Cuvillon, Jean-Baptiste, Philémon

Biographie


Né le 28 mai 1805 à Dunkerque (Nord). Bachelier ès lettres et ès sciences, étudiant en médecine, chirurgien attaché à l’hôpital de la Pitié. Il adressait, le 8 septembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Je partis le 27, sous le commandement de M. Maës (voir Maës, Nicolas, Joseph), comme simple volontaire et me trouvai jusqu’au 28 dans la nuit partout où les dangers les plus éminents pouvaient satisfaire le courage du chef sous les ordres de qui je m’étais rangé, ce qui est constaté par un certificat de ce commandant, en date du 7 de ce mois. Le 29, je vis de nouveaux dangers, qui n’étaient pas moins glorieux et aussitôt je me joignis à quelques hommes que commandait le lieutenant Duruy. Nous nous emparâmes du poste de Sainte-Pélagie. A peine l’occupions-nous que les détenus pour vol et autre faits de cette nature se révoltèrent. Quoiqu’en fort petit nombre, nous employâmes la force pour réprimer cette révolte, qui fut dès lors entièrement dissipée. Je restai à ce poste pendant soixante heures et ne demandai de permission de m’absenter que pour le temps absolument nécessaire au pansement des malheureuses victimes de la cause sacrée, ce qu’affirme un certificat du lieutenant Duruy, en date du 22 août. A peine avais-je pris quelques heures de repos que le lieutenant Duruy vint me demander pour le suivre au poste de la poudrière, et qui n’était plus gardé que par quelques hommes. Aussitôt je le suivis et restai à ce poste trente heures. M. Chaumont, élève de l’Ecole polytechnique, commandant en chef de ce poste, a bien voulu mettre dans son rapport du 1erau 2 août une note particulière sur le zèle et l’activité que j’ai déployés dans son service, comme le dit ce même certificat du lieutenant Duruy en date du 22. Le lendemain 3 août, vers les 2 heures de l’après-midi, M. Maës, commandant, me dit que je pouvais encore être utile à la nation en formant une ambulance et en me dirigeant sur Rambouillet. Aussitôt je me joignis à M. de Sainte-Marie, médecin. Après nous être procuré tout ce qui pouvait compléter une ambulance, nous fûmes suivis de plusieurs chirurgiens de nos amis et nous eûmes la douleur de devoir exercer notre art sur un assez grand nombre de malheureux blessés par imprudence. Ce qu’atteste notre rapport du4 août adressé au général Lafayette. » Maës, Nicolas, Joseph, chef du 4e bataillon de la XIIe légion, écrivit sur sa lettre l’apostille suivante : « Le zèle, le courage et le patriotisme dont M. Cuvillon a donné les preuves les plus éclatantes me semblent mériter toute la bienveillance de messieurs les membres de la Commission. » Agiot, F., celle-ci : « Lorsque j’ai repris le commandement de la XIIe légion, les personnes qui se sont le plus signalées dans les mémorables journées m’ont tellement parlé de la belle conduite qui y a eu M. Cuvillon que je regarde comme un devoir de le recommander vivement à la justice de la commission. » Duruy, Marie, Charles, capitaine des voltigeurs du 4e bataillon de la XIIe légion, celle-ci : « La conduite de M. Cuvillon, dont j’ai été témoin oculaire, mérite les plus grands éloges. Je me plais à lui rendre cette justice qu’il s’est toujours montré un des plus zélés pour la cause nationale. » Laugier, Adolphe (voir ce nom), lieutenant de voltigeurs au 4e bataillon de la XIIe légion, celle-ci :« Les opinions que M. Cuvillon a toujours hautement professées, la manière dont il s’est conduit dans les glorieuses journées de Juillet détermineront sans doute la Commission à accueillir sa demande. C’est comme garant et témoin que je me fais un plaisir de lui rendre justice dans cette circonstance. » Velpeau, chirurgien à l’hôpital de la Pitié, attestait qu’il avait les connaissances médicales pour être capable d’occuper la place qu’il sollicitait. Lisfranc, chirurgien en chef à l’hôpital de la Pitié, lui délivra, le 7 septembre 1830, un certificat comme quoi il était « attaché au service de notre hôpital depuis deux ans ; que ce jeune chirurgien très distingué y a rempli ses fonctions avec un zèle et une intelligence dignes des plus grands éloges, qu’enfin il est très capable sous tous les rapports d’occuper une place de chirurgien-major dans l’armée ». Maës (voir plus haut) lui délivra, le 7 septembre 1830, en outre le certificat suivant : « Je, soussigné, commandant du 4e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale, certifie que M. Cuvillon, chirurgien attaché à l’hôpital de la Pitié, s’est trouvé les 27 et 28 juillet dernier, constamment à mes côtés, que les jours suivants je l’ai trouvé sous les ordres de M. le lieutenant Duruy, et que le courage et le patriotisme dont il a donné des preuves non équivoques méritent de ma part les plus grands éloges, qu’enfin il a fait partie de l’ambulance que j’ai dirigée sur Rambouillet le 3 août. » Duruy (voir plus haut) lui délivra, le 22 août 1830,aussi le certificat suivant : « Je, soussigné, lieutenant dans la XIIe légion de la garde nationale, commandant le poste de Sainte-Pélagie, certifie que […] Cuvillon, chirurgien attaché à l’hôpital de la Pitié, a été un des premiers à s’emparer des postes de Sainte-Pélagie et à repousser par la force la révolte exercée par les détenus pour vols et autres faits de cette nature, quoique dans ce moment nous ne fussions que très peu d’hommes à ce poste ; qu’enfin pendant les soixante heures que j’ai commandé, M. Cuvillon ne m’a demandé permission de s’absenter que pour le temps absolument nécessaire pour aller panser les malheureuses victimes de la cause nationale. Je certifie de plus que c’est ce même M. Cuvillon de qui M. Chaumont, élève de l’Ecole polytechnique, a parlé dans son rapport du 1er au 2,puisque ce jeune homme, après avoir été relevé de Sainte-Pélagie, a été faire le service au poste de la Poudrière, où je commandais, conjointement avec le susdit élève et où il est resté trente heures. » Cuvillon sollicita une place d’adjudant-major attaché à un corps de cavalerie ou, en cas de non vacance, dans un régiment d’infanterie ou à défaut de sous-aide major dans l’hôpital militaire du Val-de-Grâce. Il fut nommé, par arrêté du ministre de la Guerre, en date du 21 janvier 1831 (mais du 12 mai 1831 in Archives nationales F/1dIII/33), sous-aide chirurgien major (sans doute parce qu’un règlement fixait à vingt-trois ans l’âge limite pour être admis comme officier de santé militaire et ne lui laissait en conséquence que la possibilité de cette nomination-ci) sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté à Lille. Il avait reçu trois cents francs comme secours et avance sur son indemnité de première mise, le 31 mai 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il demeurait 18, rue Copeau en 1830. Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le numéro 557) ; Archives de Paris VK3 12 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, ministère de la Guerre, emplois d’officiers de santé, d’officiers d’administration des hôpitaux militaires de chirurgiens et d’officiers dans le bataillon d’ouvriers ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement.

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