Conti, Louis, Vincent, François, Xavier
Biographie
Né le 7 décembre 1783 à Rome (Italie). Ancien colonel ou chef de bataillon en retraite. Il fut blessé à la tête sur les listes du Constitutionnel ou « malade dangereusement par suite des fatigues des 27, 28 et 29 juillet » selon les listes établies par la mairie. Marié, père de deux enfants, dont un blessé, il reçut un secours de cent quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Marié et père de famille, à peine rétabli en novembre 1830, dans l’impossibilité de se livrer à aucune occupation, aucune décision n’ayant encore été prise par la Commission des récompenses nationales sur la demande qu’il avait faite d’une place, se trouvant dans une position « affreuse », il sollicita un secours. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut un secours de cent francs le 3 septembre 1830 et un secours de cinquante francs le 9 septembre 1830 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (mais aussi cent cinquante francs de la Commission de secours in Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 7 secours aux combattants). Le 17 octobre 1830, il adressait la lettre suivante au maire de son arrondissement : « Malgré tous mes efforts, me voilà sans meubles et sans aucunes ressources ; je suis privé de mes enfants et je suis forcé de demeurer dans une chambre garnie avec ma femme bien indisposée. Le 26 juillet 1830, lorsque les fameuses ordonnances furent lancées, je fus un des premiers à me prononcer contre et j’animai toutes les personnes que je connaissais à la promenade des Tuileries pour former une vive opposition malgré les jésuites et les espions sans nombre qui entouraient tout le monde. Les 27, 28 et 29 juillet, je n’ai pas cessé un instant de me montrer avec mes concitoyens là où il y avait des dangers à courir et de bonnes dispositions à donner comme ancien officier supérieur et je puis me vanter d’avoir fait beaucoup de mal à l’ennemi. Tombé moi-même sous les chevaux et ayant eu mon fils blessé j’ai sauvé des lanciers de l’ex-garde d’une mort certaine car ils étaient mes prisonniers, et tous les braves qui m’entouraient voulaient les massacrer au moindre signal. Le 28, j’ai empêché tous les citoyens présents d’entrer à la Banque de France, en prenant par la main l’officier du 5e qui commandait le poste. Enfin, je suis resté vingt-deux jours dans mon lit et je n’ai reçu d’autre récompense positive qu’un brevet de chef de bataillon d’état-major pour former les cadres de la colonne mobile qui, le 6 du mois d’août, devait aller combattre à Rosny contre l’ex-garde qui ne voulait pas se rendre. J’ai été nommé par ordre du roi et cependant sous un prétexte ou l’autre aucun emploi ne m’a été donné et les faibles secours que j’ai reçus ne couvrent pas même les dépenses que j’ai faites dans la grande semaine. J’ai perdu toute ma fortune par suite des événements et les personnes qui m’ont dit dans ma détresse que le gouvernement ne me doit rien je suis contraint de leur répondre que le 25 juillet 1830 elles ne songeaient pas au bonheur que notre valeur devait leur procurer. Je suis forcé de vous demander les moindres secours puisque je suis traité si mal et pensez bien que je n’ai aucune ressource à l’entrée de l’hiver. Je me confie entièrement à votre bon cœur et j’ai l’honneur, etc. » La lettre fut renvoyée par la mairie devant la Commission des récompenses nationales. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le seul nom de Conti sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Il fut admis, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés avec une indemnité de trois cents francs versés sur une année. Il reçut (sous le nom de Conty), à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de trois cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Le 6 juillet 1831, il donna procuration à sa femme pour retirer sa médaille, expliquant : « Je suis maintenant à la prison de La Force, pour quelques dettes que la méchanceté a déguisées sous mille formes mais tout cela sera éclairci et j’espère que le gouvernement appréciera à la fin les services que j’ai rendus et combien j’ai été dévoué pour le maintien de l’ordre public dans toutes les circonstances où il fallait quelque courage. Tant que j’aurai une goutte de sang, mes principes pour la liberté légale seront toujours les mêmes. » Il reçut sa médaille le 6 juillet 1831, et son brevet le 6 janvier 1832 et signa sous le nom de De Conti le récépissé de ses médaille et brevet. Il apostilla la demande de décoration présentée par Dubois, René, attestant ainsi « que le citoyen Dubois, René, maître ébéniste, s’est conduit en tout comme un brave dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet. Au moment de la retraite de l’ennemi, lorsque je fis fermer la barrière de l’Etoile, le susnommé, accompagné du citoyen Muser, maître bottier, demeurant dans mon quartier, harcelèrent sans cesse l’ex-garde royale et prirent les canons. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut, comme décoré de Juillet, une somme de vingt-cinq francs, en 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de huit francs, en juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1839 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il était inscrit sur une liste de décorés de Juillet appelés à recevoir une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1840 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il reçut secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, sa femme un secours de soixante-quinze francs en 1851 et en 1852, un secours de cinquante francs en 1852, au titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 8, rue du Marché-d’Aguesseau en 1830 ; 12, rue du Helder en 1831 ; 15, rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois en 1832 ; 37, rue Saint-Nicolas en 1833-1834 ; 12, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1837-1840 ; 396, rue Saint-Honoré en 1849-1852 ; 318, rue Saint-Honoré à une date indéterminée entre 1849 et 1853. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel (sous le nom de Conti, Louis) ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 56-57 (sous le nom de Conti, Louis) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD3 8, révolution de 1830, lettres de polytechniciens, rapports divers, etc. (sous le nom de Conti, Louis) ; Archives de Paris VD6 91, liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] (sous le nom de Conti, Louis) ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831 (sous le nom de Conti, Louis), idem dossier Dubois, René (sous le nom de Conti, Louis) ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 7, liste des secours aux combattants (sous le nom de Conti, Louis) ; Archives de Paris VK3 18, Préfecture du département de la Seine, Commission de la souscription nationale, allocations accordées par décision spéciale à des personnes domiciliées dans le (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Conty) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet, idem même référence Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat de répartition entre les décorés de Juillet de la somme de trois cent cinquante-neuf francs et quatre-vingt-quinze centimes mise à la disposition du maire du (ancien) Ier arrondissement, le 30 juillet 1834, idem même référence Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet, idem même référence Etat des décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement et qui sont dans le cas de prendre part à la gratification à l’occasion du neuvième anniversaire de Juillet, idem même référence une liste, établie en 1840, de décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement, et appelés à recevoir une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1840 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le nom de Conti, Louis) ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Conti, Louis) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/9/1155 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147, idem, Demande de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de juillet 1830, en date du 24 juin 1851, minutes 189-190, idem, Proposition, en date du 30 juin 1851, d’accorder à onze décorés, médaillés, blessés et veuve d’un médaillé de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 690 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 191-192, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 (sous le nom de Conti, Louis, Vincent, François), idem Proposition d’accorder à quarante-quatre décorés et veuves de blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 2.375 francs, minutes 254-256, en date du 11 décembre 1852 (sous le nom de Conti, Louis, Vincent). In Archives de Paris VK3 47 in dossier Léger, dans le récit que fit ce dernier de sa participation aux combats, on trouve les indications suivantes, concernant peut-être Conti : « […Le 29 juillet] Je prends promptement la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Arrivé à la hauteur de l’hôtel de l’ambassadeur anglais, s’est trouvé un bataillon de la garde royale qui faisait des feux de peloton en avant de sur la place Beauvau attendu que les braves du faubourg du Roule leur coupaient le passage de manière qu’ils étaient pris sur toutes les directions. Ils furent obligés de battre en retraite sur l’allée de Marigny pour arriver à rejoindre le fort de leur armée. Sur la place Beauvau, j’y trouve le colonel Conti, qui était à la tête des braves du faubourg. Je me consulte à lui pour arriver à la barrière de l’Etoile, pour faire fermer les grilles pour couper la retraite, ce qui fut fait. Je marche avec dix hommes. Le colonel Conti recommande aux braves de tenir bon sur les Champs-Elysées, attendu que la retraite étant coupée nous aurions le temps de prendre une partie de leurs pièces. Arrivés par la rue du Roule, nous passons par la rue de l’Oratoire. Nous traversons Beaujon et nous tombons à la tête du B... illisible, il est pris à dix pas de la barrière de l’Etoile. L’ennemi était en bataille à cent pas de la route. Les grilles étaient fermées à l’exception de celle de gauche qui était ouverte. Au milieu de la grille à quatre pas étaient quatre-vingts gendarmes en bataille. M. le colonel Conti m’ordonna de marcher avec mes douze hommes, de fermer la grille. Je me lance à l’instant sur la grille et la ferme, ce qui donna le temps aux braves qui étaient aux Champs-Elysées de prendre deux pièces de canon. Après avoir fermé la grille, je me replonge dans le jardin de l’hôtel du Ble Retiro illisible c’est le même mot que plus haut. Une décharge fut faite sur nous, sans que personne fut à tirer. Un quart d’heure après l’ennemi était parti. Je rétablis un poste à la barrière avec mes hommes, dont une partie sont au 1er régiment de la Charte. »