Coulon, Joseph

Biographie


Né vers 1809 à Nancy (Meurthe). Tailleur. Blessé. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il adressa, le 30 août 1830, la lettre suivante qui relatait la conduite qu’il avait tenue pendant les combats de Juillet : « Je certifie que le mardi 27 juillet, j’ai travaillé à faire des barricades, rue Saint-Honoré et rue Richelieu. N’ayant pas dormi, je suis rentré à 11 heures chez un de mes amis pour y coucher, à seule fin que le lendemain nous fûmes plusieurs ensemble. Le 28, à 4 heures du matin, nous nous sommes trouvés six pays ensemble. Nous sommes allés chercher des armes. Nous en avons trouvé huit. C’est de là que nous sommes allés à la porte Saint-Martin. C’est là où j’ai resté depuis 1 heure jusqu’à 6 heures, à toujours tirer. N’ayant plus de munitions, nous sommes restés dedans la maison et […] s’ils avançaient nous étions prêts à jeter des pavés. Le 29, je me trouvais mal dans le bras droit ; je croyais que c’était la fatigue ; je continuais au Louvre et aux Tuileries, conduit par un capitaine de la garde nationale. Là, j’avais un fusil et je fis mon devoir et le soir je me trouvais plus mal et je fus obligé de passer une nuit au poste qui donne sur la place du Carrousel, comme notre chef nous l’a commandé pour faire patrouille la nuit. Le 30, la fièvre me prit et le côté droit tout enflé. Le lendemain, j’ai été voir un médecine, que j’ai consulté ; il me dit que c’était une irritation sur la partie supérieure de la poitrine, qui est bien dangereuse. Après m’avoir soigné pendant vingt jours, j’ai été obligé d’aller aux Incurables femmes pour me faire soigner, où je suis encore. » Sa lettre était apostillée par : Miton (ou Milon?), fabricant de peignes, demeurant 33, rue Quincampoix ; Ruppert, Pierre (il signe Rupert), demeurant 17, rue … ; Vedÿ, concierge au 46, rue des Deux-Ecus ; Lenz, tailleur, demeurant 46, rue des Deux-Ecus ; Gros, marchand de vins, demeurant 93, rue Quincampoix ; Roullin, demeurant 46, rue des Deux-Ecus ; Courtois, pâtissier, demeurant 46, rue des Deux-Ecus. Il était porteur de deux certificats médicaux. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, médecin du bureau de charité du (ancien) VIe arrondissement, certifie que le nommé Coulon s’est présenté chez moi le 30 juillet dernier, portant une érysipèle à la partie latérale et supérieure de la poitrine. Ce jeune homme attribue la cause de cette affectation à la fatigue qu’il a éprouvée en tirant des coups de fusil à la porte Saint-Denis dans la journée du 28 dernier. Du 28 juillet jusqu’à ce jour, ce jeune homme n’a pas travaillé. » Signé, le 12 août 1830 : Peronau. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, professeur agrégé à la faculté de médecine, médecin du bureau central, provisoirement chargé des blessés de l’hospice des Incurables de la rue de Sèvres, certifie que Joseph Coulon a été atteint, dans les derniers événements de Juillet, d’une contusion à l’épaule et, par suite, d’un abcès sous l’aisselle droite, dont la curation a été longue et difficile, que le blessé, actuellement guéri, a resté pendant deux mois à l’hospice des Incurables de la rue de Sèvres et qu’il a droit à des indemnités et à des récompenses. » Signé, le 2 novembre 1830 : Piorry (voir Piorry, Pierre, Adolphe), docteur en médecine. Il reçut un secours de quarante francs et un autre de vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut, comme blessé, un secours de quarante francs le 1er septembre 1830, et un total de cent francs de secours, entre le 8 octobre 1830 et le 10 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (et sans doute un bon de vingt francs en date du 3 octobre). Il reçut de la mairie, le 2 octobre une paire de souliers et une paire d’épaulettes, le 6 octobre un habit, un pantalon et un bonnet, pour constituer son uniforme de garde national. Il séjourna dans la maison de convalescence de Saint-Cloud du 7 au 31 octobre. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 21 décembre 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, d’abcès à l’aisselle droite par suite de contusion, qu’il dit avoir reçue sur l’épaule du côté correspondant, abcès qui n’a laissé après lui aucune infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Le 21 décembre 1830, le maire du (ancien) IVe arrondissement, Cadet de Gassicourt l’adressait au préfet de la Seine, sans que le motif de cette convocation nous fût resté. Il déposa un dossier devant la Société des réclamants, sise rue Bourg-Labbé. On trouve dans son dossier la note suivante : « A réclamé à la première commission et n’a rien obtenu. Il se plaint beaucoup de la conduite de M. Delanoi à son égard. M. Viguier, adjoint du maire du (ancien) IVe arrondissement donnera des renseignements à cet égard. » Ce même dossier l’indiquait dans une position sociale aisée. Il demeurait 46, rue des Deux-Ecus en 1830-1831 ; 9, rue de Chartres en 1831 dans son dossier in Archives de la préfecture de police AA 381. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 71 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 381.

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