Cornille, Jean-Baptiste

Biographie


Né le 27 octobre 1763 à Lannoy (Nord). Limonadier. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Jean-Baptiste Cornille, […] sortant d’être militaire, est passé en Portugal, appelé par son oncle, qui y était. Quelque temps après, il y forma un établissement. En 89, la révolution éclata. Comme il avait manifesté son amour pour la liberté, on lui ravit tout, argent, papiers, etc. après la mort du roi et le massacre des prisons. On l’arrêta, ils se trouvèrent dix-sept dans la même prison ; ils furent embarqués à bord d’un capitaine suédois qui faisait voile pour Livourne. Ils manifestèrent le désir d’aller sur les côtes de France, leur patrie. Le capitaine dit qu’il ne pouvait changer sa route ; alors ils l’obligèrent par force à changer sa route ; entre Toulon et Marseille, ils furent entourés par l’escadre anglaise et espagnole ; ils achetèrent la chaloupe canonnière du capitaine et dans la nuit ils traversèrent l’escadre. A la pointe du jour, ils furent ramassés par un corsaire, qui les mena à Marseille. Là, ils furent obligés de faire quarantaine. Quand elle fut faite, Cornille prit un passeport, signé Magnon, représentant du peuple et alla rejoindre le général Dugommier aux Pyrénées-Orientales. Il servit comme volontaire pendant quelque temps. Il fut blessé et le citoyen Soubraire, aussi représentant du peuple, lui donna un sauf-conduit pour solliciter à la Convention une indemnité des pertes qu’il avait faites au Portugal. Les crises qui se sont succédé depuis l’ont toujours empêché de réussir malgré les plus belles apostilles comme celles du maréchal Augereau, déporté aussi de Portugal, Aréna, Destrim, Moulin, Collombet, Le Vasseur, Goupulleau de Fontenai, Revencbon, Darbault, secrétaire de légation à Lisbonne, Paganel, secrétaire des relations extérieures, Buchot, Miot, Ferrier, Isar, etc. Depuis ce temps Cornille est à Paris. Il s’est toujours occupé pour se procurer une existence honnête et s’est trouvé dans les crises où sa patrie fut menacée, à l’affaire de Grenelle, au 13 vendémiaire, au 2 et 3 prairial, au 18 fructidor, etc., il a constamment donné des preuves non équivoques de son amour pour elle et de son patriotisme. Les 27, 28 et 29 juillet n’ont fait qu’ajouter à sa réputation. Cornille est le même qui fut arrêté le 30 novembre 1825, jour de l’enterrement du général Foy, par le nommé Célestin Delbarre, agent de police, arrestation arbitraire et attentat à la liberté individuelle. Ce Delbarre avait dit dans son procès-verbal qu’il était l’assassin de la princesse Lamballe. Il fut obligé, afin de de point laisser planer sur sa tête un aussi infâme propos de l’attaquer comme partie civile devant la cour d’assises afin de prouver qu’il n’était pas en France. Me Isambert, avocat, voyant qu’il avait eu le malheur de perdre son procès ne put s’empêcher de se récrier et prit sa défense dans le Courrier français. Pour ajouter au comble de tant de peines multipliées, depuis cette arrestation son épouse fut tellement saisie qu’elle ne peut plus marcher ; on est obligé de la transporter dans un fauteuil pour la changer de place. Je pense, malgré la longueur de ces notes, qu’elles doivent intéresser et donner l’envie à des personnes aussi justes de réparer des pertes aussi pénibles. C’est dans cet espoir, etc. » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que M. Cornille, Jean-Baptiste, limonadier, rue Chilpéric n° 2, a constamment fait preuve dans les mémorables journées de Juillet, d’un courage et d’une générosité digne des plus grands éloges. Armé dès le 27 pour la cause sacrée de nos libertés constitutionnelles, il eut la double gloire le 28 de combattre pour elle et de sauver la vie à quatre citoyens poursuivis par des Suisses, en leur donnant un asile. Témoins de cet acte d’hospitalité, ces farouches soldats dirigèrent à l’instant sur son établissement un feu terrible de mousqueterie, ses volets furent criblés de balles, une de ses glaces fut brisée, d’autres dégâts s’ensuivirent. N’écoutant cependant que la voix de l’humanité, il rencontra bientôt deux de ces militaires désarmés, des cris de mort se faisaient entendre autour d’eux… Le fer se levait autour sur leurs têtes !... Il accourut et ses exhortations empêchèrent que la plus belle des victoires ne fût souillée par le sang de deux hommes sans défense. » Paris, le 5 août 1830 : André, J., demeurant 10, rue Chilpéric (voir André, Marie, Joseph) ; lieutenant-colonel Lecharpentier, demeurant 3, impasse… dans la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois ; Dinivart ou Denisart, H., demeurant 44, rue de l’Arbre-Sec ; Perrinet, demeurant 18, rue de l’Arbre-Sec ; Bourgeois, Charles, demeurant 31, rue des Fossés-Saint-Germain ; Trincot, demeurant 14, rue de l’Arbre-Sec ; Nacre fils, demeurant 60, barrière Rochechouart, certifia « que le citoyen Cornille nous a sauvés d’une décharge des Suisses » ; Legrand, demeurant 45, rue de Montmorency. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est annoté de l’observation suivante : « Le sieur Cornille ne paraît pas avoir pris une part très active aux événements mais il a rendu quelques services. Il est malheureux, il a sa femme infirme depuis longtemps. Lui faire délivrer un secours seulement. Mérite la médaille. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin, et son brevet le 2 septembre 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 2, rue Chilpéric près du Louvre en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.

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