Consigny, Joseph, Amant (et aussi Amand, Joseph, sur les listes de la mairie, sur celles du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39)
Biographie
Né le 6 frimaire an VI (26 novembre 1797) (mais le 6 floréal an VI in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831) à Senonges (Vosges), fils de Consigny, Jean-Pierre, instituteur, et de Grémiou, Magdelaine son épouse. Marchand de vins en 1827 à la Branche-du-Pont, entrepreneur et conducteur de voitures de Saint-Maur à Paris et retour en 1830, il venait d’acheter en mai 1830 pour la somme de quinze mille francs quatre voitures publiques et quinze chevaux, compris les harnais. Requis pour transporter des blessés dans sa voiture et les conduire à l’hôpital Saint-Louis, il fut blessé d’une balle qui lui traversa la cuisse droite, le 28 juillet près de la porte Saint-Denis (mais à la porte Saint-Martin in Archives de Paris DM13 1), au moment où il chargeait lui-même sur ses épaules un blessé pour le déposer dans sa voiture. Il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, officier de santé, demeurant à Paris, rue Coquillière n° 33, certifie que M. Consigny, Joseph, Amant, âgé de trente-trois ans, cocher, demeurant actuellement à Saint-Maur, rue Saint-Honoré, a été blessé rue et près la porte Saint-Denis, le 28 juillet 1830, en conduisant des blessés dans sa voiture, par une balle qui lui a traversé la cuisse droite, de dedans en dehors, vers son quart inférieur, et que après avoir soulevé plusieurs éclats du fémur, entièrement perforé, s’est perdue dans les parties molles, où il a été jusqu’à présent impossible de la découvrir. Ce genre de blessure, sa position, l’os très excessivement gonflé par l’inflammation qui s’y est nécessairement développée et les esquilles qui ne peuvent manquer de s’en détacher feront longtemps attendre la guérison, qui, en supposant qu’elle marche régulièrement, ne peut avoir lieu avant six ou huit mois. » Signé, le 13 octobre 1830 ; Audinet illisible, officier de santé, demeurant 33, rue Coquillière. Il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le baron Louis, secrétaire d’Etat aux Finances, chez qui il avait été autrefois cocher, intercéda en sa faveur auprès du général Lafayette, en août 1830, pour le faire participer aux secours. Il reçut un secours de soixante francs, le 4 août 1830, un secours de quinze francs, le 10 août 1830, un secours de cinquante francs, le 13 octobre 1830, un secours de cent quinze francs le 5 novembre 1830, un secours de cent quatre-vingts francs le 15 décembre 1830, un secours de soixante-cinq francs le 3 janvier 1831, un secours de soixante-cinq francs le 15 janvier 1831, un secours de cent trente francs le 15 février 1831, un secours de soixante-cinq francs le 1er mars 1831, un secours de soixante-cinq le 15 mars 1831, un secours de quarante et un francs et soixante-cinq centimes le 1er avril 1831, un secours de quarante et un francs et soixante-cinq centimes le 15 avril, un secours de quarante et un francs et soixante-cinq centimes le 2 mai 1831 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut (sous le seul nom de Consigny) un total de cinq cent soixante francs (mais un total de cinq cent trente francs et quatre-vingt-cinq centimes et un bon d’habillement de trente-trois francs in Archives de Paris DM13 1) de secours auprès de la sous-préfecture de Sceaux ; sur le registre, est inscrite l’observation suivante : « Une balle à la cuisse, non encore extraite ; blessure très grave, il ne pourra plus se servir de sa jambe ni de sa cuisse ; sa maladie lui a fait perdre son établissement de voitures, il est probablement ruiné, sa position doit inspirer le plus vif intérêt. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Le 23 février 1831, devant le juge de paix du canton de Charenton, comparurent : Lemaire, Jean, Mathurin, né vers 1772, marchand de bois, demeurant à Saint-Maur-le-Pont ; Chalut, Léon, Prosper, né vers 1801, officier de santé, demeurant à Saint-Maur-le-Pont ; Chatriot, Louis, Stanislas, né vers 1795, limonadier-traiteur, demeurant 55, rue des Carrières à Saint-Maur-le-Pont. Ils attestèrent « qu’il est à leur parfaite connaissance que le sieur Joseph, Amand Consigny (sic) ex-entrepreneur de voitures publiques, demeurant audit Saint-Maur-le-Pont, a combattu dans les rangs des patriotes à Paris dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 et qu’il y a reçu une blessure à la cuisse droite, qui a été jugée devoir le rendre incapable d’aucun travail pendant sa vie ; que cette blessure n’est pas encore guérie et que même elle laisse des craintes pour ses jours ». Le 22 février 1831, le maire de la Branche-du-Pont délivra le certificat suivant : « Nous, maire de la commune de la Branche-du-Pont, département de la Seine, arrondissement de Sceaux, canton de Charenton, certifions que le sieur Consigny, Amand, Joseph (sic), demeurant en cette commune, blessé le 28 juillet dernier en combattant pour la liberté à Paris, a perdu son établissement par suite de sa blessure, ne pouvant plus le conduire ; qu’il est maintenant dans un état de misère ; qu’il ne subsiste plus que par les secours que la Commission des récompenses nationales lui accorde et quelques petits secours du bureau de bienfaisance de notre commune ; enfin, qu’il n’a aucun autre moyen d’existence, étant resté au lit depuis le 28 juillet, jour où il a été blessé, et qu’il est dans l’impossibilité de ne pouvoir rien faire. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et auprès de l’arrondissement de Sceaux. Il fut admis dans la 5e classe des blessés et pensionné de six cents francs auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il reçut auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement un habit, un pantalon et un bonnet de garde national. Il fut contraint de vendre son établissement, pour la somme de sept mille francs, ne pouvant du fait de sa blessure s’en occuper lui-même. En 1831, le maire lui délivra un certificat comme quoi, ayant perdu son établissement par suite de sa blessure qui l’empêchait de conduire, il était maintenant réduit à un état de misère. En 1832, il reçut deux cent cinquante francs et pour se rendre aux eaux. En 1833, le préfet de la Seine indiquait à son sujet : « Garçon de bureau dans l’Administration des postes […], sa conduite a toujours été exempte de reproches […]. » En 1833, il reçut trois cents francs pour se rendre en cure aux bains de Bourbonne. Vers 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il sollicita de participer à la distribution des vingt-cinq francs de gratification accordés à chaque décoré de Juillet. Il s’était marié avec Lereau, Marie, Anne, le 11 avril 1822 à la mairie du (ancien) IIe arrondissement de Paris, et avait deux enfants, Pierre, Joseph, Honoré, né le 8 janvier 1823, et Auguste Amant, né le 22 avril 1827 à Branche-du-Pont (Saint-Maur ?). Il demeurait à la Branche-du-Pont (Seine) en 1827 ; 7, rue des Vieux-Augustins en 1830-1831 ; Branche-du-Pont (Saint-Maur, Seine) en 1831, rue Saint-Honoré à Saint-Maur en 1831 in Archives nationales F/1dIII/34 et in Archives nationales F/1dIII/38 A (il avait sans doute deux domiciles, l’un à Paris et l’autre à Saint-Maur) (mais à Joinville-le-Pont in Archives de Paris VK3 37) ; 64, rue Montmartre vers 1833. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 55 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, p. 65, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement, p. 96, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Amand, Joseph) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Amand, Joseph) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 32 ; Archives de Paris DM13 1, état nominatif des personnes domiciliées dans les cantons de Charenton et de Vincennes (arrondissement de Sceaux) qui ont succombé lors des événements de juillet 1830, soit sur la voie publique, soit à leurs domicile, ou dans les hospices de Paris, par suite de leurs blessures ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, idem état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 13 ; Archives de Paris VK3 37, dossier Médailles (sous le nom de Amand, Joseph) ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux (sous le nom de Amand, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement (où son nom est rayé avec la mention double emploi) et noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Cacques, Hippolyte ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Cortès ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, Barèges, Mont-d’Or et Néris et liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 5e classe.