Cottar, Christophe, Joachim

Biographie


Né le 11 floréal an VI (30 avril 1798) à Conches (Eure). Ouvrier corroyeur. Il fut contusionné à la jambe et à l’épaule gauche. Il reçut (sous les noms de Cottard, Christophe, Joachim et de Cottar, Christophe, Jacob), comme blessé, un total de trois cent quarante francs de secours, entre le 8 octobre 1830 et le 10 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Cottard, Christophe, Joseph ou Joachim sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin, et son brevet le 17 août 1831. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné (sous le nom de Cottard), donna, le 21 mai 1831, la conclusion suivante : « A dit avoir été atteint de contusions à la jambe et à l’épaule du côté droit, de cause inconnue et qui, suivant lui, aurait donné lieu à un petit abcès à l’aisselle, contusions qui n’ont laissé après elles aucune trace et qui ne sauraient donner lieu à aucune récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa, le 13 septembre 1831, un certificat rédigé en faveur de Dutertre, François, Marie, quand celui-ci tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, certificat qui attestait qu’il avait combattu pendant les journées de Juillet et avait été blessé le 29 juillet. Il fut un des décorés de Juillet qui signèrent, en septembre 1831, la pétition envoyée par Arrachart, Louis, Jules, Benoît, pour recouvrer les droits à la décoration, dont il avait été privée par une malveillance de Delanoy, commissaire à la Commission des récompenses nationales, et qui l’accusait d’intempérance. Cette pétition était ainsi rédigée : « […] S’est particulièrement distingué aux mémorables journées, où il fut blessé. […] Le jury a reconnu que par son patriotisme et son courage à combattre il a mérité la médaille ; mais, lui imputant calomnieusement l’habitude de se livrer à un usage immodéré de la boisson, a déclaré n’y avoir lieu à la lui accorder. Pour justifier que cette dernière circonstance est contraire à la vérité, tous les décorés du (ancien) IVe arrondissement et autres attestent ici que l’exposant a droit au signe des braves, l’ayant vu combattre et ayant été blessé, et qu’il n’a pas l’habitude qu’on lui reproche. Daignez, M. le ministre interposer votre autorité et faire opérer au dossier la radiation d’un fait injurieux et préjudiciable, qui n’y a été porté qu’à la suite d’une altercation entre le réclamant et M. Delanoy, alors commissaire à la Commission des récompenses nationales. Cet acte de justice de votre part n’échappera pas plus à la connaissance du roi qu’à l’opinion publique. » En 1830, il était célibataire. En 1837, père de deux enfants, il sollicita des secours. Les renseignements de police précisèrent alors qu’il était « dans une position tout à fait malheureuse » et qu’on ne disait « que du bien de sa conduite et de sa moralité ». Il reçut cinquante francs de secours en 1837, vingt francs en 1839, vingt-cinq francs en 1840. En 1842 « atteint d’une affection mentale pour laquelle il est resté deux ans à Bicêtre » et resté sans ouvrage depuis sa sortie, il sollicita de nouveau des secours et obtint vingt-cinq francs. En 1843, les mêmes renseignements de police indiquaient : « […] Il est souvent malade et la plupart du temps sans ouvrage. Sa femme s’occupe à faire des ménages, mais leur positon à tous deux est des plus critiques. Du reste, Cottard n’a donné lieu à aucune mauvaise remarque tant sous le rapport moral que sous le rapport politique. » Il reçut quarante francs de secours en 1843, et vingt-cinq francs en 1844. En 1845, il passa deux mois à Charenton et sortit le 3 novembre 1845. Il reçut vingt-cinq francs de secours en 1845, quarante francs en 1846, vingt-cinq francs en 1847, quarante francs en 1848. En 1850, toujours atteint d’aliénation mentale, il était de plus paralysé ; sa femme le fit alors entrer à l’hospice Saint-Louis. Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, sa femme un secours de la même somme en 1853. Cottard apostillait la signature de ses pétitions de trois points. Les renseignements de police précisaient sur son compte qu’il avait été écroué à La Force le 19 octobre 1840 pour vagabondage et transféré à la préfecture le 9 novembre suivant, la décision n’étant pas parvenue. Il demeurait 13, rue Lévêque en 1830 ; 8, rue de la Cordonnerie en 1830-1831 ; 1, rue de la Tabletterie en 1837 ; 14, rue Thibeautodé en 1838 et 1839 ; 3, rue des Poulies-Saint-Honoré de 1842 à 1845 ; 18, rue des Coutures-Saint-Gervais en 1847-1850 ; sa femme 117, rue Vieille-du-Temple en 1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 71 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Arrachart, Louis, Jules, Benoît ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/15/4240 in dossier Dutertre, François, Marie ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99.

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