Creté, Jacques, Charles
Biographie
Né le 16 octobre 1803 à Nogent-le-Roi (mais Nogent-Bouthbois in Archives de la préfecture de police AA 381) (Eure-et-Loir), fils d’un ancien militaire, soldat de la république. Commis d’entrepôt. Il combattit pendant les trois jours et fit partie de l’expédition de Rambouillet, où il empêcha le pillage du magasin de vivres, en procédant à la distribution des vivres. Ayant été absent durant six jours de son travail, pour prendre part à la révolution, il fut remplacé et se trouva sans emploi. Il reçut, après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il sollicita « un emploi dans la partie des vivres » ou une sous-lieutenance dans un régiment « ayant la conduite, les mœurs, une éducation et un physique avantageux, pouvant donner les meilleures garanties sur ses opinions civiles et politiques, appartenant à une famille des plus recommandables ». Il joignait à sa demande un certificat délivré par le maire de Rambouillet et attestant qu’il avait « montré un zèle digne d’éloges, tant pour empêcher les désordres qui auraient pu se commettre dans la ville que pour comme chargé volontairement d’assister à la distribution des vivres qui s’est faite avec le plus grand ordre et que sans sa présence et sa fermeté on aurait eu beaucoup de peine à faire ». Il était aussi porteur d’un certificat attestant qu’il s’était battu « pendant douze heures à la prise et reprise de l’Hôtel de ville, que le lendemain il a assisté à la prise du Louvre ». Signé : De Georges, demeurant 35, rue de l’Arbre-Sec ; Foucault, épicier, demeurant 351, rue Saint-Denis, qui ajouta l’apostille suivante : « J’atteste que le sieur Creté était embusqué au coin de la rue de Tracy, en face de chez moi, qu’il a soutenu le feu pendant longtemps de la porte Saint-Denis ; Mouchot, épicier, demeurant 60, rue de l’Arbre-Sec, ajouta l’apostille suivante : « J’atteste que le sieur Creté était embusqué au coin de chez M. Ador, marchand de vin, et qu’il a soutenu le feu du Louvre pendant très longtemps. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté comme sergent à la 1re compagnie du 2e bataillon du 5e régiment d’infanterie légère en 1831, en cantonnement à Altenstadt (Bas-Rhin) ; il eut droit à vingt-cinq francs de gratification en 1831. Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 22 septembre 1831, par procuration de Vogt, demeurant 35, rue de l’Arbre-Sec. Il resta sept années sous-officier (mais lui dit jusqu’en septembre 1834). Il s’installa ensuite teneur de livres. En 1847, il travaillait pour le sieur Thériat, Hippolyte, demeurant 3, rue du Jardinet, qui lui délivra le certificat suivant, en date du 15 septembre 1847 : « Je, soussigné, Hippolyte Thériat, directeur du Dictionnaire universel, certifie que le sieur Jacques, Charles Crété (sic), teneur de livres, a été employé chez moi pendant six mois, qu’il n’en est sorti que par suite de la suspension de mes travaux et de ma publication et que je n’ai eu qu’à me louer de lui sous le rapport de la probité, de l’aptitude et de la bonne conduite. Je fais des vœux pour qu’il trouve des occupations comme il en mérite. » De la même manière, Lechalard, ancien colon, lui délivrait, en date du 10 octobre 1847, le certificat suivant : « Je certifie que le sieur Crété (sic), Jacques, Charles n’a pas cessé ses relations avec moi depuis neuf années que je suis rentré en France, qu’il s’est toujours comporté honnêtement, qu’il est de mœurs douces et faciles et d’une conduite régulière. Et déclare en outre l’avoir employé dans diverses circonstances, particulièrement pour régulariser mes écritures et qu’il s’en est acquitté avec zèle et intelligence. C’est pour quoi je lui ai délivré ce certificat pour lui servir au besoin. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février, adressant la lettre suivante : « Le citoyen Crété (sic), Jacques, Charles, décoré de Juillet, nommé sous-officier au 5e léger en 1830, renvoyé du régiment en septembre 1834 pour son opinion contre l’ancien gouvernement, présentement teneur de livres, ayant pris une part active dans les journées de Février, ainsi qu’il peut le justifier par des citoyens notables, demande un emploi dans la préfecture de la Seine ou tout autre suivant ses moyens et capacités. Il ose espérer que prenant en compte son patriotisme pour la république, qu’il désire servir de cœur et d’âme et ses antécédents, vous voudrez bien accueillir sa demande et le respect avec lequel etc. » Il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, capitaine commandant la 3e compagnie du 1er bataillon de la IVe légion, certifie que le citoyen Crété (sic), Charles, sergent de la compagnie (ancien militaire), a fait son service dans les journées de février et de juin dernier avec un zèle et un dévouement digne d’éloges, qu’il n’a jamais manqué une prise d’armes et s’est toujours trouvé l’un des premiers au lieu de réunion. » Signé, le 30 juillet 1848 : Clouwez (voir Clouwez, François, Adrien, Noël), chef du 1er bataillon de la IVe légion ; Viard. Sa demande fut rejetée par la nouvelle Commission des récompenses nationales. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, un secours de soixante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 35, rue de l’Arbre-Sec en 1830-1831; 25, rue Croix-des-Petits-Champs en 1848-1849 ; 45, rue Croix-des-Petits-Champs en 1850 ; 1, rue Baillet en 1851-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement (son nom apparaît deux fois sur les listes) ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes (sous le nom de Crété, Jean), minute 26 et suivantes (sous le nom de Crété, Jacques, Charles), idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116 (sous le nom de Crété, Jacques, Charles), idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184 (sous le nom de Crété, Jacques, Charles), idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de Crété, Jacques, Charles) ; Archives de la préfecture de police AA 381.