de la victime s’est jeté sur ce corps avec des cris et des plaintes : le jeune homme a voulu couper une mèche de cheveux à ce cadavre ; on lui a prêté un couteau, il a coupé les cheveux, il a embrassé son frère, après quoi il l’a abandonné à la fosse qui le réclamait. Les citoyens ont rendu à ces corps tous les honneurs dus aux soldats et aux chrétiens. Il ont déchargé leurs fusils sur cette vaste tombe ; ils ont appelé un prêtre de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois : M. L’abbé Paravey est venu en habits sacerdotaux, et qui a béni la terre des morts ; la garde nationale a reconduit M. le curé jusqu’à sa porte. Quelle guerre ! quelle histoire ! quel peuple ! En ce moment il élève sur le champ de repos une croix de bois sur laquelle on lit pout toute inscription funéraire : Aux Français morts pour la liberté ! » On trouve dans Tombeaux du Louvre. Histoire véritable de Médor ou le chien fidèle, contenant des détails circonstanciés sur les événements arrivés à son maître, mort à la prise du Louvre, Imprimerie Le Normant fils, rue de Seine, Paris, 1830, le détail de l’inscription qui fut déposée sur sa tombe : « A la mémoire du brave et digne ami Auguste Compère, dit Maréchal, mort dans la journée mémorable du 29 juillet 1830. A tous les cœurs bien nés que la patrie est chère ! » Le même ouvrage, dans les détails curieux qu’il donne sur l’histoire du chien Médor (voir Duhamel, Jacques-Léon), relate aussi : « Le 20 janvier une femme se faisant passer pour veuve et qui prenait soin de la tombe d’Auguste Marchal, cette femme avait su se procurer des certificats, et par ce subterfuge, avait vendu Médor 200 francs à un Anglais, qui l’a emmené, et l’animal n’a pas été long à revenir au poste, qu’il ne quitte pas depuis sept mois, et la veuve supposée est maintenant en arrestation. » La mairie du (ancien) IVe arrondissement donnait sur Compère les indications biographiques suivantes : « Compère n’avait plus ses père et mère et ne laisse qu’un oncle, le sieur Cuny, portier, rue de l’Université, mais sans qu’on ait pu savoir le numéro. Compère vivait depuis neuf ans avec la fille Hélène Ménétrier, rue du Chantre, n° 27. » Compère, Auguste dit Maréchal demeurait sans doute 5, rue Carpentier (27, rue du Chantre in Archives de Paris VD6 288 n° 7). Tombeaux du Louvre. Histoire véritable de Médor ou le chien fidèle, contenant des détails circonstanciés sur les événements arrivés à son maître, mort à la prise du Louvre. Imprimerie Le Normant fils, rue de Seine, Paris, 1830, p. 7 et 11 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, Rapport sur les faits et actions honorables et les accidents éprouvés, et sur les autres renseignements recueillis et relatifs aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rues […] faisant partie du IVe arrondissement municipal de la Ville de Paris, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830 ; Liste des blessés présents le 29 juillet 1830 à 10 heures à l’ambulance établie 45-47, rue de Grenelle-Saint-Honoré, salle du Tivoli d’hiver in Archives de Paris VD6 277 in dossier Gendrin, Augustin, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/50.

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