Courtin, Antoine, Cyprien

Biographie


Né le 15 novembre 1795 (ou le 15 décembre 1784 in Archives nationales F/1dIII/41 ; en décembre 1784 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Quincampoix (Oise). Marchand de menue mercerie. Il fut blessé aux jambes par un peloton de cavalerie. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, Lalouël (voir Lalouël, Michel, Denis), ancien lieutenant et commandant des hommes volontaires des 27, 28 et 29 juillet, rue Beauregard n° 36 ; Torette, Jean, Joseph (voir ce nom), cocher, demeurant rue des Marais n° 11. Certifions et attestons que le nommé Courtin, Antoine, Cyprien s’est trouvé avec nous l’attaque de la ville (lire de l’Hôtel de ville) et la blessure qu’il a reçue aux deux jambes atteste son dévouement pour la défense de la patrie et nous a montré un courage digne d’un bon et vrai citoyen. » Signé, le 1er octobre 1830 : Torette, J., J. ; Lalouël. Il reçut, après la révolution, un total de cent quinze francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il sollicita, après la révolution, une place de compteur à la halle aux marées. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 28 avril 1831, la conclusion suivante : « A présenté deux dartres squameuses humides (eczéma chronique) aux deux jambes, qu’il a, sans aucune vraisemblance, attribuées à une blessure par arme à feu, circonstance qui devrait lui mériter du blâme au lieu d’une récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la Croix de Juillet et une pension. En 1831, il était marchand de vessies. En 1837, ouvrier boyaudier, les renseignements de police affirmaient à son sujet qu’on faisait « l’éloge de sa moralité » ; il reçut un secours de cinquante francs. En 1839, père de trois enfants, dans la plus grande nécessité, il sollicita un secours, se flattant de son « dévouement et de son attachement à Sa Majesté Louis-Philippe » et reçut un secours de trente francs. En 1840, il avait quatre enfants, cinq en 1843 et était alors gardien et portier 183, quai Valmy, durant un an environ. Il fut ensuite locataire durant dix-huit mois puis gardien durant quinze mois au 133, rue du Faubourg-Saint-Martin. Il reçut un secours de cinquante-cinq francs en 1840. En 1841, il était, selon les renseignements de police, « impossible de voir une plus profonde misère que la sienne ». Il reçut un secours de quarante francs en 1841, de soixante-cinq francs en 1842, de quarante francs en 1843, de vingt-cinq francs en 1844 et de quarante francs en 1845. Le 19 août 1845, il présenta le certificat suivant : « Je certifie que M. Courtin est resté chez moi en qualité de locataire pendant l’espace de dix-huit mois et quinze mois en qualité de gardien d’une maison qui m’appartenait et qu’il a toujours rempli ses obligations comme locataire et ses devoirs comme gardien. […] M. Courtin, étant chargé d’une nombreuse famille en bas âge, mérite sous tous les rapports, la considération et la bienveillance des personnes qui daigneront s’employer pour lui. » Signé, le 19 août 1845, Robinet, Etienne, demeurant 133, rue du Faubourg-Saint-Martin. En 1846, père de six enfants, il reçut un secours de vingt-cinq francs. Il avait présenté le certificat suivant : « Je, soussigné, Philippe Lhomme, commissaire de roulage et propriétaire demeurant à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin n° 239, déclare et certifie pour rendre hommage à la vérité que le sieur Antoine, Cyprien Courtin a été employé par lui dans sa propriété quai Valmy n° 189, en qualité de gardien et portier pendant un an environ et qu’il s’est toujours comporté avec toute la loyauté et la probité possible ; qu’enfin il est recommandable sous tous les rapports. » Signé, le 7 avril 1846 : Lhomme, Philippe. Il reçut un secours de quarante francs en 1847. En 1848, marchand ambulant et fabricant de blagues à tabac, il participa, avec son fils, à la révolution de Février. Il fut présent, le 24, sur la place du Palais-Royal et contribua « par son courage à faire évacuer le poste du Château-d’Eau ». Il eut le pied droit écrasé sous un pavé de la barricade du Château-d’Eau. Il reçut un secours de six cent vingt ou sept cent cinquante francs, comme blessé de Février. Son commerce, après la révolution, fut si improductif qu’il entra dans les ateliers nationaux. Il déposa un dossier devant la nouvelle Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il était porteur du certificat suivant : « Les citoyens soussignés combattants des mémorables journées de Février, certifient que le citoyen Courtin, ancien combattant de la révolution de 1830, s’est joint à l’élan des braves citoyens qui ont pris les armes pour la défense de nos libertés et qu’il était avec nous le 24 février 1848 sur la place du Palais-Royal et a contribué par son courage à faire évacuer le poste du château d’eau. » Signé, le 14 mars 1848 : Guesdon (voir Guesdon, Paul), demeurant 6, rue Maubuée ; François, demeurant rue Maubuée ; Il signa deux certificats en faveur de Guesdon, Paul, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Le premier certificat, ainsi rédigé, le 9 avril 1848 : « Les citoyens soussignés certifient et attestent que le citoyen Guesdon a pris part aux affaires de juin, qu’il était avec nous à la barricade de la rue Saint-Merri, où il fut blessé d’un coup de feu à la jambe gauche. » Le deuxième certificat, ainsi rédigé, le 13 mars 1848 : « Les citoyens soussignés certifient qu’ils ont vu sur la place du Palais-Royal le citoyen Guesdon, le 24 février 1848 ; que ce brave citoyen était armé d’un fusil et se battait vaillamment pour nos libertés. » En 1848, il était père de cinq enfants en dessous de douze ans. Il fut proposé par la Commission des récompenses nationales pour un secours une fois donné. Il reçut une allocation de quarante francs en 1849, à titre de combattant et blessé de Juillet. En 1849, il était brocanteur, « d’une très bonne réputation » mais dans « la plus grande misère » et reçut un secours de quatre-vingts francs. En 1850, gardien de nuit des travaux de bâtiment, il avait six enfants, dont un au petit séminaire et deux chez ses parents, sa femme, d’un tempérament maladif ne pouvant se livrer aux soins que réclamaient ses enfants et son ménage, tenait un petit commerce de laiterie ; une de ses filles étaient sur le point d’avoir le bras gauche coupé. En 1850 toujours, la police précisait à son sujet : « […] La position de cette famille inspire la commisération. […] Cette famille jouit d’une excellente réputation. Le sieur Courtin ne s’occupe pas de politique. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1851, en 1852, un secours de quarante francs en 1853, à titre de combattant et blessé de Juillet. En 1854, il était père de trois enfants en bas âge, et « dans l’impuissance de se livrer à aucun travail. Sa position est des plus affreuses tant sa misère est grande ». Il toucha un secours de quarante francs chaque année entre 1854 et 1858. En 1859, les renseignements de police indiquaient : « […] Il est marié et a plusieurs enfants dont un employé à la préfecture de police en qualité de secrétaire, aux appointements de mille cinq cents francs ; ce jeune homme a fait ses études pour être prêtre, il a quitté cette carrière par suite de quelques amourettes, il était protégé par le curé de sa paroisse. Il a deux jeunes filles, qui font des chapeaux, ses trois enfants demeurent avec lui. Il a une fille de mariée à un employé de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. La femme Courtin est gardeuse de voitures aux halles ; cette place lui rapporte deux à deux francs cinquante par jour. Le sieur Courtin n’a rien par lui-même ; il est entièrement à la charge de sa famille qui n’est pas dans une position très heureuse. L’intérieur annonce la gêne […]. Les renseignements obtenus sur la conduite et la moralité de Courtin et de sa famille sont bons sous tous les rapports. » Il reçut un secours de trente francs en 1859, de quarante francs en 1860, de la même somme en 1861. En 1863, âgé de soixante-huit ans, il était à la charge de son fils, commis greffier à la prison de Mazas. Il demeurait 121, rue du Faubourg-du-Temple en 1830-1831 ; 19, rue aux Fèves, près du Palais de justice en 1839-1840 ; 193, rue du Faubourg-Saint-Denis (un loyer de soixante-dix francs, dont il devait trois termes) en 1841 ; 183, quai Valmy en 1843 ; 15, rue Saint-Louis, dans l’île Saint-Louis en 1846 ; 77, rue Saint-Louis dans l’île Saint-Louis en 1848-1849 ; 16, rue Regrattière (ci-devant 16, rue Guillaume) en 1850 ; 10, rue Boutarel dans l’île Saint-Louis de 1851 à 1853 ; 3, même rue en 1853 à 1857 ; 26, rue Saint-Louis-en-l’Île de 1857 à 1860 ; 23, bd Mazas en 1863. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 73 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 88 et 89, idem Ministère de l’Intérieur, Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 26 du budget de 1851 (secours à divers titres), en date du 23 février 1851, minutes 167-169, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de Courtin, Cyprien), idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Guesdon, Paul.

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