Cowdery, Charles
Biographie
Né le 1er septembre 1803 à Londres (Grande-Bretagne). Tabletier ou fabricant de meubles. Combattant de Juillet, il remit (sans que d’autres traces nous fussent restées de cette remise), en octobre 1830, par l’intermédiaire de la Commission des récompenses nationales, une carabine à Goudel, Julien, François (voir ce nom), comme une marque de sa gratitude « pour les obligeants attentions » qu’il avait eues à son égard pendant les combats ; c’était la même arme dont Goudel avait fait « un si noble usage pour la défense de la liberté de son pays ». Le 16 janvier 1831, Cowdery adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Le soussigné Cowdery, natif d’Angleterre et établi à Paris, est sensible aux choses flatteuses que la Commission lui a fait exprimer, en date du 18 décembre 1830, à l’occasion d’une carabine dont il a fait l’offre au brave qui en a fait un si noble usage dans les combats glorieux de Juillet. Son amitié pour les Français et pour leur pays, en si bonne harmonie avec le sien, le fit se ranger dans les mémorables journées de Juillet parmi les combattants pour la cause nationale. Sa conduite a été dictée par son cœur, et les résultats qui ont suivi ces événements l’ont comblé de satisfaction. Si ce qu’il a fait est de nature à exciter l’intérêt de la Commission en sa faveur, il lui serait reconnaissant d’en avoir un témoignage et la décoration spéciale, qu’il serait fier de porter, satisferait tous ses désirs. Ce gage d’estime nationale ne ferait qu’ajouter à ses vœux pour une nation qu’il aime et qu’il admire. » Le 10 mai 1831, n’ayant pas vu son nom dans les listes parues de décorés de la Croix de Juillet, il adressait la lettre suivante à la Commission : « Etant Anglais, je devrais peut-être me demander si j’ai des titres à une récompense pour des services rendus à un pays étranger. […] Quoique étranger, je me suis exposé avec dévouement aux chances du combat des trois grandes et mémorables journées et je m’étais flatté d’être traité en cette circonstance comme les patriotes français, puisque j’ai comme eux coopéré au grand œuvre de la régénération politique, et qu’on m’accorderait la même faveur qu’à mes camarades avec lesquels j’ai combattu tout le temps, qui sont Français et auxquels on a donné la décoration. Je dois donc m’arrêter à la pensée qu’il y a eu quelque erreur et que la Commission s’empressera de la rectifier. Si la connaissance imparfaite de la langue française est cause que la Commission, lorsque j’ai eu l’honneur de paraître devant elle, n’a pu bien apprécier les titres que je faisais valoir à l’appui de la demande de la décoration, qu’elle daigne m’entendre de nouveau ou qu’il me soit permis de faire ma déclaration devant tout autre autorité compétente. Plein de confiance dans l’appel que je fais à la justice et à la bienveillance de la Commission, j’espère que mon nom figurera dans le supplément prochain qui est attendu : je serai flatté de me trouver avec ceux dont j’ai partagé les dangers dans le temps. Je prends la liberté de demander des renseignements sur une carabine que la Commission voulut bien se charger de faire accepter à l’un de mes camarades, comme une marque de ma gratitude pour les obligeants attentions à mon égard pendant le combat de la grande semaine. C’est la même arme dont il fit un si noble usage pour la défense de la liberté de son pays. Elle fut remise à la Commission dans le mois d’octobre ; mais il paraît qu’elle n’est pas parvenue à celui auquel elle était destinée : comme cette omission peut provenir de la perte de l’adresse de cette personne, je la reproduis : M. Goudel (voir Goudel, Julien, François), tabletier, ci-devant passage de l’Opéra, n° 16 et 18. Un motif qui m’avait encore engagé à me flatter d’être compris dans la nomination pour la Croix de Juillet c’est que la Commission a daigné m’adresser deux lettres, qui sont entre mes mains, et dont le sens obligeant équivaut, sans présomption de ma part, à l’offre de cette décoration. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut sa médaille le 28 juillet 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1830, il était caporal à la 3e compagnie du 3e bataillon de la Ire légion de la garde nationale. Il demeurait 5, rue de la Bienfaisance en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Cowtery, Charles) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement.