Corbillon fils, Jean-Baptiste, Toussaint
Biographie
Né vers 1797 à Paris. Postillon à La Chapelle. Il fut légèrement blessé tandis qu’il empêchait l’incendie des barrières Poissonnière et Rochechouart. Il rappelait ainsi sa participation aux journées de Juillet : « J’ai coopéré aux trois journées, notamment à la prise des Tuileries. J’ai empêché avec des citoyens (dont je pourrai avoir témoignage) les malveillants de mettre le feu à l’abattoir Montmartre. J’ai aidé à éteindre le feu des barrières Poissonnière et Rochechouart, où j’ai été légèrement blessé. » Et aussi : « J’ai participé avec zèle aux trois journées, soit en empêchant d’horribles incendies où ma vie a été en danger, soit en combattant et cherchant à ramener l’ordre, et depuis ce temps comme zélé garde national en me présentant à tous les dangers. » Il passa devant la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis le 25 janvier 1831, sous le numéro 233. Comme il lui était réclamé des certificats, il expliqua : « J’ai cherché mais vainement à recueillir ce qui m’est particulier de la prise des Tuileries, n’y ayant été que dans le moment le plus tumultueux, du côté de la rue d’Argenteuil et depuis le temps qui s’est écoulé, je n’ai pu retrouver rien de certain et d’ailleurs à cette époque encore un peu douteuse du succès on ne s’empressait pas à publier sans nécessité son opposition au gouvernement expirant. » Il présentait par contre un certificat ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Corbillon, Jean-Baptiste, Toussaint, demeurant en cette commune, rue des Poissonniers, n° 37, a exactement fait son service comme garde national depuis les trois journées de juillet dernier et qu’il s’est présenté de bonne volonté avec nous pour secourir où besoin était dans l’époque des trois journées, notamment à l’incendie des barrières de Poissonnière et de Rochechouart, où il a été légèrement blessé. » Signé le 2 mars 1831 : Guillaume, capitaine de la 4e compagnie ; Gaillard, sergent ; Baudin. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants de la rue Bourg-Neuf, avançant que s’il n’avait produit que de très faibles certificats devant l’ancienne Commission des récompenses nationales, c’était parce qu’on lui avait dit que lorsque son tour viendrait à nouveau de comparaître il serait temps pour lui d’en présenter de nouveaux. Il avait attendu vainement un nouveau passage et venait d’apprendre que les travaux de cette Commission étaient terminés. Il sollicitait devant la nouvelle Commission la seule décoration de Juillet, quoique, expliquait-il, pauvre et ayant à sa charge des parents octogénaires, mais il espérait que l’ouvrage, quand il y en aurait pourrait le faire vivre. Il joignait à sa réclamation plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, domiciliés en cette commune, certifions que M. Corbillon, Jean-Baptiste, Toussaint, s’est porté avec zèle le 28 juillet vers 2 heures du soir, pour empêcher l’incendie et le pillage des barrières Poissonnière et de Rochechouart, que nous l’avons vu armé d’une carabine, avec laquelle il se défendait et, ayant été blessé légèrement à la barrière Rochechouart, il n’en n’a pas moins continué son service en passant de suite trois nuits et s’exposant à tous les dangers pour l’ordre public. » Signé, le 14 juillet 1831 : Gaillard ; Boudin, capitaine rapporteur, membre du conseil municipal de la commune de La Chapelle ; Soleil, opticien du roi, demeurant rue des Poissonniers. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, domiciliés en cette commune, certifions que le sieur Jean-Baptiste, Toussaint, Corbillon, demeurant à La Chapelle-Saint-Denis, rue des Poissonniers, n° 37, fait son service de garde national avec exactitude dans la 4e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion de la banlieue depuis la formation, notamment pour empêcher l’incendie des barrières Poissonnière et de Rochechouart, où il a été légèrement blessé. » Signé le 17 mai 1831 : Guillaume, capitaine de la 4e compagnie, propriétaire, demeurant rue de la illisible ; Gaillard, sergent, demeurant rue des Couronnes ; Michellet, sergent, demeurant rue des Couronnes ; Fourcaud, illisible, demeurant rue des Couronnes ; Soleil, opticien du roi, deuxième capitaine, propriétaire, demeurant rue des Poissonniers ; Boudin, capitaine rapporteur. Suivait l’apostille suivante : « Je, soussigné, propriétaire à Paris d’une maison sise rue Rochechouart n° 62, certifie que le nommé Corbillon, Jean-Baptiste, Toussaint, demeurant à La Chapelle-Saint-Denis, rue des Poissonniers, n° 37, s’est porté, le premier, avec zèle et dévouement, à la barrière Rochechouart, pour en empêcher l’incendie [pendant] les trois journées de juillet 1830 et pour porter secours en tout point et qu’il a été blessé en défendant et empêchant le pillage le 28 juillet 1830 à 3 heures environ. » Signé, le 25 mai 1831 : Triboulet. Il demeurait 39, rue Poissonnière (ou 39, rue des Poissonniers à la barrière de la Chapelle) à La Chapelle en 1830 ; 37, rue Poissonnière en 1831 (mais 37, rue des Poissonniers en juillet 1830 puis 18, rue d’Anjou-Saint-Honoré en 1831 in Archives de la préfecture de police AA 380; mais bien 7, rue des Poissonniers à La Chapelle en 1831). Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives de la préfecture de police AA 380.