Cosson, Charles, Julien
Biographie
Né le 6 avril 1797 à Paris (ancien VIe arrondissement). N’ayant fait aucune démarche devant la Commission des récompenses nationales, il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement) afin de solliciter la Croix de Juillet. Il s’illustra au Théâtre-Français et aux Tuileries. Il donnait le détail suivant de la conduite qu’il avait tenue pendant les trois journées de Juillet : « […] Le mardi 27, la curiosité me fit aller rue Saint-Denis. Voulant voir d’un peu près, je me suis avancé, comme mes camarades. Là, nous avons été chargés par les gendarmes, dont trois des nôtres sont tombés sur la place et, un peu de temps après le fait, nous avons couru sur eux avec des pierres et des bâtons. Le mercredi 28 juillet, étant animé de la veille, je me suis procuré un fusil de chasse chez mon propriétaire. Nous retournons rue Saint-Martin, où commençait à brûler le bureau du commissaire des halles et marchés. Après avoir désarmé les gendarmes qui occupaient le poste du marché Saint-Martin, nous débouchâmes par la rue du Vert-Bois, nous fîmes face au peloton de Suisses, dont mon neveu fut atteint d’une balle et est mort sur-le-champ. Le tocsin sonnait partout. Là, nous résolûmes (?) d’aller dans notre arrondissement, faubourg Saint-Antoine, d’après la marche de la garde royale, qui suivait les boulevards en allant de de côté. Arrivé au faubourg Saint-Antoine, la garde royale, qui je crois était le 1er régiment, occupait la grande rue du faubourg, et l’artillerie était au carrefour Montreuil. Nous étions embusqués dans la rue Saint-Nicolas. Là, j’ai épuisé les munitions que j’avais. La garde royale est repartie par la rue Saint-Antoine et les gendarmes qui étaient de garde sur la place les ont suivis et nous avons suivi aussi, mais n’ayant plus de quoi [?] se défendre, mon fusil ne valait rien, je fus forcé de renoncer. Le lendemain matin, nous cherchions à nous procurer chacun un fusil. Nous avions remarqué que les pompiers en avaient dans le poste. Il les ont donnés en effet mais ils ne pouvaient pas servir. J’avais été instruit qu’ils les avaient cachés dans les greniers. Malgré leur résistance, je traversai la foule avec mes camarades. Là, un sergent nous dit : “Mes amis, ne faites pas de bruit, je vais vous les donner.” Ayant des fusils, on nous a distribué de la poudre à canon à l’Hôtel de ville et plusieurs personnes nous ont donné des balles et des chevrotines en cuivre. Etant munis, nous avons été rue de Richelieu, sous les arcades du Théâtre-Français. Après avoir tiré longtemps les gardes royaux, je fus forcé de débusquer des maisons dont ils s’étaient emparé, là au coin de la rue de Rohan, je me trouvais en face de plusieurs, la baïonnette croisée. Heureusement pour moi, ils se sauvaient. Il est venu le nommé Morel, pour me délivrer d’eux. De là, nous les avons poursuivis jusqu’au bout du jardin des Tuileries. Le lendemain, vendredi, dans l’intention de les retrouver, croyant qu’ils reviendraient à la charge, nous avons passé la moitié de la journée à l’esplanade des Invalides avec plusieurs détachements de volontaires, commandés par les braves étudiants. De plus la nuit du jeudi au vendredi nous avons fait patrouille jusqu’à 3 heures du matin. C’est moi qui ai fait fonction de caporal, qui ai signé les feuilles de rapport. » Suivaient les apostilles suivante : « Je prouve l’écriture ci-dessus, comme ayant vu tous ces faits, faisant partie du détachement que nous avions fait entre nous et comme décoré de Juillet. » Signé : Froget (voir Froget, Jean, Marie, Désiré), garde municipal à la 1re compagnie du 2e bataillon. « J’approuve le présent certificat, comme ayant vu le sieur Cosson s’exposer dans les plus grands dangers. Comme chef d’un petit détachement, il a toujours montré un courage héroïque dans les trois journées. » Signé : Rousseau (à retrouver, il est dit jardinier-fleuriste un peu plus loin), garde municipal à la 1re compagnie du 2e bataillon ; …pagne, demeurant 80, rue de la Roquette (illisible) « Je certifie avoir vu le sieur Cosson le 28 et 29 juillet 1830, descendre de la rue de la Roquette avec un fusil. » Signé : Guinchard, Elisée, demeurant 99, rue de la Roquette. « Je certifie que le nommé Cosson a été, les trois mémorables journées de Juillet, au combat pour la défense de la patrie et le soutien du drapeau tricolore. Je l’ai vu partir, le second jour, avec un fusil de chasse, pour être plus utile. » Signé : Lamy, sergent à la 3e compagnie du 3e bataillon de la VIIIe légion de la garde nationale. « Je certifie que le nommé Cosson s’est bien montré dans nos trois mémorables journées 1830. » Signé : Tabourot, chasseur à la 2e compagnie du 2e bataillon de la VIe légion de la garde nationale, demeurant 21, rue Beaujolais au Marais. « J’atteste que le sieur Cosson fait partie de la 2e compagnie du 2e bataillon depuis la formation du corps de la garde municipale et qu’il jouit de l’estime de ses supérieurs et de l’amitié de ses camarades, par sa bonne conduite. » Cosson apostilla ainsi une lettre intitulée Détails de ce que j’ai fait et comme je me suis comporté dans les trois mémorables journées de juillet 1830 et rédigée par Morel, pour tenter de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie après lecture du présent exposé que le dénommé Morel est trop modeste dans son rapport, qu’il s’est montré plus digne de récompense qu’il le fait [penser]. » La lettre rédigée par Morel était presque identique à la lettre rédigée par Cosson (voir plus haut), et ainsi libellée : « Le mardi 27 la curiosité me fait aller rue Saint-Denis. Voulant voir d’un peu près, je me suis avancé comme mes camarades. Là, nous avons été chargés par des gendarmes, dont trois des nôtres sont tombés sur la place et expiré peu de temps après. Après ce fait nous avons couru sur eux avec des pierres et des bâtons. Le mercredi 28 juillet, étant (illisible animé ?) de la veille, je me suis procuré un fusil de chasse chez M. Rousseau, jardinier-fleuriste. Nous retournâmes rue Saint-Martin et en ce moment-là on brûlait le bureau du commissaire des halles et marchés. Après avoir désarmé les gendarmes qui en occupaient le poste et le tocsin sonnait partout. Là, nous illisible d’aller dans notre arrondissement, faubourg Saint-Antoine, d’après la marche de la garde royale, qui suivait les boulevards. En allant de ce côté, arrivé au faubourg Saint-Antoine, la garde royale, qui je crois était le 1er régiment occupait la grande rue du faubourg. L’artillerie était sur la place avec les cuirassiers et il y avait de l’artillerie au carrefour Montreuil. Nous étions embusqués dans la rue Saint-Nicolas. Là, j’ai épuisé les munitions que j’avais. La garde royale est repartie pour la rue Saint-Antoine et les gendarmes qui étaient de garde sur la place les ont suivis et nous avons suivi aussi. Mais n’ayant pas de quoi se défendre, mon fusil ne valant rien non plus, je fus forcé de renoncer. Le lendemain matin, nous cherchons chacun à avoir un fusil. Nous avions remarqué que les pompiers en avaient dans leur poste. Ils les ont donné en effet mais ils ne pouvaient servir. J’avais été instruit qu’ils les avaient cachés dans le grenier. Malgré leur résistance, je traverse la foule et mes camarades me suivent. Nous montons tout en haut. Là, un sergent nous dit Mes amis, ne faites pas de bruit, je vais vous les donner. Ayant des fusils, on nous a distribué de la poudre à canon à l’Hôtel de ville et plusieurs personnes nous ont donné des balles et des chevrotines en cuivre. Etant munis, nous avons été rue de Richelieu, sous les arcades du Théâtre-Français. Après avoir tiré longtemps, les gardes royaux sont forcés de débusquer des maisons où ils étaient. Là, au coin de la rue de Rohan, je me trouvais en face de plusieurs la baïonnette croisée. Heureusement pour moi ils cherchaient à se sauver. Il est venu le nommé Cosson, qui m’en a partie du manuscrit abîmée. De là, nous continuons à les poursuivre jusqu’au bout du jardin des Tuileries. Le lendemain vendredi, dans l’intention de les retrouver, croyant qu’ils seraient revenus à la charge, nous avons passé la moitié de la journée à l’esplanade des Invalides avec plusieurs détachements de volontaires, commandés par des étudiants. J’oubliais de dire que la nuit de jeudi à vendredi, nous avons fait patrouille jusqu’à 3 heures du matin. Celui d’entre nous qui signait sur la feuille de rapport était Cosson. Depuis ce temps, j’ai l’honneur de faire partie de la garde nationale comme caporal. » Sexe, lieutenant. En 1831, il était garde municipal à la 2e compagnie du 2e bataillon, caserné à la caserne Saint-Martin. Archives de la préfecture de police AA 381 ; Archives de la préfecture de police AA 404 in dossier Morel.