Conseil
Biographie
Né le 18 août 1808 à Gamaches (Saône). Mécanicien. Il adressa, le 9 mai 1848, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et dans laquelle il faisait aussi état de sa conduite en juillet 1830 : « J’ai recours à votre bienveillante sollicitude pour les souffrances de la classe ouvrière malheureuse, afin d’obtenir par votre intervention mon admission comme forgeron-ajusteur dans les ateliers de machines du chemin de fer de Paris à Orléans. Ouvrier forgeron-ajusteur de machines, je fus blessé d’un coup de feu à la cuisse, le 29 juillet 1830, à la prise de la caserne de la rue de Babylone, où je combattais pour la liberté, dans les rangs des enfants de Paris. Cinq cents francs me furent alors alloués comme indemnité par la Commission des récompenses nationales. Le 24 février, j’étais encore dans les rangs du peuple à l’attaque du poste du château d’eau place du Palais-National. Je fis mon service à la barrière Clichy et j’empêchai avec plusieurs citoyens énergiques l’incendie du bâtiment de l’octroi. Marié, père de famille avec deux enfants et sans ouvrage depuis deux mois, je viens solliciter votre protection pour me faire entrer dans les ateliers de machines du chemin de fer d’Orléans, dans lesquels j’ai déjà travaillé avec succès. Vous ne regretterez pas, citoyens, la requête d’un patriote dans le besoin et qui demande votre protection pour gagner sa vie en récompense de ses faibles services. » Sa demande était appuyée par Desfammes, capitaine, commandant la 8e compagnie. Il joignait à sa demande le certificat suivant: « Nous, soussignés, nous plaisons à déclarer que le citoyen Conseil, garde national de la 8e compagnie du 4e bataillon de la IIe légion (banlieue) se trouvait au Palais-National lors de la prise de ce monument en février dernier et qu’il a contribué à empêcher l’incendie de l’octroi de la barrière de Clichy en cette journée ; qu’il s’est en outre très bien conduit lors des affaires de juin dernier (l’émeute des 23, 24 et 25 juin 1848, N.D.A.), en concourant avec ses camarades à la défense de l’ordre et de la liberté. » Signé, aux Batignolles, le 23 juillet 1848 : Vadurel. Il fut proposé par la Commission pour une place de forgeron-ajusteur dans les ateliers d’un chemin de fer. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 10, rue de la Paix aux Batignolles en 1848. Il est indiqué dans son dossier mais sans doute par erreur comme décoré de Juillet. Archives de la préfecture de police AA 380.