Côte, Jean-François
Biographie
Né vers 1795 à Clerval (Doubs). Fabricant de pain d’épices. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales, mais obligé de s’absenter de Paris pour des affaires de famille, sa démarche n’eut aucune suite. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il joignait à sa demande, le récit suivant de la conduite qu’il avait tenue pendant les combats de Juillet, et intitulé Conduite détaillée du sieur Côte, Jean-François, natif de Clerval, département du Doubs pendant les mémorables journées de juillet 1830 en combattant pour la défense des lois, et ainsi rédigé : « Le 28 juillet, il sortit de la maison où il travaillait, rue Neuve-Saint-Martin n° 8, à 8 heures du matin, armé d’un fusil et muni de quarante cartouches qu’il avait confectionnées pendant la nuit précédente, à ses frais. Il se porta sur les boulevards Saint-Martin, où il prit une part très active à la lutte qui y était engagée entre les troupes royales et les citoyens. Ce point forcé par ces derniers, il se porta à côté de la Bourse qui était occupé par le 5e de ligne, qui ne faisant aucune démonstration hostile contre les citoyens, là se borna ses travaux pour la cause de la liberté d’autant qu’il était harassé de fatigue et qu’il manquait de munitions. Dans la nuit qui suivit cette journée, il se procura des munitions et travailla aux barricades de son quartier. Le 29, il se rendit sur la place de la Bourse, où il avait eu une réunion la veille avec ses concitoyens ; il était 8 heures du matin. Ils partirent de ce point à la Grève, lieu étant au pouvoir des patriotes ; ils se dirigèrent sur le Louvre, qui, après une vive résistance, fut enlevé par eux. Il se rendit ensuite du côté du Palais-Royal. Là, une lutte très meurtrière s’engagea. La garde royale occupait les maisons qui l’entourent et plongeait leur feux très vifs qur les patriotes qui attaquaient de différents points. Là, il reconnut, ainsi qu’un de ses amis (Delprat) qui avait constamment combattu à ses côtés, qu’il y avait une grande urgence de redoubler de courage et de forcer à la baïonnette les maisons occupées par l’ennemi. Pour cet effort, ils encouragèrent par une courte harangue leurs braves compatriotes, et par un élan spontanné ils s’emparèrent des lieux circonvenants du Palais-Royal, ce qui assura la victoire aux citoyens et la fuite des ennemis de nos libertés ; dans ce tumulte sanglant, il n’oublia pas un instant le respect dû aux propriétés, aussi s’empressa-t-il de disposer des sauvegardes dans différents établissements, notamment au café de la Régence. A 10 heures du soir, il rentra chez lui et dans cette même nuit, il monta la garde dans son quartier pour le maintien de l’ordre. Il passe sur beaucoup de particularités où il a fait preuve de courage mais qu’il croit ne pas devoir signaler vu que le détail en serait trop long mais il en fournira tant pour ce qui est rapporté ci-dessus que pour ce qu’il omet des preuves les plus authentiques. Au surplus, le cerificat ci-joint caractérise sa conduite, détaillée et signée par lui. » Il joignait le certificat suivant : « Nous, soussignés, officiers de la garde nationale, gardes nationaux, propriétaires et ouvriers, tous ayant combattu pour la défense de nos libertés dans les mémorables journées de juillet 1830, certifions que le sieur Côte, Jean-François, fabricant de pain d’épice, demeurant habituellement e Neuve-Saint-Martin n° 8, a déployé le plus héroïque courage dans les susdites journées, en combattant pour la cause nationale. Nous l’avons vu le 28 à la porte Saint-Martin, le 29 à la prise du Louvre et aux environs du Palais-Royal se montrer de la manière la plus exemplaire. C’est pour rendre hommage au mérite de ce brave citoyen et à la vérité que nous lui avons délivré le présent certificat, estimant que les services qu’il a rendus à la cause de la liberté dans cette grande lutte lui font mériter une part aux récompenses nationales. Nous certifions en outre que depuis longtemps qu’il habite le quartier il s’y est toujours comporté de manière à mériter l’estime générale. » Signé, le 31 août 1831 : Pouille, François (voir ce nom ; Badulier (voir ce nom) ; Delprat (voir ce nom) ; Lenoble fils (voir ce nom) ; Lenoble père (voir ce nom) ; Mougey, Charles, François, Xavier (voir ce nom) ; Mougey, Jean-Joseph, Aimé (voir ce nom) ; Phalipon, Arsène, Cléophas (voir ce nom). Il demeurait 8, rue Neuve-Saint-Martin en 1831. Archives de la préfecture de police AA 381.