Contremoulin
Biographie
Capitaine. Il adressa la lettre suivant au Constitutionnel : « Paris, le 8 août 1830.
»Monsieur,
»Vous avez sans doute été mal informé quand vous avez annoncé dans votre numéro du 6 courant que “c’était M. le général Rewbel qui avait été envoyé par le gouvernement provisoire au camp de Saint-Omer”. Voici ma réclamation : Cette mission m’avait été confiée par M. le général comte Gérard. Parti le 2 en poste de Paris, je suis arrivé le 3 au matin au camp qui était levé, et j’ai dû suivre les différentes marches et contremarches du corps d’armée, commandé par le général d’Alton, jusqu’à Poix, où, le 4, je lui rendis mes dépêches, à six heures du matin, et en tirai récépissé.
»A mon retour à Paris, j’ai rendu compte au colonel Fabvier de l’exécution des ordres que j’avais reçus.
»Mes services pour la cause publique, dans notre mémorable révolution, ne se sont pas bornés à cette seule mission : j’étais au quartier général du comte Gérard depuis le 30 juillet. J’ai été envoyé avec quatre élèves de l’Ecole polytechnique à Saint-Cloud puis au château de Vincennes, avec le chef d’escadron Dulacq.
»Les 27, 28 et 29 juillet, je faisais partie de la colonne commandée par le général Dubourg, qui s’est définitivement emparé de l’Hôtel de ville. J’y arborai les premiers drapeaux. J’y fis de nombreuses distributions de poudre ; je facilitai l’entrée du général Lafayette à la Ville. Envoyé avec le capitaine Bacheville à la Bourse j’organisai plusieurs bataillons de gardes nationaux, de concert avec le chef d’escadron Dulacq. Tels sont, Monsieur, les services que j’ai été assez heureux de rendre, dans ces circonstances critiques, à la liberté. La bienveillance avec laquelle vous recevez tous les renseignements de cette nature, et l’empressement que vous mettez à les publier m’ont engagé à vous prier de vouloir bien les insérer dans les colonnes de votre patriotique journal. J’ai l’honneur, etc.
»Contremoulin, capitaine,
»Rue Caillon, n° 14. » Le Constitutionnel, 12 août 1830.
L’édition du lendemain du Constitutionnel contient le rectificatif du maréchal de camp Reubell, adressé au directeur du journal : « Vous avez inséré, dans votre journal de ce jour, une réclamation de M. le capitaine Contremoulin, où il dit “que vous avez été mal informé quand vous avez annoncé, le 6 courant, que c’était M. le général Reubell qui avait été envoyé par le gouvernement provisoire au camp de Saint-Omer.”
»Ce n’est pas sans surprise que j’ai vu M. le capitaine Contremoulin entrer dans une discussion relative aux ordres que j’avais reçus et que j’ai exécutés.
»Il doit savoir que lorsqu’il est arrivé à Poix, c’est en ma présence qu’il a remis une dépêche à M. le général Dalton, et que déjà cet officier-général, ainsi que les troupes qu’il commandait, avaient arboré les couleurs nationales. J’ai l’honneur d’être, etc.
»Le maréchal de camp
»Reubell. »
Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement). Il était porteur de deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. le capitaine Contremoulin a donné de grandes preuves de dévouement pour la patrie, dans la mémorable semaine, que le 29 juillet il a été un de ceux qui ont commandé la colonne de braves qui est partie de la Bourse pour aller prendre possession de l’Hôtel de ville et que, revenant à la tête d’un détachement de braves volontaires, il s’est porté sur le Louvre, pour en aider la prise, ensuite rue Saint-Honoré pour y rétablir l’ordre et la tranquillité. De retour au quartier général de la Bourse, il a reçu les deux pièces de canon prises par les braves et les a fait retrancher en dedans des grilles de la Bourse en cas de surprise. Les 30, 31 juillet et 1er août, il n’a pas quitté la Bourse pour donner des ordres. » Signé, le 5 septembre 1830 : Darbo fils (voir Darbo fils, François), demeurant 86, passage Choiseul. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, préposé au commandement de la Bourse pendant les journées de Juillet, conjointement avec M. Gadon, atteste que M. le capitaine Contremoulin a été de la plus grande utilité à ce poste, qu’il n’a quitté qu’au dernier moment, tant pour l’organisation des citoyens armés que pour le maintien du bon ordre. M. Contremoulin a fait, dans ces journées mémorables, tout ce qu’on devait attendre du zèle et du patriotisme d’un officier dévoué à la cause de nos libertés et au rétablissement de l’ordre légal, et sa conduite mérite les plus grands éloges. » Signé, le 10 septembre 1830 : Novince (voir Novince, Pierre, François). Il joignait à sa demande le texte d’un ordre, donné le 1er août 1830, par le général Fuburier illisible (nom à retrouver) et ainsi rédigé : « M. le colonel Bro est invité de fournir un détachement de sa légion à M. le chef d’escadron Dulac, chargé du commandement de la ville de Vincennes, en état de siège. Ce détachement se réunira à la garde nationale de Vincennes, qui doit faire le service pour le blocus du fort. P.-S. Amitiés particulières pour l’ancien camarade Bro. » Darbo, dans une lettre qu’il adressa à la Commission des récompenses nationales, pour relater la participation qu’il avait prise aux combats de Juillet, donnait de nombreuses indications sur la participation de Contremoulin. Cette lettre était ainsi rédigée : « Le 29 juillet, je partis avec la colonne qui prit définitivement l’Hôtel de ville. Là, sous les ordres de M. le capitaine Contremoulin (voir ce nom), il m’employa à le seconder dans différentes missions, jusqu’au moment où je partis avec un détachement pour aider à la prise à la prise des Tuileries. Je revins quelques heures après, escortant la cassette de l’ex-roi, qui fut remise à l’Hôtel de ville. Rentrant sous les ordres du capitaine Contremoulin, je repartis avec lui et le capitaine Bacheville (voir ce nom), pour prendre part à la prise du Louvre et purger entièrement la rue Saint-Honoré, après quoi je me rendis à la Bourse, que je n’ai quittée que le 1er août jusqu’à ce que la tranquillité fût rétablie. » Contremoulin signa deux certificats en faveur de Darbo. Le premier certificat, en date du 5 septembre 1830 : « C’est avec une véritable satisfaction que le capitaine Contremoulin certifie que M. Darbo fils, a déployé pendant la grande semaine le plus grand dévouement à la cause de la liberté, qu’il a partagé avec moi les dangers à la prise de l’Hôtel de ville, du Louvre et de la rue Saint-Honoré, qu’il m’a parfaitement secondé pendant tout le temps que j’ai été au poste de la Bourse et notamment au journal le Temps pour empêcher un grand nombre d’ouvriers, égarés, qui voulaient détruire les presses mécaniques. On ne saurait trop rendre justice à son courage et à son patriotisme . » Le deuxième certificat, en date du 4 décembre 1830 et ainsi rédigé : « Le soussigné, P. M. Contremoulin, chef de bataillon au 19e régiment de ligne, saisit avec empressement l’occasion de certifier que M. Darbo fils, marchand, a tenu la conduite la plus honorable pendant les mémorables journées de Juillet, qu’il a constamment été sous mes yeux, partant de la Bourse pour l’Hôtel de ville, de là au Louvre, aux Tuileries et rue Saint-Honoré, que le lendemain, vendredi, il m’a parfaitement secondé à l’administration du journal le Temps à dissiper un grand nombre d’ouvriers imprimeurs qui voulaient briser les presses mécaniques de cet établissement ; qu’enfin il s’est comporté en bon, brave et zélé Français et qu’il mérite à tous égards la reconnaissance nationale. Pour quoi je me fais un devoir de lui donner le présent pour lui servir et valoir selon son mérite. » Contremoulin demeurait 14, rue Gaillon en 1830 ; chez M. Figat, 4, rue de la Vrillère en 1831. e Constitutionnel, 13 août 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 380 ; Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Darbo fils, François. C’est pas le Contremoulin du complot de l’Epingle noire ? plus sources internet sur l’Algérie ?