Cros, Jean-Pierre

Biographie


Né le 11 octobre 1787 à Carcassonne (Aude). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, il était lieutenant dans la Garde municipale et caserné à la barrière d’Enfer. Il signa, comme décoré de la Légion d’honneur (son nom n’est pas dans la base leonore de la Légion d’honneur) et décoré de Juillet, le certificat suivant en faveur de Bardot, Joseph, François, qui tentait de faire valoir ses droits à une récompense nationale : « Le soussigné Cros, lieutenant au corps de la garde municipale de Paris, certifie que le sieur Bardot, Joseph, François, sergent-major au même corps, a pris une part très active aux mémorables journées de Juillet et qu’il s’est distingué dans différents points de la capitale, notamment le 27 rue Saint-Honoré, le 28 rue de la Monnaie contre le 15e léger. Ce fut lui qui, dès 5 heures du matin le 29, désarma le poste de la Banque de France, qui était occupé par la ligne. Vers 6 heures, il reçut du directeur du journal le National une note qu’il lut dessus les boulevards, de la rue illisible à la porte Saint-Denis. Elle indiquait la demeure du général Dubourg. Elle engageait tous les défenseurs de la patrie opprimée à se rendre rue de Monsigny n° 5, où demeurait le général Dubourg. Après quoi, il se rendit rue Richelieu près le Théâtre-Français. C’est là, avec l’arme qu’il avait prise le matin au sergent de la Banque de France qu’il se distingua par son courage et son sang-froid. Il est resté à mes côtés jusqu’au moment où il apprit que le général Gerard avait pris possession de la place de Paris. Il fut un de ceux qui l’ont accompagné rue d’Artois chez Laffitte. C’est un brave qui a mérité l’estime de ses concitoyens, ainsi que l’atteste le certificat ci-joint. » Percé, Jean-Baptiste (voir ce nom), dans l’apostille qu’il rédigea pour appuyer la demande de Bouché, Adolphe auprès de la Société des réclamants, appelait ainsi son témoignage : « Tous les faits ci-dessus sont certifiés par M. Jean-Baptiste Percet (sic), qui était lui-même aux affaires. Ils pourraient l’être de même par le lieutenant de garde municipale, M. Cros, résidant actuellement faubourg Saint-Martin, à la caserne. […]. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Cros, Jean-Baptiste), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1848, quand la garde municipale fut dissoute, il passa capitaine dans la gendarmerie, à Riom. En septembre 1849, capitaine de gendarmerie en non-activité, il sollicita d’être compris dans les répartitions de gratifications distribuées aux décorés de Juillet et reçut cent francs, à titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1850, sa pension (mille quatre cent vingt francs annuels) étant insuffisante pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa femme, malade depuis vingt-deux ans, sa belle-mère à charge d’une pension annuelle de deux cents francs, il sollicita un secours. Cette année-là, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Demeurant avec sa femme et sa fille, rue de Grenelle-Saint-Germain, 168 (problème dans les dates et les adresses donc), est représenté comme ayant quelque penchant à l’ivrognerie mais c’est un homme d’ordre. N’ayant qu’une pension de mille deux cents francs et sa femme continuellement malade, il se trouve dans une position peu heureuse. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1850, deux secours de soixante-quinze francs en 1851, un secours de cent francs en 1852. En 1854, le général de division, Lafontaine, qui disait bien le connaître, apostilla sa demande de secours. Il reçut un secours de cent francs et un autre de quarante en 1854, un secours de cent francs en 1855, un secours de cent francs en 1856. En 1857, il se présentait aussi comme chevalier de la Légion d’honneur, et la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] L’exiguïté de son traitement ne lui permet pas de donner les soins nécessaires à sa femme, que son état de maladie retient encore à Grenelle, où les Cros demeuraient précédemment. Cet ancien officier vient d’être nommé directeur d’une maison d’asile à Montmartre mais cette place ne lui donne que l’avantage de la gratuité du logement. Sa position est donc très gênée. En résumé, la situation du sieur Cros est digne d’intérêt. » Il reçut un secours de cent francs en 1857, un secours de deux cents francs en 1858, un secours de cent francs en 1859, un secours de cent francs en 1860, un secours de deux cents francs en 1861, un secours de cent francs chaque année entre 1862 et 1868. Sa femme mourut en 1869. Cros demeurait 168, rue de Grenelle-Saint-Germain en 1849-1850 ; 161, rue de Grenelle-Saint-Germain en 1850-1854 ; 54, rue du Théâtre à Grenelle en 1855-1856 ; 27, rue Saint-Denis à Montmartre en 1857 ; 1, rue Labat à Montmartre en 1858 ; 6, rue du Commerce à Grenelle en 1859 ; 44, rue Letellier (par erreur 54, rue Letellier dans un certificat de la mairie) à Grenelle en 1860-1865 ; 54, rue du Théâtre à Grenelle en 1866-1869. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/15/3784 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Etat de répartition de secours imputables sue le chapitre 25 bis du budget de 1850 (secours à divers titres), minutes 148-149, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Bardot, Joseph, François ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Bouché, Adolphe.

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