Coqueau, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 12 septembre 1790 à Paris. Militaire au 22e de ligne sous l’Empire, resté cinq années prisonnier de guerre au siège de Fliesingier (?), en 1809, devenu tourneur en cuivre. Parti se battre en tirailleur sur la place de grève vers midi, il manqua bientôt de munitions, rentra chez lui tourner des balles en cuivre et revint se battre sur la place de Grève. Il se distingua aussi à l’angle de la rue de Rohan. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Coqueau, Jean-Baptiste, tourneur en cuivre, rue du Temple n° 14 (sic), ancien militaire, a constamment combattu pour la liberté dans les journées des 28 et 29 juillet. Il a montré la plus grande bravoure, d’abord aux combats qui ont été livrés à l’Hôtel de ville, ensuite aux combats qui ont décidé la prise des Tuileries. Personne plus que lui ne mérite la bienveillance du gouvernement. Le citoyen Coqueau est avantageusement connu dans le (ancien) VIIe arrondissement et pour ce qu’il a fait dans la dernière révolution et pour sa conduite précédente. Nous lui avons fait et délivré le présent pour lui servir et valoir ce que de raison. » Signé, le 28 août 1830 : Moineau (voir Moineau, Edme, Charles), marchand de vin, demeurant 11, place de l’Hôtel-de-Ville ; Fontaine, demeurant 10, rue Jean-de-L’Epine ; Desvignes, demeurant 28, rue de la Verrerie ; Orban (voir ce nom), demeurant 6, rue des Deux-Portes-Saint-Jean ; Mourot, propriétaire, demeurant 14, rue du Temple ; Borneuil, A., marchand chapelier, demeurant 35, rue de la Verrerie ; Charpentier, L., pâtissier, demeurant 34, rue de la Verrerie ; Papeguay (voir Papeguay, Pierre, Xavier), demeurant 25, rue de la Verrerie ; Masson, A., marchand de vin, demeurant 17, rue du Temple ; Detolle, marchand de vin, demeurant 6, rue du Mouton ; Lavigne, demeurant 8, rue du Temple ; Reffencourt, demeurant 12, rue du Temple ; Lefebvre, coiffeur, demeurant 13, rue du Temple ; Platrier, pâtissier, demeurant 13, rue du Temple ; Rodier, architecte, demeurant 12, rue du Temple ; Caval, demeurant 20, rue du Temple ; Vimeux, tourneur, demeurant 25, rue du Temple ; Bizonard, loueur de cabriolets, demeurant 23, rue du Temple ; Cartier, fruitier, demeurant 32, rue du Temple ; Letricheux, demeurant 18, rue du Temple ; Papin, fabricant de illisible, demeurant 26, rue du Temple ; Dupuis, demeurant 36, rue du Temple ; Gerrivel, chasseur à la 1re compagnie du 1er bataillon de la VIIe légion, demeurant 26, rue du Temple ; Moullé, demeurant 1, rue Chapon ; Lethimonnier, boulanger, demeurant 4, rue du Temple ; Huron, électeur, marchand de vin, demeurant 1, rue Chapon ; Lemoine, marchand boucher, demeurant 28, rue du Temple ; Duval, propriétaire, demeurant 26, rue du Temple ; Bertrand, sapeur de la VIIe légion, demeurant 26, rue du Temple ; Pierre, demeurant 19, rue du Temple ; Pelletier, capitaine de chasseurs à la 1re compagnie du 1er bataillon ; Berni, sergent-major ; Leboiteux, demeurant 36, rue du Temple ; Teissedre, demeurant 7, rue du Temple ; Bellisent, marchand de vin, demeurant 31, rue de la Verrerie, qui ajoutait : « Je certifie avoir vu partir le nommé Coqueau, Jean-Baptiste à la Grève pour se battre en tirailleur sur le midi ; je l’ai vu repartir une seconde fois dans l’après-midi, ayant manqué de munitions à la première fois, il a été chez lui tourner des balles en cuivre et dont je les ai vues. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement mais réclama la croix. Il signa, le 8 octobre 1831, le certificat suivant en faveur de Pasteur d’Etreillis quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, Jean-Baptiste Coquéau, demeurant rue du Temple n° 16, déclare avoir vu le 28 juillet 1830, M. Pasteur d’Etreillis à plusieurs reprises à la barricade de la rue des Coquilliers ; savoir le matin un peu avant midi, parmi les citoyens armés qui se défendaient sur ce point contre les troupes du gouvernement déchu (Suisses et garde royale), que M. Pasteur était armé d’un fusil de munition et que je l’ai vu faire le coup de feu principalement à l’angle gauche de ladite rue près de la boutique du coiffeur ; qu’il était présent lorsqu’on a amené l’échoppe de l’écrivain (sic) et au moment où un jeune homme a été tué près de la boutique de l’épicier faisant l’angle droit de ladite rue ; qu’enfin il était comme nous au milieu du danger qui existait sur ce point. Qu’étant forcé de me retirer momentanément, faute de munitions, je me suis approché de lui pour lui en demander et que revenant vers les 5 heures au même endroit, après avoir fabriqué chez moi des balles en cuivre, je l’ai encore retrouvé sur le même terrain, où il continuait de se battre et qu’après lui avoir montré la provision de balles que j’avais faite je l’ai laissé à cet endroit pour aller vers la rue de la Poterie, où une autre fusillade se faisait entendre. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la Croix de Juillet. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Coquecau, Jean-Baptiste), auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, au titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était garde national à la VIIe légion. En 1847, il sollicita un secours ; les renseignements de police précisèrent à son sujet : « Tient un commerce de vins, route de Choisy-le-Roi, n° 1 à Thiais et travaille de son état de ciseleur. Il n’a pas d’enfant mais sa femme est malade depuis fort longtemps et il a à sa charge sa mère, qui est presque octogénaire. Le sieur Coquéau est un ancien militaire estimé de ceux qui le connaissent. Il paraît être dans le besoin. » Il demeurait 14, rue du Temple (mais 16, rue du Temple dans le certificat qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 406 in dossier Pasteur d’Etreillis et aussi sur sa fiche à la Commission des Réclamants) en 1830-1831 ; 1, avenue de Choisy-le-Roi à Thiais en 1847. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives de la préfecture de police AA 406 in dossier Pasteur d’Etreillis.