D’Herbelot, Antoine, Léon

Biographie


Né le 25 janvier 1797 à Paris, fils de D’Herbelot, Léon, avocat au Parlement de Paris, et de Sainte-Marthe, Genviève, Josèphe. Dans l’exposé que fit Renouard, Augustin, Charles de la part qu’il avait prise à la révolution de Juillet, il laissait des indications sur la part que prit D’Herbelot à la révolution : « Dès le matin [29 juillet, N.D.A], je suis convenu avec plusieurs citoyens de mon quartier de faire afficher pour midi une convocation générale à la mairie. Jusqu’à midi, j’ai parcouru d’autres quartiers de la capitale, en lisant à haute voix dans les rues une semblable invitation. Parmi les nombreux témoins de ce fait, je me rappelle notamment M. Darmaing, rédacteur de la Gazette des tribunaux. A midi, j’étais à la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Invité à donner mon avis sur les personnes qui pourraient être désignées pour former une municipalité provisoire, j’ai indiqué mon nom le premier. On s’est formé en assemblée pour procéder à l’élection et j’ai présidé. L’assemblée était fort nombreuse. Cinq personnes ont été désignées, parmi celles qui étaient présentes, pour former la commission avec dix autres de leur choix. Les quatre personnes désignées avec moi ont été MM. Népomucène Lemercier (voir ce nom), Victor Cousin (voir ce nom), D’Herbelot et Peyre (voir Peyre, Antoine, Marie). Lorsque notre commission a été complète, elle a nommé pour son président M. Lermercier et pour son secrétaire M. Cousin. La décoration de Juillet a été décernée à notre excellent président, M. Lemercier. Je crois que la médaille pourrait être accordée avec justice à MM. Cousin, D’Herbelot, Peyre et à moi-même, ainsi qu’aux dix personnes qui, en formant avec nous la commission, ont pris la responsabilité des mêmes actes. J’ajouterai le nom de M. Sirey, avocat à la Cour de cassation, qui, une heure après la formation de la commission, lui a adressé un billet de mille francs et s’est trouvé placé à la tête de la souscription que nous avons recueillie. » Le Journal des débats, en date du 30 juillet 1830, rapporta ainsi les mêmes circonstances : « Un grand nombre de citoyens du (ancien) XIe arrondissement municipal, réunis à la mairie de cet arrondissement, ont élu membres du bureau municipal provisoire, MM. Népomucène Lemercier, de l’Académie française, président ; Victor Cousin, professeur de la faculté des lettres, secrétaire ; Renouard d’Herbelot, avocat ; Paul Royer-Collard, professeur à la faculté de droit ; Ch. Durozoir, professeur suppléant à la faculté lettres ; Peyre, architecte ; Andral, professeur à la faculté de médecine ; Fonfancy, avocat ; Gustave Drouineau, homme de lettres. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Lamarque, Constant, dans l’exposé qu’il fit auprès de la Commission des récompenses nationales pour faire valoir ses droits à une décoration relatait au sujet de D’Herbelot, en le proposant de sa conduite : « N’est-il pas vrai qu’il m’a rencontré le 27 au milieu des officiers qui étaient sur le Pont-Neuf ? Qu’il leur a parlé avec moi dans le but de les détourner de tirer sur le peuple ? M. D’Herbelot, revenait de la campagne avec un de ses amis, ils me laissèrent au milieu du groupe. » L Bénezi, Ch., dans un certificat qu’il signa, le 13 août 1830, en faveur de Leroy, Jean-François, donnait quelques indications au sujet de D’Herbelot : « Je, soussigné, avoué à la cour royale de Paris, chargé temporairement par M. le commandant d’Herbelot du soin de relever les postes du (ancien) XIe arrondissement, certifie que les faits rapportés dans la présente pétition et relatifs au service fait par M. Leroy à la mairie les 30 et 31 juillet dernier sont de doute exactitude […]. » Il signa le certificat suivant en faveur de Rousseau, Jacques, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie que M. Rousseau, sergent de grenadiers à mon bataillon, était en armes sous mes ordres le 28 juillet (mercredi). » Il apostilla ainsi la demande présentée, en juillet 1831, par Jonasse, pour obtenir une distinction honorifique en raison de la participation qu’il avait prise à la protection du poste de la place Saint-Michel à partir du moment où ce dernier fut attaqué : « Je certifie qu’il est à ma connaissance que le sieur Jonas (sic), ancien grenadier de ma compagnie, est un des citoyens zélés qui dans les journées de Juillet ont pris du service dans la garde nationale et qu’il a toujours montré beaucoup de dévouement. » La demande présentée par Jonasse faisait aussi mention de D’Herbelot. Elle était ainsi rédigée : « Au moment que ce poste fut attaqué, il n’a pas quitté son domicile, qu’il a été obligé, à l’aide de ses voisins, de déménager tout son mobilier pour sauver ledit poste ; que, tout armé et équipé, il s’est mis le premier en faction et, par ce moyen, il a préservé ce poste d’être brûlé ; qu’ensuite il a cédé sa boutique pour en faire un magasin à poudre dont il a été le magasinier pendant huit jours consécutifs ; qu’il a fait faire à ses propres frais des cartouches, qu’il a lui-même distribuées aux chefs de poste qui lui étaient connus et aux zélés défenseurs de la liberté en péril ainsi qu’aux détachements des banlieues conduits par leurs chefs, telles que Sceaux, Bourg-la-Reine, Arcueil et autres ; qu’après cela, il a remis le reste de barriques de poudre, plomb et paquets de cartouches à la mairie du XIe arrondissement, qui est celle de son domicile, et dont il a un reçu de M. d’Herbelot alors chef provisoire dudit arrondissement et son capitaine. » En 1831, il était juge d’instruction à Paris. Il épousa le 8 mai 1833 Labbé, Louise, Marie-Charlotte. née le 8 avril 1813. Il demeurait 8, rue de l’Observance en 1830 (4, rue de lObservance en 1831, sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et aussi in VD6 633 n° 1 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; mais 8, rue de lObservance in Archives de Paris VD6 633 n° 1 in dossier Lamarque, Constant) ; 24, rue de l’Odéon en 1838. Le Journal des débats, 30 juillet 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 in dossier Renouard, Augustin, Charles ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, convocations des décorés à la mairie, idem dossier Lamarque, Constant ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Leroy, Jean-François ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jonasse ; Archives nationales F/1dIII/65 in dossier Martinet, Jacques, dit Antoine (où il légalise les signatures de Courcier, Amédée, Toussaint ; Almanach royal et national pour lan 1838 présenté à Sa Majesté et aux princes et princesses de la famille royale, Paris, chez Guyot et Scribe, 37, rue Neuve-des-Petits-Champs, 1838, p. 811 ; Archives de la préfecture de police AA 412 in dossier Rousseau, Jacques. Internet : conseiller à la cour impériale en 1854, décédé le 21 janvier 1866. Est-celui qui, in Archives de la préfecture de police AA 379 in dossier Clouqueur, Jean-Pierre, apostille, le 16 août 1830, en tant que membre de la commission municipale et commandant provisoire de la XIe légion comme exacts les faits rapportés par Courcier, Amédée, Toussaint (voir ce nom), dans le certificat que ce dernier rédigea en faveur de Clouqueur et ainsi rédigé : « Je, soussigné, adjudant-major provisoire de la XIe légion, nommé le 30 juillet dernier par la Commission municipale du (ancien) XIe arrondissement, certifie, comme chef du poste de la mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris dans les journées des 29 et 30 juillet dernier, que le même jour, 29 juillet au matin, M. Clouqueur, caporal de grenadiers de lancienne XIe légion, demeurant rue du Cherche-Midi, n° 23, revêtu de son uniforme, fut élu par les citoyens chef du poste de la caserne de gendarmerie, rue de Tournon, au moment où cette caserne venait de faire sa soumission ; quil y organisa immédiatement un service régulier dans lintérêt de lordre et de la liberté ; quil y fit arborer le drapeau tricolore ; que pendant toute cette journée, bien que blessé au pied, il remplit avec un zèle, un courage et une prudence dignes des plus grands éloges les fonctions difficiles qui lui avaient été confiées dans ce poste important, non seulement par sa position relativement aux événements mais aussi parce quil renfermait encore un nombre considérable de gendarmes et de chevaux, des armes, des munitions, etc. Enfin, ce ne fut quà la nuit que je pus lui adjoindre un sergent, avec lequel il partagea le commandement jusquau lendemain 30, à 4 heures de laprès-midi, que le poste fut relevé. »

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