Dangers, Jean, François
Biographie
Né le 4 février 1786 à Paris. Ancien militaire, devenu vidangeur (sous-officier sédentaire in Archives de Paris VD6 288 n° 7). Il fut blessé d’un coup de feu reçu au bras et à l’épaule droits, le 28 juillet. Marié et père de quatre enfants, il reçut un secours de cent quarante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il fut soigné à la maison de santé Dubois, dans la rue du Faubourg-Saint-Denis, à partir du 30 juillet et y séjournait encore au 6 août. Soigné à la Maison de convalescence de Saint-Cloud, il sollicita, en octobre 1830, un secours afin de pouvoir payer ses deux termes d’arriéré de loyer. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Lefranc, Jean, Gabriel, Germain, menuisier, demeurant 27, rue de la Cossonnerie ; Denis, Jean, Gabriel, serrurier, demeurant 27, rue de la Cossonnerie ; Deneuville, François, Adrien (voir ce nom), coiffeur, demeurant 28, rue de la Cossonnerie. Ils attestèrent parfaitement connaître Dangers, Jean, François « et savoir également que ledit Dangers a été blessé le 28 juillet dernier en combattant pour la liberté, au bras droit par une balle qui lui a traversé les parties molles et a nécessité de larges incisions ; que par suite de cette blessure, ledit Dangers a été constitué dans l’impossibilité de reprendre son état de vidangeur et qu’il a dû chercher un autre moyen d’existence, celui de se faire admettre dans une compagnie de vétérans ». De la même manière, le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Lefranc, Jean, Gabriel, Germain, menuisier, demeurant 27, rue de la Cossonnerie ; Denis, Jean, Gabriel, serrurier, demeurant 27, rue de la Cossonnerie ; Deneuville, François, Adrien (voir ce nom), coiffeur, demeurant 28, rue de la Cossonnerie. Ils attestèrent bien connaître Dangers, Jean, François « et ils ont attesté que, marié, père d’un enfant, ledit sieur Dangers, blessé grièvement dans la journée du 28 juillet dernier, n’a d’autres ressources pour soutenir son existence et celle de sa famille que le produit de sa solde comme caporal de la 2e compagnie des vétérans ». Il reçut, comme blessé, quatre cent quarante-neuf francs de secours auprès de la mairie de cet arrondissement. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Danger, Jean-François sur les listes du Moniteur universel). Lapotaire, Etienne adressa, le 10 mai 1831, la réclamation suivante au roi, concernant Danger, décoré de la croix de Juillet et demeurant dans le (ancien) IVe arrondissement : « Je vous prie de bien vouloir avoir égard à ma réclamation et de bien vouloir me rendre justice. M. Delannoy a été mis en erreur par une demande de M. Danger, qui avait marqué sur sa demande qu’il avait arboré un drapeau tricolore sur la place des Innocents. Le fait est faux. Je fis paraître M. Danger devant M. Delannoy, où il a déclaré qu’il ne l’avait pas fait et que si on l’avait mis sur sa demande, qu’il n’en savait rien. Il n’en n’est pas moins vrai que le sieur Danger est marqué pour la croix. Je peux certifier que c’est moi qui l’a planté le 28 juillet à midi et demi et remplacé le 10 août et le 3 janvier 1831. Le 28 juillet, après avoir combattu pendant quatre heures sur la place des Innocents, je suis allé avec mes camarades rue Saint-Honoré au coin de la rue du Roule, où nous avons combattu contre le 13e de ligne. Le 29, depuis 5 heures du matin jusqu’à 9 heures, où je fus blessé à la prise du Louvre et de là transporté chez moi. Le commis de M. Delannoy m’a dit que c’est trop tard et que le travail était fini. Mes concitoyens m’ont conseillé de m’adresser à vous, en me disant qu’il n’était jamais trop tard pour rendre justice. » Sa demande était apostillée des signatures de : Guerlin, lieutenant à la 3e compagnie du 1er bataillon de la IVe légion de la garde nationale ; Maillard, marchand de vin, demeurant 2... sans doute dans le (ancien) IVe arrondissement, quartier des Marchés selon l’attestation de signature du commissaire de police. Admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, il reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il prêta, par procuration, son serment de décoré de la croix de Juillet, le 1er août 1831 à la mairie du IVe arrondissement, et reçut sa croix et son brevet le 27 août 1831. Soigné lui-même par le docteur Fischer, il signa, avec de très nombreux autres blessés, la lettre adressée au roi par Dégenetais, pharmacien qui avait ouvert l’ambulance de la rue des Pyramides, en faveur de Fischer, Antoney, Lax, qui avait donné ses soins dans cette même ambulance. Il signa, le 14 octobre 1830 et avec d’autres blessés depuis la maison de convalescence de Saint-Cloud, où ils séjournaient, le certificat suivant en faveur de Goldstein, Albert : « Nous, soussignés, avons l’honneur de recommander à la bienveillante justice de la Commission des récompenses nationales le sieur Goldstein, Albert, qui non seulement a donné des preuves de son patriotisme pendant la révolution mais encore nous a rendu au Constitutionnel des services pour lesquels nous sommes heureux de pouvoir en cette occasion lui donner un témoignage de notre reconnaissance. » Il toucha cinquante francs de gratification, en 1831, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il apostilla le récit que fit Charbonnier, Nicolas, de sa participation aux combats. Ne pouvant, à cause de sa blessure, reprendre son travail, il se fit admettre, sur proposition de la Commission des récompenses nationales, le 12 avril 1831, à la 1re compagnie de vétérans de l’armée à Vincennes. Sous-officier, affecté à la compagnie sédentaire de l’île d’Hyères, éloigné de Paris en 1831, il demanda qu’on lui fît parvenir sa croix de Juillet. Il reçut un secours de quarante francs en 1849 et de cinquante francs en 1850, à titre de décoré de la croix de Juillet. Il s’était marié le 5 octobre 1816 à Jacob, Marie, Madeleine, née le 7 mai 1774 à Versailles (Seine-et-Oise), marchande sur éventaire, et était le père de quatre enfants, dont Eugénie, Gabrielle, née le 20 janvier 1820 à Paris. Sa femme était inscrite sur le livre des pauvres du IVe arrondissement en avril 1831. Il demeurait 206, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1817 ; 15, rue de la Corderie en 1830-1831 (15, rue de la Cordonnerie deux fois in Archives nationales F/1dIII/33, in Archives de Paris V.D4 13, in Archives de Paris VD6 288 n° 7 et in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 et surtout dans l’apostille qu’il signe in Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Fischer, Antoney, Lax et aussi deux fois in Archives nationales F/1dIII/38 A) ; à Vincennes en 1831 (mais une fois 4, rue Royale-Saint-Martin et une fois à Vincennes in Archives nationales F/1dIII/35 A) ; barrière de Clichy à une date indéterminée sans doute vers 1849 ; 2, grand-rue aux Batignolles, chez Mme Regnault, en 1850. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 18 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 19 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 73 ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la croix de Juillet, 1831, VD 4 13 pièce 3607 : Maison des blessés établie à Saint-Cloud, état nominatif des convalescents qui déclarent avoir besoin de secours pour le paiement de leur loyer ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Fischer, Antoney, Lax ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Etat nominatif des militaires décorés de la croix spéciale ou de la médaille, inscrits sur les listes du (ancien) IVe arrondissement de Paris ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Liste des militaires, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Charbonnier, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Lapotaire, Etienne ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Mauroy ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 2e catégorie de la 2e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 (sous le nom de Danger, Jean-François), idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109 (sous le nom de Dangers, Jean-François), idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de Dangers, Jean-François) ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Goldstein, Albert.