Couder, Jacques, Séraphin
Biographie
Fils de Couder, Jacques (voir ce nom), qui fut tué dans les combats de Juillet, et de Lazé, Madeleine, son épouse. A l’âge de treize ans, il avait sauvé la vie à plusieurs personnes qui se noyaient et avait refusé l’indemnité allouée en pareilles circonstances ; il avait alors reçu la lettre suivante du commissaire de police : « Jeune homme, Je vous envoie copie d’une lettre de M. le préfet de police, en date du 9 [août] de ce mois, qui me charge de vous témoigner sa satisfaction particulière de la conduite courageuse et désintéressée que vous avez tenue en retirant de l’eau plusieurs individus, sans autre motif que celui de faire une bonne action. Je me félicite d’avoir pu vous signaler à M. le préfet de police comme un sujet digne d’estime et d’intérêt. J’espère que le témoignage honorable que je vous transmets vous servira d’encouragement pour l’avenir et que votre conduite vous méritera, dans tous les temps, l’éloge des personnes honnêtes qui auront les yeux fixés sur vous. Cela vous sera d’autant moins difficile que vous avez le bonheur de travailler sous un maître qui ne peut vous donner que de bons exemples et de bons conseils. » La copie de la lettre du préfet de police au commissaire était ainsi rédigée : « Monsieur, par votre rapport du 16 juillet dernier, vous m’avez signalé le nommé Couder (Jacques, Séraphin) âgé d’environ treize ans, apprenti charpentier de bateaux chez M. Georges, demeurant rue de la Tannerie, n° 25, comme ayant sauvé la vie à plusieurs individus qui se noyaient et comme ayant refusé l’ indemnité allouée en pareilles circonstances. Vous ajoutez que ce jeune homme se fait remarquer par sa sagesse et son honnêteté. Je ne pus qu’applaudir au courage et au désintéressement dudit Couder. De pareils traits lui donnent des droits à l’estime publique et à la reconnaissance de ses concitoyens. Je vous invite à lui en témoigner ma satisfaction particulière. » Antoine, Aimée, Françoise, médaillée de Juillet, dans le récit qu’elle fit de sa propre participation aux combats, faisait ainsi mention de Couder, Jacques, Séraphin : « 27 juillet. Dès le matin, j’ai sorti de chez moi avec le nommé Couder, Jacques, Séraphin, et nous nous sommes acheminés avec MM. Gabriel, François et Renaud, Alphonse rue Saint-Honoré par la barrière des Sergents, où nous avons vu les gendarmes sabrer tous ceux qu’ils pouvaient atteindre. De là, nous sommes allés rue Montesquieu. Au même instant, deux tombereaux passèrent. L’un était chargé de tuiles, l’autre de moellons. Nous nous en emparâmes de vive force et nous employâmes ces projectiles en les lançant sur les gendarmes. Après une demi-heure de combat, nous fûmes obligés, étant sans armes, de battre en retraite dans les rues adjacentes. » Archives de Paris VD6 277 in dossier Antoine mademoiselle, Aimée, Françoise.