Cuvier, Auguste
Biographie
Né vers 1788. Ancien militaire ayant dix-neuf années de service, devenu horloger. Il fut blessé, le 29 juillet vers 10 heures du matin, en face de la colonnade du Louvre, d’une balle qui l’atteignit en pleine poitrine et lui ressortit entre les deux épaules. Il mourut, le 2 août suivant des suites de cette blessure. On trouve, dans l’exposé que fit Ricateau, Alexandre de sa propre conduite dans les combats de Juillet, les renseignements suivants sur les circonstances dans lesquelles Cuvier fut blessé : « [… le 29 juillet pendant l’attaque du Louvre] Ensuite je retournais au Louvre par la place des Trois-Maries et la rue des Prêtres. Dans cette petite rue, je rencontrais un individu qui me dit : “Mon brave camarade, peut-on passer par-là ?” Je lui dis : “Oui, mais il y a du danger. Lorsque vous traverserez il faut courir.” Je passai le premier et je réussis. Etant passé, je me retournais vers lui, qui s’écria qu’il était blessé. Je retournais pour lui donner du secours. Il avait été atteint par une balle au-dessus de la hanche, qui lui avait traversé le corps. Je le pris sous le bras et le conduisis au coin de la petite rue des Prêtres, où une barricade nous empêcha de passer. Aussitôt M. Tabajoux, marchand de vins, nous a ouvert sa porte, qui donne dans cette rue, et nous entrâmes chez lui. Il était temps pour le blessé, qui tomba sur moi mort en entrant. Plusieurs curieux entrèrent par l’autre porte ; dans ce nombre était son épouse, qui, l’ayant reconnu, s’écria C’est mon mari ! en jetant un cri affreux. Elle demanda plusieurs fois du vinaigre. Après l’en avoir frotté, il est revenu à lui mais ça n’a été que pour quarante-huit heures. Cet homme s’appelait Cuvier, rue Baillet, n° 6 […]. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. On trouve dans son dossier deux certificats médicaux. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur médecin, professeur agrégé de la faculté, certifie que le sieur Cuvier, Auguste, âgé de quarante-deux ans, demeurant rue Baillet n° 6, a été reçu chez moi le 29 juillet 1830 et qu’il y a été traité pour un coup de feu qu’il venait de recevoir dans la poitrine. » Signé, le 9 août 1830 : Briquet, demeurant 6, rue Baillet. Le second certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur médecin, médecin attaché au sixième dispensaire de la Société philanthropique etc., certifie à qui il appartiendra avoir particulièrement donné mes soins à Auguste Cuvier, demeurant rue Baillet n° 6, atteint d’une balle dans la poitrine le 29 juillet 1830. Auguste Cuvier est mort de sa blessure le 2 août à 9 heures. » Signé, le 3 août 1830 : Tassin (voir Tassin, Jacques, Nicolas). Bezian (voir Bezian, Dominique) ajoutait une apostille comme quoi il avait aussi, avec ses confrères, donné ses soins à Cuvier. Le 11 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Gillot, Etienne (voir ce nom), herboriste, demeurant 7, rue Baillet ; Lepage, Pierre, Vincent, serrurier, demeurant 8, rue Baillet ; Liebert, Claude, propriétaire, demeurant 6, rue Baillet. Ils attestèrent « que le 29 juillet dernier à 10 heures du matin ledit sieur Cuvier, en combattant pour la liberté a été atteint à la poitrine sur la place du Louvre vis-à-vis la colonnade d’une balle qui lui est ressortie entre les deux épaules, qu’immédiatement il a été transporté à l’ambulance établie rue Baillet n° 5, et de là dans la cour de la maison qu’il habitait ». Il laissait une veuve, Landriot, Jeanne, Ursule (elle-même fille naturelle de Landriot, Jeanne, Marie, Sébastienne), couturière, née le 16 mars 1783 (mais le 16 mars 1782 in Archives nationales F/1dIII/35 A et in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Besançon (Doubs), qu’il avait épousée le 20 mai 1822 à la mairie du (ancien) IXe arrondissement de Paris, mère de trois enfants, qui reçut deux cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, qui fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de soixante-quinze francs. Elle reçut un secours de cent cinq francs en août et un autre de cent quatre-vingt-quinze francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il était le frère de Cuvier, Frédéric, autre combattant. Il demeurait 6, rue Baillet ; sa veuve, même adresse en 1831. Le nom de Cuvier (A. Cuvier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon et sur les tables du Panthéon. Voir Maitron. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 14 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 15 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 81 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 97 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Citoyens du (ancien) IVe arrondissement dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des récépissés des inscriptions de rentes délivrées par le maire du quatrième arrondissement de Paris, aux veuves, ascendants ou blessés de Juillet inscrits en la mairie dudit arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Liste des morts, pensions, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VK3 51 in dossier Ricateau, Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) IVe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, veuves ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841. Dans Archives de Paris Vbis8Q3 1, orphelins et orphelines de Juillet, (ancien) Ier arrondissement, séance du 5 août 1832, il y a les parents d’Antoine Cuvier, pensionnés comme ascendants d’une victime de Juillet, qui demandent à pouvoir vendre leur rente de cinquante francs. Cette autorisation fut refusée : « La commission, considérant qu’elle s’exposerait à léser les intérêts des héritiers naturels, s’il en existe, en autorisant, sans information préalable, la vente de l’inscription dont il s’agit. Décide qu’avant de statuer les sieur et dame Cuvier seront tenus de faire établir par un certificat en bonne forme du maire de la commune qu’ils habitent si Antoine Cuvier, leur fils tué en juillet 1830, a laissé ou non des enfants, des frères ou sœurs, que cette décision sera communiquée au fondé de pouvoirs pour qu’il ait à réclamer le certificat dont il est question et à le produire, s’il y a lieu, à la Commission. » Il y a aussi des ascendants Cuvier in Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat des secours accordés pour le mois d’octobre 1831 sur le fonds de 2764,50 francs mis à la disposition de M. le maire le 28 septembre aux veuves, blessés, orphelins, ascendants, qui reçoivent un secours de cinquante francs en octobre 1831 de la marie du (ancien) Ier arrondissement… et aussi dans Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831. Le père s’appelait Cuvier, Guillaume.