Cordier, François, Simon

Biographie


Né le 28 mai 1797 à Brillon (Meuse). Médecin. Il fit partie avec Bicheroux Pierre Denis Nicolas, Lepage Jean-Baptiste, Coulombier Thomas, Garnier dit Pagès Etienne Joseph Louis, Pagès Louis Antoine, Mansais Jean-François, Laurent Adolphe Désiré, Dufour Martin Gervais, Bastide Jules, Mazure Jacques, Moineau Edme Charles, Beaudoin (voir Baudoin, Louis, Noël ?) et Wervort des quatorze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIe. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il signa, le 3 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Guignace-Delaborde, Alexandre : « Je, soussigné, docteur médecin attaché au bureau de charité du (ancien) VIIe arrondissement, certifie avoir donné mes soins au nommé Alexandre Guignace-Delaborde, âgé de quarante ans, père de deux enfants, demeurant rue des Tournelles n° 16, blessé à la cuisse gauche, rue Saint-Honoré, le 28 juillet comme il combattait pour la cause de la liberté. Il a été jusqu’à ce jour hors d’état de travailler. » Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut l’un des signataires, comme « médecin du bureau de bienfaisance du (ancien) VIIe arrondissement », (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » A partir de 1849, il sollicita plusieurs fois la décoration de la Légion d’honneur et donna, à ces occasions, les indications biographiques suivantes : « Le sieur Cordier exerce honorablement la médecine depuis 1819. Il a été, pendant cinq ans, médecin du bureau de charité du (ancien) VIIe arrondissement. Il a été, pendant environ dix ans, médecin à titre gratuit de plusieurs sociétés de secours mutuels instituées sous le patronage de M. le préfet de police (Société protestante, Société de la Parfaite Union, Société de l’Impartialité, Société de l’Union philanthrope typographique, de la Cordiale Amitié, de l’Officieuse. Il est depuis 1842, médecin inspecteur de l’asile du (ancien) IVe arrondissement, toujours à titre gratuit. Il a été, en 1831 et 1832, membre de la Commission de salubrité du (ancien) IVe arrondissement, instituée à l’occasion de l’épidémie de choléra. Une médaille en bronze lui a été décernée pour les services qu’il a rendus à cette époque comme médecin et comme membre de la Commission. Il est actuellement membre de la Commission sanitaire du (ancien) IVe arrondissement instituée à l’occasion du retour de la même épidémie. Il est médecin du conseil de recensement de la IVe légion., vice-président de la Société médicale du (ancien) IVe arrondissement, membre de plusieurs sociétés savantes, auteur d’un traité sur les champignons alimentaires et vénéneux de la France, auteur de divers mémoires et observations de médecine, insérés dans des journaux scientifiques, auteur de plusieurs opuscules de philologie. Il a fait pendant plusieurs années, notamment en 1827, 1828 et 1829, des cours publics et gratuits d’histoire naturelle médicale. Il a pris en 1830 une part active à la révolution de Juillet ; sa conduite, pendant les trois journées célèbres, lui a fait décerner par la Commission des récompenses nationales la Croix de Juillet, sans qu’il en ait fait la demande. Le 24 février 1848, il a pansé des blessés, soldats et citoyens. En juin 1848, il a été, pendant nos tristes journées de combats, donner ses soins aux blessés, au milieu même des combattants, exposé tout à la fois aux balles des insurgés et des défenseurs de l’ordre. Ainsi, le vendredi 23, il pansait des citoyens blessés aux barricades de la rue de la Harpe. Le samedi, dès 6 heures et demie du matin, il était à l’ambulance établie dans l’église Saint-Séverin, qu’il n’a quittée dans la journée que pour aller porter des secours aux blessés qui avaient été transportés rue Saint-Séverin, rue Zacharie, rue de la Parcheminerie. » Sur son activité pendant les journées de juin 1848, il devait préciser, à l’occasion d’une autre demande : « […] Le 23 juin au soir, je pansais des blessés atteints de coups de feu aux barricades de la rue de la Harpe. Le 24, j’ai été, dès 6 heures et demie du matin offrir mes services à l’ambulance établie dans l’église Saint-Séverin. Je ne me suis pas contenté d’y panser les blessés qui y ont été apportés, je suis allé donner mes soins à ceux qui avaient été transportés dans les maisons du voisinage, notamment rue Saint-Séverin, Zacharie, de la Parcheminerie, exposé tout à la fois aux balles des défenseurs de l’ordre et des insurgés. Les 25, 26 et jours suivants, j’ai continué près des blessés le service que je m’étais imposé […]. » En 1848, il avait été sollicité pour se présenter aux suffrages des électeurs de la Meuse, comme représentant à l’Assemblée nationale et avait obtenu au-delà du nombre de voix exigées pour être déclaré candidat. Sa demande de décoration était appuyée par le maire du (ancien) IVe arrondissement. Le préfet de la Seine donna, quant à lui, les renseignements suivants sur Cordier : « […] C’est un citoyen très considéré et qui jouit dans son quartier de la réputation la plus honorable […]. » Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur en mai 1850, sur le rapport du ministre de l’Agriculture et du Commerce. Il demeurait 9, rue des Billettes en 1830-1831 ; 24, place Saint-Germain-l’Auxerrois en 1842-1849. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 371 n° 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/C/12 ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Guignace-Delaborde, Alexandre ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations. Il n’est pas dans Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine…

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