Courval, chevalier de, Louis, Auguste
Biographie
Né le 17 novembre 1804. Ancien employé des Postes, auteur dramatique, correspondant du journal de Caen Le Pilote. Il était l’auteur d’un vaudeville intitulé L’Officier en semestre, qui fut présenté pour la première fois au théâtre d’Auxerre le 2 juillet 1830. Il fit imprimer la pièce et en déposa plusieurs exemplaires à Avallon et à Auxerre comme destinés à être vendus au profit des blessés de Juillet. Il sollicita, en 1832, la décoration de Juillet. Il récapitulait ainsi ses titres à une décoration : « 1°) La nouvelle du changement de gouvernement arriva à Auxerre le troisième ou quatrième jour ; j’étais de service au bureau de la poste où j’étais alors employé. Je fus désigné pour porter la dépêche au préfet ; à peine avais-je fait soixante pas hors du bureau que je me trouvais assailli par deux cents personnes qui tentèrent de me l’enlever ; mes jours furent menacés ; après un long débat avec le public, j’arrivais à la préfecture où je remis le paquet dont j’étais chargé. 2°) Les vignerons, quelque temps après, se révoltaient. On demanda des hommes de bonne volonté pour travailler à rétablir l’ordre. Je fus un des premiers à marcher, revêtu de l’uniforme de la garde nationale. 3°) Le 2 juillet on avait joué dans le théâtre d’Auxerre une pièce de moi. Je la fis imprimer et vendre au profit des blessés pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet. 4°) Ensuite, j’apprends que les Polonais avaient besoin de secours. Alors je m’empresse de terminer un ouvrage déjà avancé, on ouvre une souscription, l’entreprise manqua par la chute de ces braves. Eh bien, messieurs, vous aurez peine à croire ce qui m’est arrivé et cependant rien n’est plus vrai ; l’imprimeur et le fournisseur militaire me pressèrent pour toucher leurs avances et en quinze jours j’étais sans place, sans ressources, pour avoir défendu l’Etat et cherché à me montrer digne de porter le nom de citoyen. Mais aujourd’hui que les esprits sont plus calmes je viens auprès de vous, messieurs, réclamer la décoration de juillet, pensant l’avoir méritée, d’après les faits ci-dessus rapportés, dont on peut se convaincre de la vérité en passant au secrétariat de l’administration des postes où j’ai été renvoyé pour ces faits qui dans tout autre cas m’auraient mérité une récompense mais, dans le moment du mouvement, il y a toujours des victimes et je me trouve de ce nombre. » Il lui fut répondu que sa demande avait été présentée trop tardivement. Il demeurait à Pont-l’Evêque en 1832. Le Patriote de l’Yonne, 4 septembre 1830 ; Archives nationales F/1dIII/79, dossier Calvados.