Croset, Jean-Baptiste

Biographie


Né en janvier 1803 à Saint-Germain (sans autre précision). Marchand de vin. Il adressa, le 7 avril 1848, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales créée après la Révolution de Février (lettre qu’il signe Crozet) : « L’exposant, Jean-Baptiste Crozet (sic), marchand de vins, demeurant boulevard des Couronnes n° 4, en face de la barrière, a l’honneur d’exposer que, blessé de 1830 au pont d’Arcole où il se battait pour la défense de la liberté, aux résultats qui ont suivi ces journées de Juillet il n’a rien voulu demander au gouvernement qui s’est alors établi. Aujourd’hui, d’après les événements qui viennent de se passer, toujours dans le même esprit de patriotisme, il n’a pas pu faire autrement que de reprendre [les armes] et en raison des mesures que le gouvernement déchu avait prises de se porter de tout son pouvoir à la défense de son pays. C’est lui qui a arraché le premier pavé et fait élever une barricade considérable (à la barrière des Trois-Couronnes, N.D.A.]. Ayant abandonné son commerce, à la merci de la foule, après avoir fait et terminé la barricade, il s’est mis avec son épouse à fondre des balles. Il a fondu cent vingt kilos de plomb et il a distribué les balles aux combattants armés, par dix balles chaque homme. Il ne lui en reste au plus que trois cents, qu’il tient à la disposition du gouvernement de la république française. Il doit exposer qu’étant occupé à tout le travail, il a été forcé de laisser boire et manger la foule qui demandait. Les 23 et 24 février, il a été bu une pièce et demie de vin rouge, une feuillette de vin blanc, quinze litres d’eau-de-vie ; il a été mangé neuf livres de viande cuite, quatre pains de quatre livres et fourni huit chandelles, que la garde a réclamé attendu que les appareils à gaz étaient cassés. Le lendemain matin, quatre hommes armés et deux femmes sont venus commander quatre livres de côtelettes, ils ont bu trois litres de vin, ils ont mangé un pain de quatre livres et quand je leur ai demandé qui allait me payer, ils m’ont répondu La patrie te paiera. L’exposant a éprouvé une perte d’une valeur dont le détail suit : la pièce et demie de vin rouge, prix d’achat cinquante francs, dix francs d’entrée la pièce et demie ; la feuillette de vin blanc, prix d’achat trente francs, droit six francs, trente-six francs ; quinze litre d’eau-de-vie à un franc et soixante centimes le litre, vingt-quatre francs ; neuf livres de viande cuite à soixante centimes la livre, cinq francs quarante centimes ; quatre pains de quatre livres à soixante-cinq centimes, deux francs et soixante centimes ; huit chandelles à dix centimes, quatre-vingts centimes ; quatre repas de six personnes du lendemain : quatre livres de côtelettes à quatre-vingts centimes, trois francs et vingt centimes ; trois litres de vin à cinquante centimes, un franc et cinquante centimes ; un pain soixante-cinq centimes. Les cent vingt kilos de plomb, que l’exposant a commandé et dont il répond à quatre-vingt-dix centimes le kilo, fait la somme de cent huit francs. Le montant total des sommes que l’exposant réclame est de deux cent soixante-douze francs et quinze centimes (?? le total ne correspond pas…), en dehors d’aucun bénéfice et la sincérité de son récit lui est un sûr garant que le gouvernement provisoire le prendra en toute considération. Le zèle qu’il a développé pour la défense de sa patrie dans ces deux circonstances l’autorise à demander au gouvernement provisoire de la république française une place de garde forestier. Agé de quarante-cinq ans, il lui reste encore l’espoir de quelques années pour servir bravement et fidèlement la république française ou toute autre place. » Sa lettre était signée par une petite vingtaine de noms, mais sans aucune autre indication ni d’état ni de demeure. Un certificat, qu’il présentait le 22 juillet 1848, reprenant les mêmes faits, était signé de : Boquet, demeurant 4 et 5, bd des Couronnes ; Darcourt, corroyeur, demeurant 32, rue des Pressoirs ; Carze, serrurier, demeurant 4, barrière des Trois-Couronnes ; Fontaine, ciseleur, demeurant 4, bd des Trois-Couronnes ; Gunter, cordonnier, demeurant 11, chaussée Ménilmontant ; Bagedieu illisble, bijoutier, demeurant 4, bd des Couronnes. Il fut proposé par la Commission pour une place de garde forestier. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 4, bd des Couronnes, en face de la barrière, à Belleville en 1848. Archives de la préfecture de police AA 381.

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