Croizat, Aristide

Biographie


Né le 1er juin 1806 à Chalon-sur-Saône, fils de Croizat, Jean-Marie et frère de Pierre, Louis, Gabriel et de Benoît, autres combattants de Juillet. Commis négociant. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Après avoir combattu les 27 et 28, armé d’un pistolet, il alla le 29 au matin faire sonner le tocsin à Courbevoie, d’où il revint à Paris, à la tête d’un détachement qui, sous sa conduite, s’était emparé des armes de la caserne. Il combattit à la porte Maillot et fut établir, lorsque la nuit survint, un poste au pont de Neuilly. » Il signa, le 5 août 1831, le certificat suivant en faveur de Behuré, Etienne : « Nous, soussignés, dans l’intérêt de la patrie et de la vérité, certifions que M. Etienne Behuré, de Courbevoie, s’est particulièrement distingué dans les journées de Juillet, quoique nous ne puissions pas spécifier les périls qu’il brava le 28 à Paris, nous ne rendrons pas moins bon témoignage de ce qu’il a fait ici avec nous le 29. Dans la matinée du 29, il s’est rendu sur la place avec nous, pour prendre part au projet que nous avions formé d’entrer à la caserne, où il nous a suivis, en nous aidant à en forcer les grilles, malgré les baïonnettes croisées sur nos poitrines ; il était aussi du nombre de ceux qui ont arrêté un détachement qui venait pour prêter main forte aux soldats du 4e régiment de la garde royale qui gardaient la caserne. Quand nous avons marché sur Paris, il était avec nous. Il a travaillé avec une activité remarquable aux barricades du pont de Neuilly et de Neuilly même. Lorsque nous avons rencontré les différents corps de la garde royale, qui débouchaient avec confusion par la barrière de l’Etoile, il s’est distingué par son courage parmi les tirailleurs dont était composé notre petite armée. Enfin nous certifions que sa conduite est digne d’éloge et espérons que messieurs les membres de la Commission des récompenses nationales voudront bien le comprendre dans la liste supplémentaire des combattants de Juillet. » Il est répertorié (sous le numéro 1009) dans la liste des demandes de récompenses honorifiques posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 5 janvier 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que ceux déjà relatés dans le rapport de la mairie. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 5 janvier 1831, à cinq voix pour la croix, une voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. On trouve, dans le dossier déposé par son père à la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé, des indications sur sa famille. Un premier certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés, maire du (ancien) IXe arrondissement, chef de bataillon, major, officiers et sous-officiers de votre dévouée garde nationale (île Saint-Louis) de la IXe légion exposent respectueusement à Votre Majesté que les trois fils de M. Croizat (sic), négociant probe, tombé avec honneur des affaires, demeurant quai de Béthune n° 26, se sont distingués d’une manière remarquable par leur courage, en juillet dernier. Nous serions heureux si vous daigniez lui accorder un emploi, qu’il mérite sous tous les rapports. Ce besoin est d’autant plus urgent pour lui que nous certifions que de trois fils que M. Croizat avait, deux sont partis pour l’armée, sans attendre l’appel de la loi, et que le troisième, teneur de livres de la maison Chocat à Courbevoie, quoique ayant un remplaçant à l’armée, porté pour la décoration spéciale pour sa belle conduite en juillet, l’unique et insuffisant appui d’un père, d’une mère et de trois jeunes sœurs, n’en attend pas moins le moment où, le sort de ses parents mieux assuré, il lui sera permis de se dévouer tout entier au service de l’excellent roi de notre choix et à la patrie. Mais son père, qui a mérité l’estime de tous ceux qui l’ont connu, ayant besoin d’un emploi quelconque, nous sollicitons de votre bonté, avec le plus grand respect, celui de receveur des droits de navigation, auquel l’habitude des affaires et un commerce de vingt-cinq ans fait avec honneur sur la Loire, la Saône et le Rhône le rendent très propre. » Signé, le 17 mars 1831 : Cronier, maire du (ancien) IXe arrondissement ; Riçois illisible, chef du 4e bataillon de la IXe légion ; Gaillard, major de la IXe légion ; Fruneau, capitaine de voltigeurs de la IXe légion ; Bouquero, capitaine de grenadiers de la IXe légion ; Jantier ou Jautier, sous-lieutenant de la IXe légion ; Bompierre (voir Bompierre, Sébastien, François ?), sous-lieutenant de grenadiers du 4e bataillon de la IXe légion ; Lanquetin, lieutenant de la IXe légion ; Charrier, sergent de la IXe légion ; Mars, sergent de grenadiers de la IXe légion ; Gouin illisible, sergent de grenadiers de la IXe légion. Un deuxième certificat, ainsi rédigé le 14 janvier 1831, par Marchal (voir Marchal, Jean-Baptiste), demeurant 44, passage Choiseul : « Je, soussigné, ancien officier supérieur de cavalerie, ayant commandé et dirigé les braves ouvriers dans les journées des 28 et 29 juillet sur les divers points relatés dans ma notice, certifie que les sieurs Louis, Gabriel Croizat (sic) et son frère Benoît Croizat (sic) se sont bravement battus à nos côtés sur la place de l’Hôtel-de-Ville le 28 et à la porte Saint-Antoine. Ils m’ont parfaitement secondé, dans le but de prévenir tout pillage et que ces braves feront une bonne acquisition pour le corps où ils serviront. » Suivait l’indication suivante : « Benoît Croizat, soldat au 23e de ligne ; Pierre, Louis, Gabriel, soldat au 67e de ligne ; le premier, Benoît, s’est particulièrement distingué et ne mérite pas moins que son frère, Aristide, la décoration spéciale que la Commission lui a accordée. Les deux premiers sont partis sans attendre l’appel de la loi et Aristide a un remplaçant à l’armée. » Il apostilla, en 1831, un certificat qui avait été délivré, le 24 septembre 1830, par Tournier, lieutenant-colonel commandant les officiers du 1er régiment de la Charte, en détachement à Rueil, pour rendre « hommage au patriotisme, au dévouement et au courage » de Leroux, François, Benjamin, quand ce dernier tenta, en 1831, de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants. Il demeurait à Courbevoie en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Croisat, Aristide) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois sous le nom de Croisat, Aristide, dont la seconde sous le numéro 1009) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 5 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Croisat, Aristide, faire le changement ? a priori oui) ; Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Behuré, Etienne (où il signe un certificat au nom de Croizat fils) ; Archives de la préfecture de police AA 381 in dossier Croisat, Jean-Marie ; Archives de la préfecture de police AA 398 in dossier Leroux, François, Benjamin.

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