Danjou, Thomas
Biographie
Né le 15 frimaire an X ou le 19 germinal an XI (bien le 19 germinal an XI dans un acte de naissance et le 15 frimaire an X dans un autre acte de naissance...) à Champ-de-Bout (Calvados), fils de Danjou, Pierre et de Eudeline, Marie, Françoise, son épouse. Brocanteur. Il fut tué, le 29 juillet, d’un coup de fusil, alors qu’il se trouvait à la croisée de la fenêtre de son voisin, Pruvot, au 3e étage du 36, rue Saint-Antoine. Son corps fut déposé dans la cour de la mairie, rue Geoffroy-Lasnier, avec d’autres dépouilles qui y étaient déjà. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 3 août 1830, sur le registre du commissariat du quartier de l’Hôtel de ville, fut inscrite la déclaration suivante : « Les déclarations du sieur Pruvot, Jean, Philippe, Alexandre (sic) (voir ce nom), commissionnaire, demeurant rue Geoffroy-Lasnier n° 31, et Pruvot, Marie (voir Quetier, Pauline, Isabelle, dont il est le mari), aussi commissionnaire, demeurant rue Saint-Antoine n° 36, au 3e étage sur le devant, portant que le 28 juillet précédent le sieur Danjou, Thomas, âgé de vingt-sept, natif de Champ-de-Bout, département du Calvados, demeurant dite rue Saint-Antoine n° 36, au 3e étage sur le derrière, de son vivant exerçant l’état de brocanteur, a été tué par une balle qui lui a traversé la tête au moment où, se trouvant avec lesdits sieurs Pruvot dans la chambre au 3e étage sur le devant rue Saint-Antoine, il venait de mettre la tête à la croisée ; que ledit Danjou tomba sur le coup sans proférer une seule parole. Que les déclarants n’ayant pas cru devoir conserver dans cette chambre le cadavre dudit Thomas Danjou, ils l’avaient transporté eux-mêmes à la mairie du (ancien) IXe arrondissement, à l’effet d’être inhumé avec d’autres cadavres qui y avaient été portés. » Le 17 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Pruvost, Marie, Ca...tan illisible (voir Quetier, Pauline, Isabelle, dont il est le mari ; il signe Pruvot), demeurant 36, rue Saint-Antoine ; Pruvost, Jean, Philippe, Alexandre (voir ce nom ; il signe Pruvot), demeurant 36, rue Saint-Antoine ; Allier, Claude, horloger, principal locataire, demeurant 36, rue Saint-Antoine ; Vilmard, Marie, Anne, Pierrette, marchande d’huîtres, demeurant 36, rue Geoffroy-Lasnier. Ils attestèrent avoir bien connu Danjou, Thomas et l’attestation suivante fut rédigée : « Les deux frères Pruvost nous ont déclaré que le mercredi 28 juillet dernier, sur les midi, lors du premier engagement qui a eu lieu dans la rue Saint-Antoine entre la troupe et les citoyens ledit sieur Danjou vint dans la chambre de l’un d’eux, Marie, Ca...tan illisible Pruvost, qu’il se mit à la croisée qui donnait sur la rue au 3e étage, qu’une balle lancée de la rue par un coup de feu l’atteignit à la tête et lui donna la mort sur-le-champ ; qu’ils l’ont pris à bras le corps et qu’aidé de quelques autres citoyens ils l’ont transporté dans la cour de la mairie, rue Geoffroy-Lasnier, où ils l’ont placé parmi d’autres morts qui y étaient déjà. Et ledit Allier, principal locataire de cette maison, nous a dit qu’ayant été averti de l’accident qui venait de donner la mort audit sieur Danjou dans la chambre du nommé Pruvost, et consulté en sa dite qualité sur le parti et les formalités à prendre pour l’enlèvement du corps, il avait donné le conseil qu’on le transportât à la mairie pour qu’il fût pourvu à son inhumation comme à celui des autres personnes qui y étaient déjà, ce qui a été fait en sa présence. Et par la demoiselle Vilmard a été déclaré qu’environ sur les midi étant stationnée à sa place rue Saint-Antoine, elle a vu un cadavre qu’on descendait de la maison rue Saint-Antoine n° 36, qu’on lui a dit que c’était celui du sieur Danjou, qui avait été tué dans la chambre du sieur Pruvost par une balle qui avait été lancée et qu’elle a vu porter le corps à la mairie. » Il laissait une mère, Eudeline, Marie, Françoise, veuve Danjou, née le 5 novembre 1763 (mais le 20 novembre 1763 dans son acte de naissance ; par erreur le 5 novembre 1753 in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet) à Champ-de-Bout, fille de Eudeline, Thomas et de Cotelle, Marie, Anne, son épouse. Elle était sans moyen d’existence et infirme ; le maire de la commune de Champ-de-Bout lui délivra le certificat suivant en date du 17 mars 1831 : « […] Certifions à tous ceux qu’il appartiendra que Marie, Françoise Eudeline, veuve de Pierre Danjou et mère de feu Thomas Danjou, est toujours malade, vu ses infirmités d’âge et le chagrin qu’elle a eu de la perte de son fils, qui lui procurait ses moyens d’existence ; étant sans fortune et âgée de soixante-huit ans, elle ne peut plus travailler et elle se trouve dans une triste position […]. » Elle pensionnée de trois cents francs et il lui fut accordée (sous le nom de Daujon, née Marie, Françoise Eudeline) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 8 février 1790 à Champ-de-Bout. Danjou, Pierre né le 14 octobre 1757 à Champ-de-Bout, fils de Danjou, Pierre et de Legoupil, Marie, brocanteur, mourut le 19 juillet 1829 à Champ-de-Bout. Danjou, Thomas demeurait au 36, rue Saint-Antoine au 3e étage côté cour ; sa mère, à Champ-de-Bout en 1831. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 53 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Enault ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, ascendants.