Coupez, Jean-Baptiste

Biographie


Né le 28 février 1784 à Flesquiers (Nord). Cordonnier. Il combattit du 27 au 29 juillet et fut blessé à la prise du Louvre, d’un coup de crosse de fusil reçu dans la poitrine. Tombé à terre, il fut foulé aux pieds par un grand nombre de combattants qui lui passèrent sur le corps. Il mourut d’une rupture d’anévrisme le 12 décembre suivant. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Les deux certificats médicaux suivants tentèrent d’expliquer les causes du décès de Coupez. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, docteurs en médecine de la faculté de Paris, avons été appelés le 14 décembre 1830 à 9 heures du matin pour faire l’ouverture du sieur Coupé, Jean-Baptiste, ouvrier cordonnier, âgé de quarante-six ans, demeurant à Paris, rue de la Harpe n° 8, mort depuis trente-six heures. Le sieur Coupé avait éprouvé de violentes douleurs à la poitrine, suite d’un coup reçu dans cette région à l’attaque du Louvre, suivant la déclaration qu’il en fit quelque temps avant sa mort aux deux témoins soussignés. Sa famille atteste aussi que ses douleurs commencèrent il y a quatre mois et demi. A l’ouverture, les poumons étaient dans leur état normal. Le cœur plus gros que de coutume présentait une dilatation considérable du ventricule gauche avec amincissement de ses parois. La substance de cet organe était molle, permettait aux doigts une entrée facile et se déchirait par le moindre effort. Toute l’aorte était d’un rouge brun foncé, couleur qui nous a paru le résultat d’une inflammation. Les organes de l’abdomen étaient sains, si l’on excepte cependant la partie cardiaque de l’estomac, qui était un peu phlogosée. L’ouverture du sieur Coupé a été faite en présence de M. Jolivet, chirurgien-major de la Marine, demeurant à Paris rue de la Harpe n° 8, et Charles Rossignol, élève en médecine, demeurant aussi rue de la Harpe n° 8, et qui sont signé le présent certificat. » Signé, le 16 décembre 1830 : Jolivet ; Rossignol, Charles ; Grimaud, médecin ; Regnier, P. Le second certificat médical, ainsi rédigé : « Je certifie avoir assisté par pure complaisance à l’ouverture du sieur Coupé, mort le 12 décembre 1830 des suites m’affirmait-on de coups nombreux reçus au thorax lors de l’attaque du Louvre en juillet. Les principales lésions que j’ai observées consistaient en une dilatation du ventricule gauche du cœur avec amincissement de ses parois ; toute la membrane interne de l’aorte dans le voisinage de cet organe était d’un rouge assez intense. La maladie du sieur Coupez datait certainement d’une époque antérieure au mois de juillet mais je crois qu’elle a été aggravée par les coups auxquels il a été en butte et qu’on doit leur attribuer sa mort prématurée. » Signé, le 13 juin 1831 : Regnier, P. Le 14 janvier 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIe arrondissement, comparurent : Semé, Louis, Charles (voir ce nom), marchand brossier, demeurant 23, rue de la Vieille-Boucherie ; Frairain, Nicolas, Alexandre (voir ce nom), fondeur en cuivre, demeurant 8, rue Poupée ; Tamponnet, Pierre, Michel (voir ce nom), fondeur en cuivre, demeurant 4, petite-rue de Taranne ; Caussé, Jean, (voir ce nom), cordonnier, demeurant 4, rue Christine. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Coupé (sic) « savoir très bien qu’il s’est battu avec eux les 27, 28 et 29 juillet dernier tant contre la garde royale, les cuirassiers, les lanciers et autres troupes royales ; avoir également connaissance qu’à l’attaque du Louvre ledit sieur Coupé a reçu un coup de feu (sic) dans la poitrine et que depuis cette blessure il s’est constamment plaint de douleurs violentes à la poitrine jusqu’à son décès, qui a eu lieu le 12 décembre dernier […] ». On trouve aussi dans son dossier le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions et attestons avoir particulièrement connu le sieur défunt Jean-Baptiste Coupé, demeurant rue de la Harpe n° 8, déclarons en outre qu’il est à notre connaissance qu’il a combattu pendant les mémorables journées de Juillet et qu’il a été blessé d’un coup de crosse de fusil à la poitrine à la prise du Louvre et qu’ayant été terrassé quantité de combattants lui ont passé sur le corps et foulé aux pieds et qu’en rentrant chez lui en se traînant il dit Je suis blessé à mort, c’en est fait de moi, je ne m’en relèverai pas ; qu’ayant eu souvent l’occasion de le voir pendant plus de quatre mois qu’il a été malade et ayant été témoins des souffrances qu’il éprouvait nous pouvons affirmer qu’il est mort par suite de ses blessures. » Signé, le 7 juin 1831 : Caussé (voir Caussé, Jean), demeurant dans le quartier de l’Ecole de médecine ; Frairain (voir Frairain, Nicolas, Alexandre), demeurant dans le quartier de l’Ecole de médecine ; Tamponnet (voir Tamponnet, Pierre, Michel), demeurant dans le quartier de la Monnaie ; Semé (voir Semé, Louis, Charles), demeurant dans le quartier de la Sorbonne. Il laissait une veuve, Franclin, Amandine, Josèphe, née le 11 novembre 1783 à Royelles (Nord) (sous le nom de Franclin, Amandine, Joseph sur son acte de naissance), qu’il avait épousée le 27 nivôse an XII à Noyelle (Nord) ; sur l’acte de mariage Coupé, Jean-Baptiste (sic) est indiqué comme le fils de Coupé, Jean-Baptiste, maçon et de feue Loiseau, Reine ; Franclin, Amandine, Joseph (sic) est indiquée comme la fille de Franclin, Pierre, Joseph, né vers 1750, cultivateur (mais bourrelier dans l’acte de naissance de Franclin, Amandine, Joseph), et de Guisnet, Angélique (mais Guinet, Angélique, Joseph dans l’acte de naissance de Franclin, Amandine, Joseph), fileuse, né vers 1753. Sa veuve reçut un secours de soixante francs, le 17 décembre 1830, un secours de quatre-vingt-dix (ou de soixante, les chiffres diffèrent selon les sources mais la somme de quatre-vingt-dix est confirmée par Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants) francs, le 24 décembre 1830, un secours de quarante francs, le 18 février 1831, un secours de quarante francs, le 18 mars 1831, un secours de soixante francs, le 18 avril 1831, un secours de soixante francs, le 18 mai 1831, un secours de soixante francs, le 18 juillet 1831, un secours de trente francs, le 18 août 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Sur les listes de la mairie, elle était inscrite comme ayant reçu, elle, une contusion à la poitrine. Il laissait trois enfants : Aimée, Julie, Joseph, née le 7 janvier 1806 à Flesquières ; Marie, Augustine, Joseph, née le 26 août 1809 à Cambrai (Nord) ; Jean-Baptiste, Adolphe, Désiré, né le 24 janvier 1811 aussi à Cambrai. La demande de pension présentée par la veuve en faveur de ses enfants et en sa faveur fut rejetée, la Commission donnant l’explication suivante : « Ce citoyen est mort d’un anévrisme passif du ventricule gauche du cœur, rejetée par le jury médical, la Commission n’a point accueilli la demande de pension. » La veuve fut curieusement admise dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut une indemnité définitive de cent vingt francs. Elle reçut aussi, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive pour elle et ses enfants de deux mille quatre cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Coupez, Jean-Baptiste demeurait à Flesquiers en 1805-1806 ; 8, rue de la en 1830-1831 ; sa veuve 2, rue Poupée en 1831 (3, rue Poupée en mai 1831 in Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mais bien 8, rue de la Harpe dans le récapitulatif final et in Archives nationales F/1dIII/37). Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, liste nominative des cas exceptionnels auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 87 (sous le nom de veuve Coupé), 110 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le nom de veuve Coupé) ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (sous le nom de veuve Coupé) ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement (sous le nom de veuve Coupé) ; Archives de Paris VK3 19, lettre en date du 1er février 1832 de la préfecture de la Seine au maire du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de veuve Coupé) ; Archives nationales lettre en date du 10 mars 1832 de la préfecture de la Seine au maire du (ancien) XIe arrondissement, idem liste définitive des cas exceptionnels ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de veuve Coupé), et Récompenses nationales indemnitaires 1re classe, XIe arrondissement (en face de son nom est inscrite l’apostille Coupé, mort par suite de blessure) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, cas exceptionnels (sous le nom de veuve Coupé) et liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIe arrondissement, cas exceptionnels de veuves et cas exceptionnels d’orphelins.

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