Couey, Hippolyte
Biographie
Né le 7 juillet 1805 à Coutances (Manche). Typographe. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales qui fut instituée après la Révolution de février : « Le postulant soussigné a l’honneur de vous exposer qu’en juillet 1830 il s’est armé pour la défense des libertés publiques et a combattu sans relâche pendant les trois journées, conjointement avec un frère (voir Couet, Edouard ? ou Coucy, Edouard), auquel la Commission des récompenses nationales accorda la décoration de Juillet, avec le grade de maréchal des logis au 8e chasseurs, d’où il passa en qualité de sous-officier dans le 1er de ligne, où il a servi pendant huit années consécutives. Il est mort sans avoir eu le bonheur de participer au triomphe de la république. Quant à l’exposant, il ne demanda en 1830 aucune récompense. Dans l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, il s’arma de nouveau. Il prit une part active à la lutte qui s’engagea contre la troupe. Aux journées de Février, fidèle à ses principes, le soussigné a repris les armes et payé de sa personne, ce qui résulte des quelques pièces à l’appui qu’il soumet avec confiance à votre justice. J’ai l’honneur, etc. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Hippolyte Couey a constamment combattu au premier rang d’une troupe que je commandai à l’assaut du château d’eau le 24 février 1848. » Signé : Eloy ? illisible, capitaine d’état-major de la garde nationale. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que je vis le citoyen Couey sur la place du Palais-Royal, tout ensanglanté, à la prise du poste. » Signé, le 24 février 1848 : Denis, Auguste, demeurant 8, rue des Vieilles-Etuves-Saint-Honoré. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur Hippolyte Couey s’est trouvé avec moi les 5 et 6 juin 1832 et qu’il s’est conduit d’une manière remarquable dans ces deux journées et qu’il a prêté la main à désarmer la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et de là il fut se battre contre le 1er de ligne. » Signé : Duché, demeurant 7, place Vantadour. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que depuis 1830 je connais le citoyen Couey, Hippolyte et que dans toutes circonstances je le vis défendre avec énergie les principes républicains. En 1832, aux affaires des 5 et 6 juin, il était près de moi lorsque j’ai été blessé d’un coup de feu. Il a accompagné le cortège qui me portait aux cris de Vengeance! et de Vive la république! Lorsque je fus en lieu de sûreté, il me quitta ainsi que quelques citoyens bien décidés à combattre la tyrannie, jusqu’à leur dernière extrémité. Comme pour nous, républicains, les barricades étaient un lieu de rendez-vous, je le rencontrai le 24 février à la prise du poste du Palais-Royal, où il combattait avec acharnement. » Signé : Collinet (voir Collinet, Germain, Benoist), décoré de Juillet, demeurant 1, rue du Pont-de-Lodi. Il joignait à ces certificats, le mot suivant : « Si, en combattant, le postulant avait pu se préoccuper de l’idée d’une récompense nationale, il se serait fait donner dans tous les quartiers où il a combattu de nombreux certificats. Mais, ayant repris, dès le lendemain du triomphe, son travail habituel, quoique bien insuffisant, il ose espérer que la Commission, ayant plus égard à la qualité qu’au nombre des pièces produites, trouvera ces titres suffisants pour solliciter avec la décoration une place de gardien d’un des jardins ou palais nationaux de Paris. » Il fut proposé par la Commission pour le signe honorifique qui devait être institué pour célébrer la révolution de Février et pour une place de gardien dans un jardin ou dans un palais national, apostillant son dossier de l’observation suivante : « Ce citoyen est des plus méritants. Il a combattu pour la liberté en juillet 1830, aux 5 et 6 juin 1832 et en février dernier. La Commission lui doit tout son appui. » Il était célibataire et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 50, rue des Boucheries-Saint-Germain en 1848. Archives de la préfecture de police AA 381.