Couniot, Pierre
Biographie
Empêché par un voyage en province, il ne put faire aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il avait confié ses pièces à Plougoulm, avocat, demeurant 1, rue du Sentier, et qui avait été chargé de recueillir les faits les plus mémorables de la révolution de Juillet. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise rue Bourg-Labbé, afin de solliciter la décoration de Juillet. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, ex-chirurgien de chasseurs et de gendarmerie impériale, médecin du bureau de charité de la division des Invalides, certifie avoir donné mes soins à M. Couniot, demeurant rue Saint-Antoine, n° 205, lequel a été blessé, heureusement légèrement, par des coups de feu chargés à mitraille ; ces coups, très visibles encore, l’ont retenu au lit quinze jours. C’est le jeudi que M. Couniot fut blessé, dernier jour de l’affaire de Paris, 29 juillet 1830. » Signé, le 17 août 1830: Bordes. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu M. Couniot marcher le premier au Louvre et venir sur la galerie, avec son chapeau à la main, en criant Vive la liberté, le Louvre est à nous ! » Signé : Bodin, demeurant 2, rue Angevillers ; Gremel (voir Gremel, Philippe), ex-officier, présent au Louvre, demeurant 45, rue des Marais ; Geraudot, demeurant 10, rue Popincourt, qui attestaient les faits rue et faubourg Saint-Antoine « pour y avoir été présent » ; Maitrot, marchand de vin, demeurant 2, place Saint-Antoine qui certifiait « avoir vu le dénommé d’autre part se signaler place Saint-Antoine et boulevard, à la tête de ses concitoyens, en les encourageant à suivre son exemple » ; D’Esse, demeurant 42, rue de Bondy, qui précisait : « J’ai vu M. Couniot se signaler dans les mémorables journées des 28 et 29 juillet dernier, à la porte Saint-Martin et près de l’Ambigu ; il commandait le feu et a beaucoup contribué à la déroute des cuirassiers et des gendarmes. » Masson, demeurant 20, rue Froidmanteau ; Dubard, demeurant 10, rue Froidmanteau ; Deloche, demeurant 33, rue de la Ferronnerie ajoutait qu’il avait « vu M. Couniot monter au Louvre le premier et revenir sur la galerie, du côté Saint-Germain-l’Auxerrois, son chapeau la main, en criant Vive la liberté ! Le Louvre est à nous ! Lemoine, demeurant 33, rue de la Ferronnerie ; Gelin, demeurant 29, rue de la Ferronnerie, qui attestait l’avoir vu « se battre avec un courage sans exemple rue de la Ferronnerie et marché des Innocents le 28 juillet » ; Léger, demeurant 29, rue de la Ferronnerie, qui attestait l’avoir vu « se battre et se distinguer le 28 juillet, rue de la Ferronnerie et marché des Innocents » ; Clément, demeurant 25, rue du Chantre, qui attestait l’avoir vu « se battre dans la rue Saint-Honoré et le Palais-Royal, le 29 juillet 1830. Par le grand courage qu’il a montré, il a puissamment et vaillamment aidé à en chasser les Suisses et les gardes royaux ». Un troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Couniot, Pierre, Auguste, ancien sous-lieutenant au 1er régiment de hussards et maintenant domicilié à Paris, rue Saint-Antoine n° 205, actuellement cour du Commerce n° 24, à l’Ecole de médecine, s’est porté en armes dans les journées des 28 et 29 juillet dernier, partout où existait le danger, que par son exemple et sa conduite valeureuse, il a puissamment contribué au triomphe de la liberté sur l’ennemi de la patrie et qu’il a reçu de glorieuses blessures dans ces immortelles journées, par suite desquelles il a été obligé de garder le lit et de pourvoir à sa guérison. En foi de quoi, nous avons délivré le présent certificat, pour juste témoignage de la bravoure de ce digne officier, bien recommandable sous tous les rapports. » Signé, le 15 août 1830 : Massoy, demeurant 20, rue Fromenteau, Il demeurait 205, rue Saint-Antoine en juillet 1830; 24, cour du Commerce dans le faubourg Saint-Germain en 1831. Archives de la préfecture de police AA 381.