Coti, Jacques, Alphonse

Biographie


Né le 1er août 1792 à Ajaccio (Corse). Tailleur. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Certificat constatant que dès le 27 M. Coti, tailleur, demeurant rue Sainte-Anne n° 16, a armé ses ouvriers et a pris parti d’une manière distinguée aux trois journées de Juillet. Il s’est battu avec un courage héroïque aux endroits les plus périlleux. Ce certificat est apostillé de M. le général Tiburce Sebastiani et plusieurs officiers supérieurs et citoyens honorables de Paris. Les apostilles sont ainsi conçues : “Il est à ma connaissance que le sieur Cotti est sorti de son domicile le 27 juillet 1830 avec des armes et entouré de ses ouvriers, qu’il a vaillamment combattu pendant les trois journées et qu’il a désarmé de ses mains trois gardes royaux.” Signé : Bouire, chef de bataillon. “J’ai entendu dire par des personnes dignes de foi que le sieur Coti a combattu avec valeur pendant les trois journées.” Signé : le lieutenant général Tiburce Sebastiani. “Je puis certifier que M. Coti a vaillamment combattu de sa personne pendant les trois journées avec plusieurs de ses ouvriers, qu’il a entraînés par son exemple.” Signé : le général Lavoeltier, rue des Martyrs n° 21. “Il est à ma connaissance que M. Coti s’est très bien conduit dans les trois journées et qu’il a entraîné beaucoup d’ouvriers par son bon exemple.” Signé : Orto, chef de bataillon de la VIIIe légion. “Il est à ma connaissance que M. Coti n’a pas quitté le feu les trois journées de juillet 1830 et qu’il n’est rentré chez lui que le 30 juillet.” Signé : Turrel, avocat à la cour royale de Paris. Parmi quinze témoins de ses actions que M. Coti indique se trouve M. Casimir Perier, ministre de l’Intérieur. Il rapporte que, le 29, étant chef de poste au ministère des Affaires étrangères, M. Casimir Perier se présente à lui pour l’engager à éviter le massacre des gendarmes réfugiés dans l’hôtel. M. Casimir Perier offrit de faire accompagner M. Coti par son fils afin d’aller prendre le général Gerard, qui était chez M. Laffitte, ce qui eut lieu. Ils servirent d’escorte au général Gerard jusqu’à la ville (lire l’Hôtel de ville, N.D.A.). M. Coti n’a rien obtenu. » Une apostille de la Commission des récompenses nationales, en marge de la lettre de la Commission des réclamations, faisait l’observation suivante : « Aucune trace. » Il était compris (sous le nom de Cotté) dans une liste de combattants que de Lacroix, baron de Boegard (voir ce nom), président de la Commission des réclamants combattants de Juillet, faisait parvenir, dans deux lettres en date des 15 juin et 6 août 1832, au ministre de l’Intérieur, afin de solliciter une réponse sur l’issue des démarches faites par plusieurs des combattants qui estimaient avoir été lésés dans leurs droits aux récompenses nationales. Ces combattants, faisait savoir de Lacroix, « désavouent ceux d’entre eux qui auraient pu participer aux derniers événements qui ont ensanglanté la capitale (l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.) ; loin d’eux toute idée de renverser un trône qu’ils ont élevé au prix de leur sang ! Ils ne désirent que prouver au gouvernement du roi qu’ils sont et seront toujours prêts à mourir pour la dynastie qu’ils ont fondée. […] La plus grande partie des réclamants ont déjà la médaille et se sont toujours empressés, à chaque émeute, d’aller combattre les agitateurs et de faire rentrer dans le devoir, par leurs conseils, ceux de leurs camarades qu’on aurait pu égarer un instant […] ». De Lacroix donnait les précisions suivantes sur les faits dans lesquels s’était illustré le réclamant : « Parut dans les trois jours aux places les plus dangereuses ; il exposa plusieurs fois sa vie. La Croix de Juillet et le grade de sous-lieutenant. Homme très dévoué aux institutions qui nous régissent. » Il signa, le 25 mai 1831, le certificat suivant en faveur d’Olivieri, François, quand ce dernier tenta de faire valoir d’abord devant la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, habitants du faubourg Montmartre et quartier du Palais-Royal, certifions à tous qu’il appartiendra que le sieur François Oliviery (sic), garçon tailleur, demeurant cité Bergère n° 6, âgé de vingt-cinq ans, s’est comporté en bon Français lors des trois mémorables journées de juillet dernier, pour la défense des libertés publiques, qu’il n’a cessé d’avoir les armes à la main ces trois jours ; qu’il a assisté à la prise de la caserne de la Nouvelle-France, où il s’empara de deux cents cartouches, qu’il assista à la prise du Louvre, où il distribua à ses camarades une partie de ses cartouches, au coin de la rue du Coq-Saint-Honoré, et ensuite à celle des Tuileries ; qu’enfin sa conduite dans cette circonstance mérite les plus grands éloges sous le rapport du courage et de l’exemple qu’il donna continuellement à ses autres frères d’armes. » Coti demeurait 16, rue Sainte-Anne en 1832. Archives nationales idem F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations et aussi sur la liste de De Lacroix (sous le nom de Cotté) ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Olivieri, François.

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