Contesenne, Isaac, Justin

Biographie


Né le 24 avril 1802 à Auteuil. Pêcheur. Dans l’exposé que fit Bonnard, Louis, Guillaume de sa propre conduite dans les combats de Juillet, il donnait de précieuses indications sur la participation de Contesenne, Isaac, Justin. Cet exposé était ainsi rédigé : « Le 29 juillet, il [N.D.A] partit à la pointe du jour du Bas-Meudon, après avoir engagé tous les habitants du pays connus de lui pour la cause de la liberté à se rendre isolément sur Paris. Il ne garda avec lui que le nommé Contesenne, Justin, qui ne le quitta pas de la journée. S’est trouvé à la barrière de la route de Sèvres (Bonhomme) au moment où l’on empêcha le convoi de pain de passer. Ce convoi était escorté par des dragons et des gardes du corps. M. Payen et ses ouvriers lui barrèrent le passage sur le pont de Grenelle et décidèrent sa retraite par une décharge de mousqueterie. Il se dirigea, en traversant toute la garde royale, sur l’Hôtel de ville, pour prévenir le général Lafayette de toutes les dispositions militaires qui se faisaient à Sèvres et Saint-Cloud. A midi et demi, il se dirigea sur les Tuileries par la brèche de la rue de Rivoli, avec ses hommes qu’il avait fait armer. Il entra dans le château, où il tâcha de faire mettre le bon ordre et cela en vain. Il fit sortir des appartements de la duchesse de Berry des hommes qui étaient montés par des échelles pour piller. M. Bonnard s’est particulièrement fait remarquer à la prise de la dernière pièce de canon défendue par les Suisses et les grenadiers au coin de la rue de Rohan battant (sic) sur la rue de l’Echelle. Il y arriva à 2 heures et demie environ ; il engagea les citoyens à s’en emparer et marcha dessus, à leur tête. Une décharge de mousqueterie tua deux hommes (l’un en redingote olive reçut une balle au cœur, l’autre à la droite de M. Bonnard ayant un habit suisse par-dessus sa blouse, reçut une balle dans le front) et les citoyens qui le suivaient se retirèrent. M. Bonnard revint sur eux et les traita de c…lons. Ceux-ci voulurent le tuer et l’appelèrent mouchard. Le nommé Contessenne écarta les plus mutins, qui voulaient le frapper, ce qui donna à M. Bonnard le temps de sortir de sa poche sa cartouche de grenadier de la garde impériale. A cette vue, on lui serra la main. Allons, dit-il, marchons de nouveau. M. Bonnard marcha dessus la pièce mais tous les autres citoyens qui occupaient la petite rue Saint-Louis et Traversine-Saint-Honoré, voyant l’élan arrivé de la rue de l’Echelle se précipitèrent sur la pièce et la prirent les premiers. […] Des hommes qui ont accompagné M. Bonnard, cinq sont portés pour la médaille et trois pour la mention honorable. » Il signa, le 8 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Rousseau père, Pierre, Jean-Louis : « Nous, soussignés, habitants de Meudon, certifions que les nommés Louis, Jean, Pierre Rousseau (sic) et Antoine Rousseau, son fils, ont pris une part glorieuse aux trois journées de juillet 1830 et qu’ils y ont fait preuve de courage et de patriotisme. Que le 30 et 31, ils ont passés dans l’île Seguin, à la tête d’une douzaine d’hommes qu’ils ont embusqués ; ils ont, par leur fusillade continuelle, obligé la garde royale à abandonner le pont de Sèvres et qu’ils l’ont poursuivie sur la route de Versailles. Que, lors de l’expédition de Rambouillet, ils ont excité par leurs discours et leur exemple une partie des habitants à les y accompagner, qu’enfin ils se sont portés partout où le danger et le dévouement à la cause de nos libertés pouvaient exiger leur présence. » Il signa la lettre rédigée par plusieurs habitants de Sèvres et de Meudon pour désigner Bonnard, Louis, Guillaume, comme leur intermédiaire pour faire valoir auprès de la Commission des récompenses nationales leurs droits de combattants de Juillet. Cette lettre était ainsi rédigée : « Les soussignés, habitants des communes de Sèvres et de Meudon, dont plusieurs ont eu déjà l’honneur de vous adresser leur demande, ont vu avec peine qu’ils n’étaient point compris dans les arrondissements communaux des environs de Paris qui doivent fournir un commissaire à la Commission des récompenses nationales chargée de recueillir les noms de ceux qui ont été tués, blessés ou qui se sont empressés de prendre les armes pour défendre la cause de la liberté pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet à Paris, 30 et 31 juillet à Sèvres et Saint-Cloud, 3 et 4 août dans les journées décisives à Rambouillet. Comme l’article 14 de la loi porte qu’elle sera applicable aux autres communes dont les habitants ont pris part à la dernière révolution, nous avons l’honneur de vous prier d’avoir la bonté de nous faire connaître les mesures que nous avons à prendre pour nous conformer aux dispositions de la loi. M. Bonnard, Guillaume, commissaire des guerres, qui habite le bas Meudon depuis cinq ans, a bien voulu se charger de vous remettre notre demande et de nous faire connaître votre réponse. Il pourra d’ailleurs vous donner des renseignements sur la conduite que nous avons tenue dans les derniers événements et vous faire connaître les sentiments qui nous ont toujours animés pour le règne de la liberté. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la sous-préfecture de Sceaux. Sa médaille lui fut remise le 6 juillet 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Contessonne, Isaac, Justin), auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Le 24 février 1834, il fut l’objet avec Contesenne, Joseph (voir ce nom), du procès-verbal suivant, qui suivit son arrestation : « Hier matin, les deux susnommés entrèrent dans le cabaret du sieur Dantant, rue du Quai-d’Orsay à Vaugirard, et se mirent à chanter deux refrains de chansons ainsi conçues : l’un En avant braves chiffonniers, Marchons les premiers, Braves chiffonniers, Marchons à la victoire ; et l’autre Philippe a trahi son serment, Ce n’est plus notre roi, Ce n’est plus qu’un tyran, Aux armes, vengeons-nous ou mourons. La garde nationale ayant été requise, Isaac fut arrêté et son camarade prit la fuite. Ils s’étaient présentés auparavant chez le sieur Soudée (voir Soudée père), marchand de vins, rue de Sèvres n° 32, membre du conseil municipal de Vaugirard, envers lequel ils s’étaient livrés à des injures et des menaces. Isaac se disait agent secret de la police et menaçait le sieur Soudée qu’il le lui paierait vingt-cinq francs la livre. Interpellé, l’inculpé a nié tous les faits qui lui sont reprochés et a dit que l’individu qui l’accompagnait était son beau-frère. » Le maire de Vaugirard devait donner l’avis suivant sur la conduite de Contesenne : « La conduite du sieur Contesenne est d’autant plus reprochable qu’elle a excité le mécontentement parmi la garde nationale. Cet homme qui se dit républicain et agent secret de la police, connu ici pour un mauvais sujet et à craindre, mérite une punition sévère. Il vous sera réclamé par sa famille, qui est déjà venue ce matin, mais il mérite une sévère punition illisible. M. Sudée, membre du conseil municipal, homme recommandable par sa conduite et ses mœurs, a été indigné de la conduite de ce misérable. » Le 7 avril 1848, il était indiqué comme Contesenne dit Racca, aubergiste puis pêcheur, demeurant 12, quai de Billancourt ou 20, rue de l’Egalité, au hameau de Billancourt et fut inculpé de détention d’armes et de munitions, mais relaxé le même jour. Sa remise en liberté avait été ainsi demandée par son gendre : « Le citoyen Contesenne, décoré de Juillet, emprisonné en 1832 pour délits politiques, a été incarcéré cette nuit à la Conciergerie. Sa famille supplie instamment le citoyen préfet de police d’examiner promptement les motifs mis en avant pour son incarcération. Le citoyen Contesenne est républicain de vieille date et des calomnies seules ont pu égarer la justice du citoyen préfet. » Vinant, J. (illisible), gendre de Contesenne et fermier au bas Auteuil, commune d’Auteuil. A cette occasion, la perquisition faite à son domicile permit de saisir : deux paquets de cartouches à balles dont l’un avec un paquet de capsules ; deux poires à poudre, dont l’une en cuivre et l’autre en carton, contenant l’une environ cent vingt-cinq grammes de poudre de chasse et l’autre environ un demi-kilogramme de petit plomb de chasse ; un sac en cuir contenant environ deux cent cinquante grammes du même plomb ; une boîte en fer blanc renfermant des capsules de chasse ; vingt-quatre capsules de guerre ; dix-sept chevrotines ; un paquet entamé contenant environ un demi-kilogramme de poudre fine ; un couteau-poignard garni en maille...illisible aux deux extrémités du manche qui est en nacre de illisible et dont la lame bien repassée et rouillée a onze centimètres de longueur ; un fusil de chasse à deux coups et à piston ; un autre fusil de chasse simple, également à piston ; un fusil de guerre, garni de sa bretelle et de sa baïonnette. Son sommier judiciaire : « Condamné à huit jours de prison par le tribunal correctionnel de la Seine, le 28 août 1828, pour rébellion ; écroué à La Force le 28 février 1834 pour provocation à la rébellion, renvoyé à la chambre du conseil le 22 mai 1834 ; condamné à six jours de prison par le tribunal correctionnel de Versailles le 9 juillet 1833 pour rébellion ; condamné à dix jours de prison par le tribunal correctionnel de Versailles le 16 décembre 1834 pour rébellion ; condamné à trois jours de prison par le tribunal correctionnel de Versailles le 29 novembre 1836 pour coups. » Le 27 janvier 1853, il tenait l’hôtel du Bel Air à Auteuil ou était marchand de vin traiteur au 22, quai de Billancourt à Auteuil et fut plus gravement compromis puis inculpé d’assassinat suivi de vol, entre Saint-Cyr et Trappes sur le nommé Delande ou Deslandes, décédé, et la femme Dubois, tous deux marchands de volailles à Saint-Lubin-de-la-Haye ; il fut saisi chez lui une hache dont le manche était taché de sang, un fléau de poche et treize notes de factures. Il demeurait dans le bas Meudon en 1831-1834 ; 22, quai de Billancourt à Auteuil en 1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris DM13 1 in dossier Rousseau père, Pierre, Jean-Louis, idem même référence sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VK3 37, dossier Médailles ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Bonnard, Louis, Guillaume ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Bonnard, Louis, Guillaume ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives de la préfecture de police AA 422, année 1834, dossiers collectifs 3 février-27 décembre 1834 (549 à 793. In Archives de Paris VD6 631 n° 1 in dossier Léger, Robert, François, il y a également un Contesenne, François, un Contesenne, Joseph, tous deux demeurant au Bas-Meudon, un Contesenne, P., marchand de bois au Bas-Meudon, qui signèrent un certificat en faveur de Léger, Robert, François, pour attester que ce dernier avait commandé les 30 et 31 juillet au Bas-Meudon et à la prise du pont de Sèvres. In Archives de Paris DM13 1 in dossier Rousseau père, Pierre, Jean-Louis, il y a un Contesenne, marchand de vin, demeurant au bas Meudon, qui délivre le certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants de Meudon, certifions que les nommés Louis, Jean, Pierre Rousseau (sic) et Antoine Rousseau, son fils, ont pris une part glorieuse aux trois journées de juillet 1830 et qu’ils y ont fait preuve de courage et de patriotisme. Que le 30 et 31, ils ont passés dans l’île Seguin, à la tête d’une douzaine d’hommes qu’ils ont embusqués ; ils ont, par leur fusillade continuelle, obligé la garde royale à abandonner le pont de Sèvres et qu’ils l’ont poursuivie sur la route de Versailles. Que, lors de l’expédition de Rambouillet, ils ont excité par leurs discours et leur exemple une partie des habitants à les y accompagner, qu’enfin ils se sont portés partout où le danger et le dévouement à la cause de nos libertés pouvaient exiger leur présence. » Toujours dans la même référence il y a Contesenne, P., marchand de bois, demeurant au bas Meudon, et Contesenne, François, demeurant au bas Meudon, qui signent le même certificat que signa Contesenne, Isaac, Justin (voir plus haut) en faveur de Rousseau père, Pierre, Jean-Louis. Il y a des Contesenne, pêcheurs père et fils, accusateurs de Gechter dans la conspiration de la rue des Prouvaires.

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