D’Hostel, Louis, Antoine, Gaston

Biographie


Elève de l’Ecole polytechnique. Il soutint, le 28 juillet, quai de la Cité, face à la place de Grève, à côté de ses amis, Boulin, Beauperthuis et Germain, une vive fusillade de la part des suisses postés aux fenêtres de l’Hôtel de Ville. Selon le rapport que fit, en date du 15 février 1831, Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), autre élève de la même Ecole et choisi pour établir les droits de chacun des élèves à une récompense honorifique, en fonction de la part prise aux combats de Juillet, et cette part prise en uniforme ou en habits bourgeois, il était du nombre de ceux dont Lannoy disait qu’ils « ont pris en uniforme une part extrêmement active aux journées de Juillet mais sans combattre, soit en gardant des postes éloignés, allant chercher de la poudre et me paraissant avoir mérité la médaille ». Alexandre Dumas fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet. Il en laissa un récit impartial et bien renseigné. Nous empruntons à ses Mémoires, son témoignage concernant D’Hostel et relatif à la prise de la caserne de l’Estrapade, le 29 juillet : « Cette nouvelle troupe était commandée par un autre élève de l’Ecole polytechnique nommé d’Hostel.

La répartition faite, on se demanda de nouveau où l’on allait.

– A l’Estrapade ! cria une voix.

– A l’Estrapade ! répétèrent toutes les voix.

Et l’on se précipita vers l’Estrapade.

Nos lecteurs de Paris connaissent la situation de la caserne de l’Estrapade ; on y arrive par une rue étroite et facile à défendre.

On était quatre cents, à peu près. C’était assez, en pareille circonstance, pour attaquer Metz, Valenciennes ou le Mont-Saint-Michel ; mais on s’était si bien trouvé de la négociation de la place du Panthéon, que l’on résolut d’essayer du même moyen rue de l’Estrapade.

Cette fois, ce fut d’Hostel qui se proposa pour négociateur ; il avait, disait-il, des intelligences dans la place. Il s’avança avec un mouchoir à la main, laissant son fusil à l’un de ses hommes.

On parlementait de la rue au premier étage ; c’était bien haut pour s’entendre. D’Hostel résolut de franchir la distance qui le séparait de ses interlocuteurs : tout à coup, on le vit grimper contre la muraille... Comment ?... C’était un miracle pour ceux qui l’avaient vu opérer cette ascension !

D’Hostel était, au reste, un homme très adroit, et très renommé à l’Ecole pour sa gymnastique. En un instant, il eut atteint une des fenêtres du premier ; on l’enleva par-dessous les bras, et il se trouva dans la caserne, où il s’engouffra comme ces diables qui passent au théâtre à travers des trappes anglais.

Dix minutes après, il reparut, vêtu de l’habit et coiffé du bonnet à poil de l’officier, tandis que l’officier, en élève de l’Ecole polytechnique, et le chapeau à trois cornes à la main, saluait le peuple.

Le tour était fait !

La place éclata en vivats et en applaudissements.

Les soldats abandonnaient la caserne et donnaient cent fusils.

C’était à faire, de Charras et de d’Hostel, deux ambassadeurs, l’un à Londres, l’autre à Saint-Pétersbourg !

Malheureusement, le fait ne fut pas connu du gouvernement, ou fut mal apprécié par lui, et il envoya dans ces deux villes M. le prince de Talleyrand et M. le maréchal Maison, qui n’y firent que des sottises.
C’était tout orgueilleux de ce double triomphe que Charras et d’Hostel arrivaient sur la place de l’Odéon.
Une chose que je remarquai, c’est la facilité avec laquelle, en temps de révolution, les tambours se multiplient : ils suintent des murs, ils sortent des pavés : Charras et d’Hostel avaient une quinzaine de tambours à eux deux. » Dumas cite aussi le nom de D’Hostel parmi ceux des combattants qui ont le plus contribué à la victoire de Juillet : « Ceux qui ont fait la révolution de 1830, ce sont ceux que j’ai vus à l’œuvre, et qui m’y ont vu ; ceux qui entraient au Louvre et aux Tuileries par les grilles rompues et les fenêtres brisées ; c’est, hélas ! – qu’on nous pardonne cette funèbre exclamation, la plupart d’entre eux sont morts, prisonniers, exilés aujourd’hui ! – c’est Godefroy Cavaignac, c’est Baude, c’est Degousée, c’est Higonnet, c’est Grouvelle, c’est Coste, Guinard, Charras, Etienne Arago, Lothon, Millotte, d’Hostel, Chalas, Gauja, Baduel, Bixio, Goudchaux, Bastide, les trois frères Lebon – Olympiade, Charles et Napoléon, le premier tué, les deux autres blessés à l’attaque du Louvre –, Joubert, Charles Teste, Taschereau, Béranger... Je demande pardon à ceux que je ne nomme pas et que j’oublie ; je demande pardon aussi à quelques-uns de ceux que je nomme, et qui aimeraient peut-être autant ne pas être nommés. Ceux qui ont fait la révolution de 1830 c’est cette jeunesse ardente du prolétariat héroïque qui allume l’incendie, il est vrai, mais qui l’éteint avec son sang ; ce sont ces hommes du peuple qu’on écarte quand l’œuvre est achevée, et qui, mourant de faim, après avoir monté la garde à la porte du Trésor, se haussent sur leurs pieds nus pour voir, de la rue, les convives parasites du pouvoir, admis, à leur détriment, à la curée des charges, au festin des places, au partage des honneurs. » Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique ; Archives nationales F/1dIII/46 dossier Boulin. Les prénoms viennent dinternet ; il y a beaucoup de sources sur internet…

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