Cormery, Pierre, François

Biographie


Né le 18 décembre 1791 à Paris. Ancien militaire de l’Empire, blessé en Espagne. Gazier. Il relatait ainsi sa participation aux combats de Juillet : « Pour commencer, j’ai été au désarmement du poste de Clovis et trois autres postes de suite après la caserne de Lourcine où j’ai eu une caisse [de tambour, N.D.A.] dont je me suis [illisible] à la tête de l’Ecole polytechnique pour [illisible] à la rue Saint-Honoré et de là au Louvre ou, en battant la charge j’ai été blessé […] » Il fut blessé par un coup de feu reçu aux deux mains et une balle morte reçue dans la cuisse gauche et un éclat de mur qui lui a fracturé le pied gauche, alors qu’il combattait, le 29 juillet place Saint-Germain-l’Auxerrois. Le 2 mars 1831, le certificat suivant fut établi à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement : « Par devant nous, maire du (ancien) XIIe arrondissement, sont comparus MM. Jean, Joseph Faucon, propriétaire, marchand de meubles, demeurant à Paris, rue des Bourguignons n° 6 ; Denis Maugé, gazier, demeurant à Paris, rue des Bourguignons n° 4 ; Xavier Garnier, gazier, demeurant à Paris, rue des Bourguignons n° 6. Lesquels ont attesté sur la foi du serment qu’il est de notoriété publique et à leur connaissance personnelle que le sieur Pierre, François Cormery, gazier, demeurant à Paris, rue des Bourguignons n° 6, a été blessé dans la journée du 29 juillet, en combattant pour la liberté sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, en face du Louvre ; que ses blessures, occasionnées par un coup de feu aux deux mains, par une balle qui est venue mourir dans sa cuisse gauche et par un éclat de mur, qui a fracturé son pied gauche, l’ont mis dans l’impossibilité d’exercer son état pendant plusieurs semaines. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut un secours de vingt francs, le 2 mars 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut un total de cent vingt francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 667) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 15 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de deux blessures superficielles, l’une par arme à feu et par balle morte d’une blessure à la partie antérieure et moyenne de la cuisse gauche, l’autre par arme blanche (coup de sabre) à la face dorsale de la main gauche, toute deux guéries sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il était père de cinq enfants, dont quatre en bas âge, en 1830. En 1831, il était tambour dans la XIIe légion de la garde nationale. En 1840, père de famille, sans travail depuis trois mois et dans la plus grande gêne, il sollicita un secours. La préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Tisseur de châles. […] Père de six enfants. Renseignements favorables. Il s’enivre cependant quelquefois. Sa position n’est pas heureuse. Il est en arrière sur le paiement de son loyer. » Et aussi, cette même année : « […] Ouvrier gazier. […] A été tambour dans la XIIe légion de la garde nationale et s’y est bien conduit. Depuis deux ans, sa femme est malade et il se trouve dans une position fort gênée. Les renseignements obtenus sont assez favorables. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1840, un secours de quarante francs et un autre de vingt-cinq francs en 1842. En 1844, sa femme toujours malade, lui-même ne gagnant presque rien, dans une « situation bien triste », il sollicita un secours et obtint quarante francs, un secours de quarante francs en 1846, un secours de quarante francs en 1848. En 1849, sa femme paralysé, père d’une nombreuse famille mais tous sans ouvrage, arriéré dans ses loyers, ne sachant comment faire pour soutenir sa famille, il sollicita un secours. Cette année-là, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrier tisseur et ex-tambour de la garde nationale de la commune de Gentilly. […] Il est arriéré de quatre termes de son loyer. On lui reproche de professer des opinions socialistes. » Il reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre de combattant de Juillet. En 1851, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « Le sieur Cormery, Pierre, François, âgé de soixante ans, est tambour de la garde nationale de Gentilly mais il ne reçoit pas de salaire depuis qu’elle est licenciée. Il fait actuellement des mottes à brûler et gagne soixante-quinze centimes par jour. Le sieur Cormery ne peut d’ailleurs se livrer à aucun travail fatigant à cause de son grand âge et des blessures qu’il a reçues sous l’Empire. Sa femme, ouvrière dévideuse de laines, gagne de son côté environ soixante-quinze centimes par jour. Il a à sa charge non seulement sa fille âgée de vingt ans, rentrayeuse, qui manque d’ouvrage, mais encore un enfant de douze ans, orphelin, issu de sa fille aînée et qu’il considère comme son propre fils. Enfin, il doit plusieurs termes à son propriétaire. Le postulant n’est pas heureux et, par sa bonne conduite et son dévouement à l’ordre, mérite toute la sollicitude de l’administration. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852. Il perdit sa femme en 1853 et resta avec un fils âgé de douze ans. Sans ouvrage, il demandait, cette même année, un secours et reçut cinquante francs, puis un secours de quarante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, un secours de quarante francs et un autre de trente francs en 1856. En 1857, toujours la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « Le sieur Cormery, Pierre, François, âgé de soixante-sept ans, ancien ouvrier tisseur, marié et père de deux enfants, est aujourd’hui perclus de ses membres et à la charge de son fils, ouvrier tisseur. Le sieur Cormery, ancien militaire, blessé sous l’Empire, a été de 1830 à 1852 tambour dans la XIIe légion de la garde nationale, où il a laissé les meilleurs souvenirs. Digne d’intérêt. » Il reçut deux secours de quarante francs en 1857, un secours de quarante francs en 1858, deux secours de trente francs en 1859, deux secours de trente francs en 1860, un secours de cinquante francs et un autre de trente francs en 1861, un secours de cinquante francs et un autre de trente francs en 1862, un secours de cinquante francs et un autre de trente francs en 1863. En 1864, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Père de quatre enfants, qui ne lui viennent que difficilement en aide en raison de leurs charges de famille. Il est ouvrier dévideur de laine, mais son gain est presque insignifiant et ses ressources reposent uniquement sur les secours annuels qui lui sont alloués à titre de médaillé de Sainte-Hélène et de décoré de Juillet. Il demeure depuis six ans chez son gendre et n’a jamais donné lieu par sa conduite morale et politique à aucune remarque défavorable. En résumé, il semble digne d’intérêt. » Il reçut un secours de cinquante francs et un autre de trente francs en 1864, un secours de cinquante francs et un autre de trente francs en 1865, secours de cinquante francs en 1866, un secours de cinquante francs et un autre de trente francs en 1867, un secours de cinquante francs et un autre de trente francs en 1868, un secours de cinquante francs et un autre de trente francs en 1869. Il fut admis, le 15 août 1869 à une pension viagère de deux cent cinquante francs comme militaire du Premier Empire. Cormery ne savait pas signer. Il demeurait 6, rue des Bourguignons en 1831 ; 19, rue de Poliveau en 1838-1840 ; 9, rue du Moulin-de-la-Pointe à la barrière Fontainebleau en 1844 ; 51, route d’Italie à la barrière Fontainebleau, un logement au loyer annuel de quatre-vingts francs, en 1849-1851 ; 6, rue du Moulin-de-la-Pointe à la barrière d’Italie en 1852 ; 66, rue des Fossés-Saint-Marcel en 1853 ; 6, rue des Trois-Couronnes-Saint-Marcel, chez M. Darvilliers, en 1858-1859 ; 4, rue Calliaux, route de Choisy-le-Roi à la barrière de Fontainebleau dans la commune de Gentilly en 1859-1861 ; 15, rue Caillaux à la Maison-Blanche en 1862 ; 6, rue Caillaux en 1863-1870. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 88 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le numéro 1091) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont reçu de la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical (sous le nom de Cormeri, Pierre, François) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, demandes de secours, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 15 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 18, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 19, Liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement (sous le nom de Cormeri, Pierre, François) ; Archives nationales F/1dIII/41 (sous le nom de Cormeri, Pierre, François) ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives nationales F/15/3786-3787 secours à divers titres; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem, Demande de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de juillet 1830, en date du 24 juin 1851, minutes 189-190, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852.

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