Coutrot, Henry
Biographie
Né vers 1786 à Montereau (Seine-et-Marne). Fumiste. Il s’illustra au Louvre, aux Tuileries et au Pont-Royal. Il était porteur du certificat suivant : « Nous certifions que le citoyen Henry Coutrot, fumiste, rue Saint-Placide, s’est conduit comme un brave dans les journées mémorables des 28 et 29 juillet, qu’il s’est rendu à l’hôtel des gardes du corps et de là au Louvre. Comme père de quatre enfants, il réclame les bienfaits de la nation. » Signé : Affre ou Offre, menuisier, demeurant 25, rue Saint-Placide ; Radu (voir ce nom), demeurant 10, rue du Montparnasse ; Fabre, demeurant 9, rue des Canettes. En novembre 1830, il rédigea la lettre suivante au colonel de la Xe légion de la garde nationale : « […] Père de quatre enfants en bas âge, compris sur les contrôles de la garde nationale. A l’honneur d’exposer à M. le colonel qu’il a dû lui être adressée par M. le maire de son arrondissement une demande rédigé en sa présence par M. le maire lui-même à l’effet de solliciter son habillement et équipement comme garde national, à titre de récompense de son zèle pendant les trois journées mémorables du mois de juillet. Cette demande, qui a été faite par M. le maire en sa faveur, dès les premiers jours d’août, a été renouvelée par lui en septembre dernier. Depuis, ces deux demandes sont restées sans réponse et son désir serait que M. le colonel voulût bien lui faire savoir par écrit que celle qu’il a eu l’honneur de lui adresser lui est parvenue, s’il peut y faire droit ou de se donner la peine de lui tracer la conduite qu’il doit tenir relativement à la faveur qu’il sollicite et à laquelle il attache le plus grand prix. Il a l’honneur de faire observer à M. le colonel qu’il n’a jamais sollicité auprès de la Commission des récompenses nationales aucun secours pécuniaire quoique père d’une jeune et nombreuse famille et sans autre moyen de la faire subsister, ainsi que sa femme et lui, que le fruit de son travail. Pour mettre à même M. le colonel de juger de la légitimité de sa demande, il va mettre sous ses yeux le tracé de sa conduite dans les dernières journées de juillet. Des certificats authentiques attestent qu’il a été un des premiers à voler au secours de la capitale, notamment dans la journée du 28, où il a contribué à l’arrestation des voitures chargées des vivres de la Guerre, destinées au Louvre, et qui ont été distribuées à Babylone. Que, lui second, il a aidé à sonner le tocsin à la paroisse Saint-Sulpice. Qu’à 6 heures du matin, il a conduit, avec d’autres compagnons d’armes, M. le général Gerard, depuis la rue Taranne jusqu’à la rue Saint-Marc, où ce général, après s’être muni de ses armes, s’est porté à la Bourse et que de là, après y avoir fait une proclamation, il s’est dirigé au Louvre. Qu’à midi, lui sixième, il hissait le drapeau tricolore sur le pavillon des Tuileries et que de là il est allé à la caserne des gardes du corps pour aider à la reddition des armes d’un détachement du 15e de ligne, qui occupait cette caserne. L’exposant sera très honoré et récompensé si M. le colonel daigne vouloir bien prendre sa demande en considération et lui fait la haute faveur d’ordonner son habillement et équipement comme garde national car il éprouve du regret chaque fois qu’il est appelé à faire son service avec les habits de sa profession. Il en sera pénétré de la plus vive et sincère reconnaissance. » Il reçut un secours de cinq francs, puis encore une somme de cinq francs à la date du 9 septembre 1830, puis, le 12 octobre 1830, une somme définitive de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. N’ayant fait aucune demande auprès de la Commission des récompenses nationales, il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il fit quatre mois de détention préventive à la suite de l’émeute d’avril 1834. En 1848, il était marié et père de trois enfants. Il demeurait 25, rue Saint-Placide en 1830-1831 (mais aussi 9, rue de l’Egout in Archives de la préfecture de police AA 381) ; 54, rue de Charonne en 1848. Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le seul nom de Coutrot) ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions ; Archives de la préfecture de police AA 381 (sous le nom de Coutrot, Henry).