Couroux-Desprez, François, Michel (mais François, Joseph in Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 3e catégorie, indemnités)

Biographie


Né le 21 août 1802 à Cosne (Nièvre). Homme de lettres. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (par erreur sous le nom de Courroux-Desprez in Archives nationales F/1dIII/39, sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Couroux des Prés, François, Michel, Joseph), auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut détenu en 1831 pour motif politique. Dans la lettre qu’il adressa à la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février, Ballegner, Jacques, Martial (voir ce nom), parle de lui comme, en 1832, le connaissant dans la Société des droits de l’homme. Il fut l’auteur, en 1833, d’une brochure où on peut lire ces vers :

« Oui, de l’amour trahi je dirai les tortures ;

»Un jour, je flétrirai les amantes parjures !

»Mais à des soins plus importants

»Oubliant mes propres blessures,

»Je dois consacrer mes instants :

»Je dois sur les fronts des tyrans

»Imprimer d’autres flétrissures. »

Selon le récit que fit Boulanger, Emile, François de sa propre activité sous le règne de Louis-Philippe, Couroux-Desprez fit partie d’une société qu’il avait créée avec Selme-Davenay, l’Union, pour jeter « les bases d’une grande et vaste association pour le triomphe des libertés républicaines et des droits de l’homme ». Après la révolution de Février, il sollicita, parce que détenu en 1831, une place de conservateur dans une bibliothèque. En 1856, il sollicita d’être compris dans le travail ordonnancé à l’occasion du baptême du prince impérial et d’obtenir ainsi un secours : « […] J’apprends aujourd’hui seulement que l’on accorde chaque année une gratification aux décorés de Juillet. Je n’ai jamais rien demandé depuis 1830, où je croyais alors combattre pour Napoléon II. Fidèle au Premier Empire, j’héritais des traditions de la famille ; j’y suis toujours resté fidèle… Mais je me vois forcé d’avouer que, dans ces derniers temps d’orages politiques, mes ressources se sont épuisées par mon dévouement et mes sacrifices pour relever l’ordre et l’autorité et pour contribuer à l’élection du 10 décembre. » Le préfet de police donna, à cette occasion, les renseignements suivants sur son compte : « M. Couroux-Desprez demeure depuis deux ans rue Féron, n° 15, dans une maison garnie ; il occupe une chambre de vingt francs par mois. Il se dit homme de lettres, il a écrit dans un journal de Joigny (Yonne) et a fait plusieurs pièces de vers, qu’il a dédiées à S.M. l’empereur et l’impératrice, et qui lui ont très probablement valu quelques secours ; nous avons remarqué dans des papiers plusieurs lettres de la maison de l’Empereur. M. Couroux-Desprez dit avoir perdu son patrimoine à la révolution de février 1848, sa fortune était d’environ quarante mille francs dans le département de la Nièvre, où son père a été préfet sous Napoléon Ier. Il dit encore avoir perdu dans la faillite Chabrol une somme de vingt-cinq mille francs. Il y a six mois environ M. Couroux a reçu du ministère de l’Intérieur une somme de cent francs à titre de gratification comme homme de lettres. Il dit n’avoir jamais reçu de secours comme décoré de Juillet. Cet homme est célibataire, il est âgé de quarante-deux ou quarante-cinq ans, dans sa maison, il passe pour un honnête homme. Il doit à son maître d’hôtel une somme de quatre-vingts francs. » Le commissaire de police témoignait aussi des « sympathies du sieur Couroux-Desprez pour le gouvernement de l’Empereur ». En 1856, il écrivit dans la Revue municipale un poème intitulé Paris régénéré Urbs antiqua resurgit, qu’il adressa au préfet de police. Il reçut un secours de cent francs en 1857. Son frère, magistrat, fut pendant les Cent-Jours membre du Corps législatif. Il était célibataire en 1848. Il demeurait 18, quai Lepelletier (mais 18, quai Pelletier in Archives nationales F/1dIII/36) en 1830-1831 ; 25, rue des Grands-Augustins en 1848 ; 15, rue du Héron, (ou Féron) près de la place Saint-Sulpice en 1856 et 1857. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 371 n° 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 3e catégorie, indemnités ; Archives de la préfecture de police AA 366, Comité d’enquête de la Commission des récompenses nationales, détenus politiques de 1830 à 1848 (sous le nom de Courroux-Desprès, François, Joseph, Michel, Justin) ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Balegner, Martial ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Boulanger, Emile, François ; La Révolution de juillet 1830, Louessard, Spartacus, Paris, 1990, p. 107.

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