Crussaire, Martin, Pierre

Biographie


« […] Ancien avoué de la cour royale à Paris, il avait déjà extrêmement perdu à la Restauration parce que la principale clientèle de son étude était belge et que la séparation la lui avait enlevée […]. Père de dix ou onze enfants dont huit sont encore vivants, il n’était parvenu à soutenir et élever ses nombreux rejetons qu’en dévorant successivement son capital et se vit enfin réduit à vendre sa charge pour se libérer […]. Il avait été réduit, depuis quelques années, à prendre la place d’inspecteur du quai aux Fleurs. […] Le mercredi 28, revenant de son inspection, écoutant plus un mouvement généreux que la voix de la prudence, il voulut intervenir entre la troupe et des hommes du peuple en présence sur le quai près de la rue des Arcis. Dans ce moment, on le vit tomber tué roide d’un coup de feu » reçu dans la poitrine. La scène se passa entre midi et 13 heures, au coin de la rue des Arcis et Planche-Mibray. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le 1er avril devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Maupevin, Auguste, Joseph, rentier, demeurant 5, rue des Ecouffes ; Masson, René, Alexis, marchand épicier, demeurant 40, rue du Roi-de-Sicile ; Ruault, Jean, Amable, instituteur, demeurant 5, rue des Ecouffes. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Crussaire, Martin, Pierre et « savoir que le mercredi 28 juillet dernier ledit sieur Crussaire a été atteint d’une balle à la poitrine qui l’a tué sur-le-champ, rue des Arcis au coin de la rue Planche-Mibray, entre midi et 1 heure ». Il laissait une veuve, Gottis, Marie, Elisabeth, née le 2 août 1771 à Paris, rentière, qui reçut un secours de cent quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle présenta le certificat suivant : « Je, soussigné, déclare qu’il est à ma connaissance personnelle que la mort de M. Crussaire, mon prédécesseur, laisse sa veuve sans ressources et qu’avec lui s’est éteinte une rente viagère qui était son seul actif et faisait partie du prix de l’étude qu’il m’avait cédée. Telle est même la mauvaise fortune de Mme Crussaire que j’ai dû renoncer en partie pour quelque temps du moins au bénéfice de l’extinction de la rente viagère et je puis attester en toute conscience que cette dame à les droits les plus grands illisible aux bienfaits du gouvernement. » Signé, le 9 novembre 1830 : Armand, C., avoué, demeurant 13, rue de Bondy. Elle fut pensionnée (sous le nom de Gonis, Marie, Elisabeth sur les listes du Moniteur universel) de cinq cents francs et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait une fille, Marie, Eulalie, née le 1er novembre 1813 (par erreur le 3 novembre 1813 in Archives nationales F/1dIII/38 B et deux in Archives nationales F/1dIII/82) à Paris, qui fut pensionnée et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes (les listes du Constitutionnel disent la veuve Crussaire mère de huit enfants). Le conseil de famille de l’orpheline était constitué de la mère et de Denis, Jean, Gérard, Alphonse, employé, demeurant 2, rue de la Verrerie. En 1832, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Marie, Eulalie, qu’elle avait atteint sa dix-huitième année le 1er novembre 1831 (sic), qu’elle était toujours chez sa mère et qu’elle continuait le dessin. Il avait un autre fils, Crussaire, Joseph, qui fut l’objet du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie que M. Joseph Crussaire, âgé de vingt-cinq ans, demeurant rue des Ecouffes n° 5, fils de M. Pierre Crussaire, tué par la garde royale le 28 juillet dernier, est dans un état d’idiotisme habituel qui ne lui a jamais permis d’exécuter le plus simple travail. Ce jeune homme est tout à fait à la charge de sa mère. » Signé, le 10 novembre 1830 : Berthier, demeurant dans le (ancien) VIIe arrondissement. Il demeurait 5, rue des Ecouffes ; sa veuve, à la même adresse en 1831-1832. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 35, p. 65 pour la veuve ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 36-37 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) VIIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Guépratte ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins et aussi un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement p. 2-3 état des veuves et p. 4-5 état des orphelins et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien VIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés.

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