Coquel, Pierre (ou sans doute Pierre, Claude)
Biographie
Né le 11 mars 1788 à Paris, fils de Coquel, Louis, Joseph, gazier, et de Prul, Catherine ou Préelle, Catherine son épouse. Ouvrier gazier (c’est-à-dire ouvrier en gaze). Le 29 juillet, il fut blessé d’un coup de feu reçu à la hanche droite pendant l’attaque de la caserne de Babylone. Marié et père de quatre enfants, il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 19 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Faure, Rustique, Marie, né vers 1800, gazier, demeurant 121, rue Mouffetard ; Drouot, Antoine, Aubin, né vers 1807, bonnetier, demeurant 2, rue des Lyonnais ; Delignon, Jean-Baptiste (voir ce nom), né vers 1802, gazier, demeurant 22, rue de l’Arbalète ; Lemay, Henry (voir ce nom), né vers 1803, corroyeur, demeurant 5, rue des Lyonnais. Ils attestèrent parfaitement connaître Coquel et « savoir qu’il a combattu dans la journée du 29 juillet dernier à la caserne de Babylone et qu’il y a été blessé d’un coup de feu à la hanche droite ». Il est répertorié (sous le numéro 1093) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 1er mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 29, à Babylone, où il fut blessé ou plutôt effleuré. » Le jury de la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 3 mars 1831, à aucune voix pour la croix, sept voix pour la médaille, quatre voix pour une mention et une voix pour rien. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 31 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure superficielle au côté externe et supérieur de la cuisse droite, blessure qu’il attribue à une balle morte et qui ne saurait motiver aucune récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, au titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830 de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants afin d’obtenir la Croix de Juillet et un secours. Il comparut, le 14 octobre 1831, devant le commissaire de police du quartier du Louvre et fit la déposition suivante : « Le 29 juillet 1830 au matin, j’ai vu le sieur Besange, Claude, sur la place du Louvre, il était en chemise, armé d’un fusil, son bras droit était en écharpe parce qu’il était blessé. Il combattait. Je l’ai perdu dans la foule et je ne l’ai pas revu […]. » Il signa, le 12 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Nazet, Louis, quand ce dernier tenta de faire valoir d’abord devant la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Nazet, ouvrier en seballe ? demeurant rue des Bourguignons n° 16, a combattu le 28 et le 29 juillet dans les rangs des défenseurs de la liberté et qu’il s’est conduit en brave Français, qu’il nous a suivis partout et que c’est un ancien militaire de la garde impériale qui mérite l’estime de tous les braves patriotes. » Il signa, le 12 octobre 1831, le certificat suivant en faveur de David, Louis, Romain, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé David, Louis, Romain, blessé et pensionné [lire indemnisé, N.D.A.], est un brave défenseur des trois mémorables journées de Juillet, qu’il mérite pour sa bravoure la décoration et l’habillement et que l’on lui a fait un passe-droit ou un oubli. Nous lui avons signé le présent pour lui servir à sa réclamation. » Il reçut un secours de quarante francs en 1835. En 1836, marié, père de trois enfants, manquant d’ouvrage et devant trois termes de loyer, il sollicita des secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] On le dit un peu enclin à la boisson ; du reste sa conduite paraît régulière. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1837, de vingt francs en 1839, de trente francs en 1840. En 1841 : « […] Se trouve dans une grande gêne. Cette famille jouit d’une excellente réputation. » Il reçut un secours de quarante francs en 1841, de soixante-cinq francs en 1842, de quarante francs en 1843, de soixante-cinq francs en 1844, de vingt-cinq francs en 1845, de quarante francs en 1846, de la même somme en 1847 et en 1849. En 1850, il avait perdu ses enfants, victimes du choléra, et il élevait un petit enfant de trois ans et demi, orphelin de père et de mère. Ils travaillaient, avec sa femme, à dévider de la laine : « […] Ces braves gens qui ont un enfant de douze ans à leur charge ne gagnent que deux francs par jour. Leur position paraît triste. […] On s’accorde à dire du bien de ce ménage. » Il reçut un secours de quarante francs en 1850, au titre de médaillé de Juillet. Il reçut deux secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, de cent francs en 1853 et en 1854. Il avait épousé le 27 février 1813 à Paris Roblot, Marie, Julie, née le 30 mars 1782, gazière ; sur l’acte de mariage, l’époux est indiqué comme porteur d’une dispense définitive délivrée par le conseil de recrutement en date du 10 décembre 1807 ; l’épouse est indiquée comme étant la fille de Roblot, François, Hyacinthe, voiturier, et de Edeline, Julie son épouse, et comme exerçant la profession de gazière. Il avait eu au moins trois enfants : Marie, Hyacinthe, née le 17 février 1808 à Paris, née fille naturelle et légitimée par le mariage de ses parents ; Jean-Pierre, François, né le 7 août 1817 à Paris ; Marie, Françoise, née le 5 juin 1820 à Paris. Il demeurait 2, rue des Lyonnais entre 1808 et 1820 ; 31, rue d’Orléans-Saint-Marcel entre 1823 et 1843 (33, rue d’Orléans en 1831 in Archives de Paris VD6 559 n° 1 et in Archives de Paris VK3 18 et in Archives de Paris VK3 19 ; mais bien 31, rue d’Orléans in Archives nationales F/1dIII/38 A et in Archives de Paris VK3 33) ; 64, rue de Lourcine en 1844 ; 5, rue Saint-Hippolyte en 1846 ; rue d’Orléans-Saint-Marcel en 1848 ; 28, rue des Lyonnais-Saint-Marcel en 1849-1851 ; 19, rue des Lyonnais en 1851 ; 8, rue des Charbonniers-Saint-Marcel de 1852 à 1854. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 88 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont reçu de la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le numéro 1093) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés, liste des demandes de secours posées auprès de la mairie, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 31 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 18, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 19, Liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 3 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 1er mars 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/44 in dossier Besange ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition, en date de 1851, d’accorder à des décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 11.390 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier David, Louis, Romain ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Nazet, Louis.