Cotton, Pierre
Biographie
Né le 14 (23 in Archives de Paris Vbis1K4 2) juillet 1801 à Maxilly-sur-Saône (Côte-d’Or). Limonadier (et parfois garçon tailleur soit in le Constitutionnel ou in Archives nationales ?, c’est pas plutôt garçon restaurateur comme in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 et garçon de salle in Archives nationales F/1dIII/35 A et in Archives nationales F/1dIII/38 A). Il fut trois fois blessé, dont un coup de feu reçu à la tête, et un coup de baïonnette reçu à la poitrine, et reçut quarante francs (trente francs indiqués comme supplémentaires pourquoi supplémentaires ? sur le 3e état des listes du Constitutionnel) de secours. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, un total de cent francs de secours, entre le 8 octobre 1830 et le 10 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 26 juillet, et son brevet le 1er octobre 1831. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1830, il était célibataire et était le soutien de sa mère, âgée. Il fut arrêté le 10 octobre 1843. La Gazette des tribunaux relatait dans quelles circonstances : « Lors du récent voyage de la reine d’Angleterre en France, des industriels qui spéculent sur toutes les occasions qui peuvent leur procurer quelque gain, firent fabriquer des jetons en cuivre sur lesquels on avait représenté tant bien que mal l’effigie de la reine Victoria. Sur le Pont-neuf, sur les boulevards, au coin de chaque passage, on vous offrait, moyennant cinq centimes, “la médaille commémorative” de la visite de “la reine d’Angleterre au roi Louis-Philippe”. C’étaient les expressions emphatiques dont se servaient les vendeurs de ce jeton pour attirer les chalands. Un garçon restaurateur, Pierre C…, pensa qu’il pourrait tirer un bien meilleur parti de ces jetons, et il en acheta un très grand nombre, qu’il eut l’adresse de passer à des marchands pour des souverains d’Angleterre valant vingt-cinq francs. Il fit ainsi de nombreuses dupes : des tailleurs, des bottiers, des maîtres d’hôtels garnis et jusqu’à des marchands de tabac, furent ainsi escroqués pour des sommes plus ou moins importantes. Enfin, hier, le sieur Brienne, chapelier, demeurant 242, rue Saint-Denis, qui avait été, comme tant d’autres, dupe du garçon restaurateur, se trouva face-à-face avec lui dans la rue ; et quoique C… se fût détourné et cherchât à s’esquiver, il parvint à le faire arrêter. On trouva dans les poches de cet individu, qui portait la décoration de la Légion d’honneur, un grand nombre des jetons qui lui avaient servi à commettre ses vols. Il était en outre porteur de médailles de toute espèce et de tout module, entre autres d’une médaille de Juillet, de rubans de tous les ordres et d’une somme de trois mille francs en or. Il a été mis à la disposition de l’autorité. » Il comparut le 21 novembre 1843. L’accusation contre Coton était ainsi formulée : « Coton, pour inspirer plus de confiance, portait à sa boutonnière un ruban rouge séparé par un petit liséré fort étroit, et indiquant ainsi la réunion des deux décorations de la Légion d’honneur et de l’ordre de Saint-Louis. Plusieurs fois les fausses pièces qu’il présentait aux marchands furent refusées, mais une fois, entre autres, sans préjudice de celles que l’instruction n’a pu découvrir, la dame Millot, marchand de tabac, s’y laissa prendre et un de ces jetons lui ayant été présenté pour vingt-cinq francs, en paiement de dix cigares, elle rendit à Coton vingt-trois francs cinquante centimes. » Coton donna les explications suivantes : « J’avais dans ma bourse plusieurs pièces d’or, et trois de ces médailles que je gardais par curiosité. J’en ai donné une pour une pièce d’or, par erreur. – M. le président : Une pareille erreur s’explique difficilement. – Coton : J’avais des chagrins, j’avais bu pour m’étourdir, et je ne savais pas ce que je faisais. – M. le président : Et le port du ruban de la Légion d’honneur, est-ce aussi par erreur que vous l’aviez mis à votre boutonnière ? – Coton : Je suis décoré de la médaille de Juillet, et je croyais que le ruban de cet ordre était rouge et bleu ; voilà pourquoi j’ai mis à mon habit un ruban rouge avec un liséré bleu… Cela ne ressemble pas à la décoration de la Légion d’honneur. […] – M. le président : Comment se fait-il qu’on ait saisi chez vous la croix de cet ordre [de Juillet] ? – Coton : Je ne l’ai jamais portée : cette croix m’a été léguée par un de mes amis ; c’est un souvenir. » Coton fut condamné à une année de prison pour émission de fausse monnaie et pour port illégal de décoration. En 1848, « malade depuis plusieurs mois et se trouvant dans le plus pressant besoin », il sollicita un secours. Il reçut quarante francs le 20 juin 1848. En 1849, suite à une nouvelle demande de secours, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « A été condamné à un an de prison par le tribunal de Paris le 21 novembre 1843 pour port illégal de décoration et escroquerie. » En 1851, la police le chercha infructueusement à son domicile du 14, rue d’Argenteuil. En 1851, il était indiqué comme garçon tailleur. Il demeurait 34, rue des Bons-Enfants en 1830-1831 ; 14, rue d’Argenteuil puis 8, rue Saint-Nicaise, en 1848 et en 1849 ; 14, rue d’Argenteuil en 1851. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 71 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; La Gazette des tribunaux, 11 octobre 1843 ; La Gazette des tribunaux, 22 novembre 1843 (sous le nom de Coton, Pierre) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Demande de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de juillet 1830, en date du 24 juin 1851, minutes 189-190.