Crépin, François, Joseph
Biographie
Né (Crespin, François, Joseph sur son acte de naissance) le 23 brumaire an XIV (5 novembre 1805) à Vieux-Condé (Nord), fils de Crespin, François, Joseph, batelier sur l’Escaut, et de Dumoutier, Augustine, Vénustique son épouse. Coiffeur (par erreur toiseur in Archives nationales F/1dIII/35). Il sortit de chez lui pour combattre, le 29 juillet, armé d’un fusil, d’un sabre et d’un pistolet. Il fut blessé le même jour, d’un coup de feu qui lui fracassa l’épaule gauche à la porte du Louvre. Sa mère âgée et infirme à charge, il reçut un secours de soixante-dix francs et un autre de dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 13 avril 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Porte, Jean, perruquier, demeurant 28, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Samain, Pierre, Armand, bottier, demeurant 28, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Remy, Mathurin, luthier, demeurant 30, rue de Grenelle-Saint-Honoré. Ils attestèrent connaître parfaitement Crépin et que « blessé à l’épaule gauche dans la journée du 29 juillet dernier il ne peut plus exercer sa profession d’où il résulté qu’il se trouve aujourd’hui sans ressources et hors d’état de subvenir à son existence et à celle de sa mère, qui est à sa charge ». Le 15 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Thery, Louis (voir Thery, Louis, Augustin), tailleur, demeurant 24, rue du Marché-aux-Poirées ; Docminy, Louis, tailleur, demeurant 24, rue du Marché-aux-Poirées ; Leclercq, Adrien Constantin, Florent (voir ce nom), tailleur, demeurant 10, rue des Fourreurs. Ils attestèrent connaître parfaitement Crépin et « savoir que le 29 juillet dernier ledit sieur Crépin est sorti de son domicile armé d’un fusil, un sabre et un pistolet pour combattre pour la liberté et que ledit jour à la porte du Louvre il a été blessé d’une balle à l’épaule gauche ». Il reçut quatre cent soixante-quinze francs de secours auprès de la mairie de cet arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (bien sous le nom de Crépin, François, à la mairie du IVe arrondissement, sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur). Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 16 mai 1831 à la mairie du IVe arrondissement, reçut sa croix le 21 juin et son brevet le 10 août 1831. Admis dans la 3e classe des blessés, une pension de quatre cents francs lui fut accordée. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de soixante-quinze francs. En 1830, il était célibataire. Soigné lui-même par le docteur Fischer, il signa, avec de très nombreux autres blessés, la lettre adressée au roi par Dégenetais, pharmacien qui avait ouvert l’ambulance de la rue des Pyramides, en faveur de Fischer, Antoney, Lax, qui avait donné ses soins dans cette même ambulance. Il comparut, le 15 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Thery, Louis, Augustin et « savoir que ledit Thery est sorti de son domicile le 29 juillet dernier, armé d’un fusil, pour combattre pour la liberté et que ledit jour, place du Palais-Royal, il a été frappé d’une balle à la cuisse droite ». En 1837, se trouvant sans ouvrage, il sollicita des secours. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié et a un fils qui est placé à l’école de Charonne. Il est établi perruquier depuis six mois rue des Vinaigriers n° 20. […] Sa position est gênée par suite d’une maladie que sa femme vient de faire et qui a duré plusieurs mois. On donne de bons renseignements sur la conduite des époux Crepin. » Une lettre de dénonciation, signée Amélie illisible, accusait Crépin d’être pensionné, sa femme et son enfant aussi « entre tous les trois ils ont mille trois cents francs de pension, de l’argent placé et deux établissements de coiffeur qui rendent trois mille francs par an », précisait-elle ; « ledit Crépin s’entend (sic) à sa demeure, qu’il donne place des Trois-Maries, pour arracher des aumônes ; il a reçu deux fois cette année cinquante francs chaque fois, tandis que les malheureux décorés pères de famille n’ont pas reçu une fois. Ce que je vous dis, tous les décorés du (ancien) IVe arrondissement le savent et s’en plaignent fort », ajoutait-elle. Il reçut un secours de cinquante francs en 1837. En 1844, « se trouvant dans une position peu aisée, ayant à sa charge sa mère, infirme, âgée de soixante-neuf ans », il sollicita un secours auprès du roi, faisant part « des vœux sincères qu’il forme au ciel pour la conservation de vos précieux jours si chers à la France ». Sa demande fut classée, Crépin étant pensionné. Il adressa, le 24 mars 1848, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février : « […] L’un de ceux qui ont combattu pour la défense des lois et le triomphe de la cause nationale dans les mémorables journées de juillet 1830 et de juin 1832, et qui s’étant distingués d’une manière particulière et ayant été blessés lors de la révolution de 1830 ont obtenu, le 29 juillet 1831, la décoration spéciale fondée à cet effet en leur faveur a l’honneur d’exposer qu’il vient de donner de nouvelles preuves de son patriotisme et de son dévouement à la cause de la liberté, dans la révolution de février 1848, en s’armant et courant, l’un des premiers, aux dangers pendant la lutte glorieuse que vient de soutenir le peuple parisien pour reconquérir nos droits, ainsi qu’il est établi par le certificat ci-joint et qu’il croit avoir acquis, par-là, de nouveaux droits à la reconnaissance de la nation. En conséquence, il sollicite de votre justice et de votre bienveillance une place de gardien de l’un des monuments de la capitale, lorsqu’il y en aura une vacante. Dans l’attente etc. » Il joignait à sa lettre le certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants de la commune de Belleville lès Paris, département de la Seine, certifions que le citoyen Crépin, François, Joseph, […] a été l’un des premiers à courir aux dangers dans la capitale pendant la glorieuse crise des journées des 22, 23 et 24 février 1848, où l’énergie parisienne a reconquis nos droits et que, par son nouveau dévouement à la cause de la liberté dans cette dernière révolution il a acquis de nouveaux titres à la reconnaissance de la nation. » Signé, à Belleville lès Paris, le 21 mars 1848 : Cornaix, ancien magistrat, demeurant 126, rue de Ménilmontant ; Truneau ; Dencrinck ; Bourillon, coiffeur, Belleville 166 (sic), présent à l’affaire ; Legros, marchand de vin, 38, rue Constantine à Belleville ; Freseau (la première lettre n’est pas sûre), demeurant 7, rue Constantine à Belleville ; Duvivret illisible, présent à l’affaire ; Duvivret illisible, fils aîné, demeurant 203, rue de Paris, présent à l’affaire ; Narvin, présent à l’affaire du 24 février ; Truelle, demeurant 134, rue de Ménilmontant ; …illet (Gillet?), demeurant 24, rue des Cendriers. Il fut proposé par la nouvelle Commission des récompenses nationales pour le signe honorifique qui devait être institué pour commémorer la Révolution de février, distinction qui ne fut en fait jamais créée. Il demeurait 28, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1830-1831; 20, rue des Vinaigriers en 1836-1837 ; à Belleville depuis 1840 ; 82, rue de Calais à Belleville en 1844 ; 126, rue de Ménilmontant, à Belleville, dans la maison de Bruneau, Ferdinand, propriétaire en 1848. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe ??? arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 98 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 35 ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Crépin, François, Joseph) ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Fischer, Antoney, Lax ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des récépissés des inscriptions de rentes délivrées par le maire du quatrième arrondissement de Paris, aux veuves, ascendants ou blessés de Juillet inscrits en la mairie dudit arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 (sous le nom de Crespin, François, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, idem blessés admis à la pension (sous le nom de Crespin, François, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thery, Louis, Augustin ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, blessés de la 3e classe (sous le nom de Crespin, François, Joseph) ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 381.