Cyr, Claude, Fèvre
Biographie
Né vers 1796 à Prancey près de Langres (Haute-Marne). Commis marchand de vin. Il adressa, trop tard, à la Commission des récompenses nationales, la lettre suivante qui reprenait le détail de sa participation aux combats de Juillet. Cette lettre était ainsi rédigée : « Le 27 juillet, indigné des scènes qui commençaient à désoler la capitale, il fit tous ses efforts pour inspirer aux troupes l’horreur de leur situation. Il faillit devenir victime de son zèle ardent pour l’humanité. Le 28, quoique non armé, il sut par un courage soutenu délivrer un prisonnier que les soldats du despotisme entraînaient, peut-être à la mort. Le 29, il assista au désarmement de la gendarmerie d’élite et partit de là en armes pour l’attaque de la caserne de Babylone, sur les ordres de monsieur Ferdinand Jaubert (voir Jaubert, Pierre, Maurice, Ferdinand), élève de l’Ecole polytechnique, qui s’est empressé de rendre un témoignage honorable de la belle conduite tenue par l’exposant dans cette circonstance difficile », récapitulait-il en 1831, quand il sollicita un emploi de percepteur, de préférence en Haute-Marne. Ses demandes étaient tardives, obligé qu’il avait été, pour affaires de famille, de quitter Paris sitôt après la révolution. Il joignait quatre pièces à sa lettre. Il n’obtint qu’une réponse négative et réclama alors le retour des pièces qu’il avait fait parvenir. Il pensait, écrivait-il, avoir mérité au moins « autant que les gens bons à tout hors le bien, et ceux qui ne sont point sortis de chez eux et même ceux qui se trouvaient à cent lieues de Paris au moment de la révolution ». Il lui fut répondu, par une circulaire, que sa demande était présentée trop tardivement et que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement) de la rue Bourg-Labbé. Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Cyr, Claude, Fèvre s’est distingué dans les jours de juillet et qu’au pont Notre-Dame, le 28, il s’est exposé, quoique sans arme, à libérer un héros de Juillet qui était conduit à la préfecture de police par quatre soldats. » Signé, le 24 avril 1831 : Roumier, Baptiste (voir ce nom). Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Besnoin, marchand de vin rue de Grenelle-Saint-Germain, certifie que le nommé Cyr, Claude, Fèvre, ci-devant commis marchand de vin, demeurant chez moi un peu avant et depuis les événements de juillet dernier, étant sans emploi, que pendant les trois journées de Juillet, les 27, 28 et 29, il a constamment combattu pour la liberté et qu’entre autres il s’est distingué à la prise de la caserne de Babylone, où il n’a pas peu contribué à l’expulsion des Suisses de cette caserne, à la prise de laquelle j’ai assisté moi-même et qu’il a même reçu des louanges d’un élève de l’Ecole polytechnique. » Signé, le 23 février 1831 : Besnoin, marchand de vin, demeurant 97, rue de Grenelle-Saint-Germain. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste que M. s’est trouvé en divers endroits avec moi, le 29 juillet, et que notamment il a pris une part active à la prise de la caserne de Babylone. » Signé, le 6 avril 1831 : Jaubert, Ferdinand, ancien élève de l’Ecole polytechnique, sous-lieutenant du génie. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné certifie que le nommé Cyr, Claude Fèvre s’est présenté spontanément pour faire conjointement avec nous le service de garde national, décision extrêmement nécessaire, depuis y compris le 29 juillet jusqu’à l’organisation de cette garde citoyenne. L’amour de l’ordre et de la tranquillité publique sont les seuls mobiles qui l’ont porté à faire ce service, dont pour ma part je lui ai su bon gré. C’est pour quoi je lui donne ce présent pour lui servir au besoin. » Signé, le 1er mars 1831 : Anchier, sergent à la 1re compagnie du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale. Il demeurait 10, rue de Grenelle au Gros-Caillou (mais aussi 97, rue de Grenelle sur un courrier qui lui est envoyé ; 97, rue de Grenelle-Saint-Germain in Archives nationales F/1dIII/55) en 1831. Archives nationales F/1dIII/55 (sous le nom de Fèvre dit Claude) ; Archives de la préfecture de police AA 381.