Cornet, Hilaire, Génie, Gabriel, Bienvenu
Biographie
Né le 27 nivôse an VI (15 janvier 1798) à Lyon (Rhône). Artiste. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février. Dans une lettre adressée à la Commission, il faisait état de sa participation aussi aux combats de juillet 1830. Cette lettre était ainsi rédigée : « Le soussigné, Cornet, Hilaire, Génie, Gabriel, Bienvenu, né à Lyon le 27 nivôse an VI (15 janvier 1798) vient vous exposer qu’il désirerait obtenir une mention parmi les défenseurs des idées démocratiques, pour sa participation active aux journées de Février. Pour démontrer que sa vie entière a été consacrée à faire triompher ses principes démocratiques, il croit devoir appeler, citoyens, votre attention sur ses antécédents politiques. Inscrit l’un des premiers pour l’expédition de Provence (affaire du duc d’Angoulême 1815) puis fédéré, enfin enrôlé volontairement en juin 1815, lors de la seconde invasion, il fut licencié à Clermont-Ferrand (armée de la Loire), en qualité de sergent, garde nationale active. Peu de temps après son retour dans ses foyers, il fut arrêté et détenu préventivement pendant quatre mois dans la prison de Rouanne à Lyon, la même qui reçut l’infortuné général Mouton-Duvernet, qui ne devait en sortir que pour être frappé par des balles royalistes. Le soussigné ne fut acquitté qu’après un second jugement mais, à cause de ses opinions et de la prévention dont il avait été l’objet, il fut forcé, par ordre du maire, de cesser de faire partie des artistes du grand théâtre et d’abandonner sa famille et son pays. Dès ce moment, il vint à Paris, où il n’a cessé de propager hautement les principes démocratiques. 1830 le vit à la caserne de gendarmerie de la rue des Francs-Bourgeois, 1848 aux barricades, ainsi qu’il est constaté au certificat ci-annexé. S’il était nécessaire, le soussigné donnera d’autres pièces corrobatives (sic) sur les circonstances politiques ci-dessus détaillées. » Il joignait le certificat suivant : « Nous, combattants et blessés de Février, soussignés, certifions que le citoyen Cornet, Hilaire, Génie, Gabriel, Bienvenu, né à Lyon le 27 nivôse an VI, actuellement artiste au théâtre de la Nation, demeurant rue Fontaine-Saint-George, 30, s’est présenté un des premiers à la barricade Rochechouart, en uniforme de garde national, où il a aposté des combattants pour faire face aux éventualités des circonstances ; qu’il s’est ensuite rendu à la place Cadet, où par son zèle, son courage et par l’impulsion donnée aux combattants il a su emporter un éclatant triomphe ; qu’il a suivi, après cette action héroïque, ses compagnons au combat jusqu’au poste du Palais-Royal et que, là, il s’est conduit avec un égal courage et n’a quitté les lieux de combat qu’après l’heureux dénouement de ces immortelles journées. » Signé, le 20 août 1848 : Monet, demeurant 10, rue Jussienne ; Martin, Victor, demeurant 17, rue Tiquetonne ; Lecaudé illisible, demeurant 22, rue des Lavandières. Cornet fut proposé par la Commission des récompenses nationales pour le signe honorifique qui devait être institué pour perpétuer le souvenir de la Révolution de février, mais qui ne fut jamais institué. Cornet était marié et père de trois enfants en 1848. Il demeurait 30, rue Fontaine-Saint-Georges en 1848. Archives de la préfecture de police AA 380.