Cruveilher, L
Biographie
Sous-lieutenant au 5e léger. La Commission des récompenses nationales de la préfecture de Haute-Vienne considérant « sur la demande de Cruveilher et Pénicaud (voir ce nom), que l’un et l’autre ont arboré, les premiers en cette ville, les couleurs nationales que, le premier, M. Pénicaud a placé le drapeau tricolore sur un édifice public, que les actes de résistance et de dévouement par lesquels ils se sont fait remarquer dans les journées des 29, 30, 31 juillet et 1er août notoires », le proposa pour la Croix de Juillet. Il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, colonel de la garde nationale de Limoges, que dès le 29 juillet dernier à la l’arrivée des ordonnances, la population s’étant levée pour défendre ses libertés menacées, monsieur Cruveilher, alors officier en activité, avait été un des premiers à prendre les armes et que pendant nos trois journées de crise et d’incertitude il n’a pas cessé un seul instant de donner des preuves de patriotisme et du plus grand dévouement à la cause actuelle, et qu’il fut également un des premiers à arborer le drapeau tricolore. J’ajouterai en outre que cet officier, à la première formation de la garde nationale, m’a été fort utile par ses connaissances militaires. » Signé, le 27 mars 1831 : Dumas, officier de la Légion d’honneur. Cruveilher donna le récit suivant de sa participation aux journées de Juillet dans la ville de Limoges : « Le 28 juillet, le Moniteur nous annonça la promulgation des ordonnances. Aussitôt je réunissais une dizaine de personnes de mon opinion pour former une opposition armée ; nous appelâmes les patriotes et nous nous transportâmes sur l’Evêché, la préfecture, la mairie, la cour royale et chez les autorités civiles et militaires, que nous consignâmes chez elle jusqu’à nouvel ordre ; des courriers furent saisis et interceptés sur toutes les directions. Le 29, nous formâmes des commissions révolutionnaires, on organisa la garde nationale, on somma de se rendre le 3e chasseurs à cheval, qui formait la garnison ainsi que la gendarmerie. Toutes ces mesures furent exécutées avec succès et la ville de Limoges, en témoignage de reconnaissance de la conduite du 3e chasseurs lui a décerné une épée civique. » La Commission proposa aussi « d’affecter à perpétuité une Croix de Juillet aux fonctions de maire de la ville de Limoges et aux grades de colonel de la garde nationale de cette ville ainsi qu’à celui du plus ancien capitaine du 3e régiment de chasseurs. » Archives nationales F/1dIII/81, dossier Haute-Vienne.