Dappe, Pierre, Théophile

Biographie


Né vers 1799. Maître blanchisseur à Sèvres. La commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise récapitulait ainsi sa participation et celle de Descoins, Louis, Antoine, Balthasar : « Le 29 juillet, ils ont pris part à Paris au mouvement contre la garde royale et les Suisses ; ils se sont d’abord portés avec les Parisiens à la caserne Babylone et ensuite à l’Ecole militaire. Revenus à Sèvres, ils y ont fait arborer les couleurs nationales. Le 4 août, ils sont arrivés les premiers, en éclaireurs, à Rambouillet. Là, ils ont été au-devant d’un détachement du 18e de chasseurs à cheval, venant de Maintenon, composé de quatorze hommes et d’un lieutenant, armés et équipés. Après les avoir reconnus, les sieur Dappe et Descoins les ont sommés de mettre bas les armes et de promettre, sur l’honneurs, qu’ils ne tireraient point sur le peuple. Le détachement a obtempéré à cette sommation et a fraternisé avec le peuple. » Plusieurs certificats étaient joints à sa demande. Le premier, dans une orthographe très défaillante rendant le texte presque incompréhensible : « Moi, Joseph Sausay, demeurant à Sèvres, rue Royale n° 53 bis, certifie avoir vu les sieurs Dappe, Théophile, Pierre et Descoins, Louis, Antoine, Balthasar (sic) tous deux, le 31 juillet 1830, le premier à la poursuite d’un détachement de lanciers qui s’était compromis dans ladite commune, tant en tirant sur la habitants que sur les Suisses et en sommant ces derniers pour défendre la couleur qui était en exécration à la nation. » Signé, le 7 décembre 1831 : Sausay. Le deuxième : « Moi, Galé, François (il signe pourtant Gallet), propriétaire à Sèvres, rue Royale n° 104, certifie avoir vu les sieurs Dappe, Théophile, Pierre et Descoins, Louis, Antoine, Balthasar (sic), tous deux habitants de ladite commune, le 29 juillet 1830, parvenir de Paris, les armes à la main et aux cris de Vive la charte et la liberté ! et porteurs des couleurs nationales, quoiqu’à cette époque Sèvres était encore occupée par les Suisses, les gardes royaux et plusieurs pièces d’artillerie. » Signé, le 7 décembre 1831 : Gallet. Le troisième, rédigé à la mairie de Rambouillet : « Le 17 juillet 1830 et à 2 heures de relevé, s’est présenté à la mairie de cette ville, devant nous, premier adjoint soussigné, M. Alexis Tirlet, garde à cheval des forêts de la couronne, résidant à la grille du parc du domaine de Rambouillet, dite de Guéville, sur la grande route de Paris à Chartres, lequel nous a attesté pour vérité que le 4 août 1830 vers 4 heures du matin il a vu deux personnes, qu’il reconnaît fort bien pour celles-ci ici présentes, Dappe, Pierre, Théophile, et Descoins, Louis, Antoine, Balthasar, toutes deux demeurant à Sèvres, lesquelles après s’être arrêtées à causer un instant avec lui ont été au-devant d’un détachement du 18e régiment de chasseurs à cheval, venant de Maintenon, au nombre de quatorze hommes, commandés par un lieutenant, équipés et armés ; que les sieurs Dappe et Descoins, après les avoir reconnus, les ont sommés de mettre bas les armes ou de prêter serment à la nation et de promettre sur l’honneur qu’ils ne tireraient point sur le peuple, à laquelle sommation, le commandant du détachement a obtempéré, en promettant de ne point porter les armes contre le peuple et que tout le détachement a fraternisé avec eux, aux acclamations de Vive la charte ! et Vive la liberté ! ; qu’après s’être reposés quelque temps et s’être très bien comporté à l’égard du comparant et de sa famille, les gardes nationaux susnommés ont continué leur route. » Signé : Tirlet. Le quatrième, ainsi rédigé : « Nous, premier adjoint, par l’empêchement de M. le maire de la ville de Rambouillet, certifions que le sieur Dappe, Pierre, Théophile, demeurant à Sèvres, est arrivé à Rambouillet le 4 août 1830, à 1 heure du matin ; qu’il faisait partie des cinq gardes nationaux de la colonne parisienne venus en éclaireurs et arrivés des premiers à Rambouillet, lesquels étaient porteurs d’un drapeau national aux trois couleurs ; qu’ils se sont très bien conduits et qu’on a eu qu’à se louer de lui pendant tout le temps qu’il a passé à Rambouillet. » Signé, le 17 juillet 1831 : Aubry, adjoint au maire de Rambouillet. Le cinquième, ainsi rédigé : « Le maire de Sèvres certifie que les sieurs Dappe, Pierre, Théophile, âgé de trente-deux ans et demi, et Descoins, Louis, Antoine, Balthasar, âgé de vingt-neuf ans et demi, tous deux maîtres blanchisseurs, demeurant à Sèvres, n° 53 de la rue Royale et qu’aucune plainte ni aucun rapport désavantageux ne lui est parvenu sur leur compte. » Signé, le 22 juillet 1831 : Collas, maire de Sèvres. Le sixième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie, moi Panis, propriétaire à Chaville, canton de Sèvres, avoir vu les sieurs Descoins, Louis, Antoine (sic) et Dappe, Théophile, Pierre, tous deux habitants de Sèvres, le jeudi 29 juillet 1830, rue Plumet, près la caserne de Babylone à Paris, à la suite de l’action arrivée dans ladite caserne. » Le septième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, lieutenant-général, grand officier de la Légion d’honneur, certifie que le 29 juillet 1830, j’ai rencontré à Bellevue, commune de Meudon, département de Seine-et-Oise, deux habitants de Sèvres, nommés l’un Dappe, Pierre, Théophile, l’autre Descoins, Louis, Antoine, Balthasar, lesquels me dirent qu’ils revenaient de Paris, où ils avaient pris part aux mouvements contre la garde royale et les Suisses et qu’avec les Parisiens ils s’étaient portés d’abord à la caserne de Babylone et ensuite à l’Ecole militaire. Ils ajoutaient qu’ils allaient sans retard se rendre à Sèvres pour instruire leurs concitoyens des événements et les engager à prendre les couleurs nationales. J’ai appris qu’ensuite ils s’étaient parfaitement conduits. » Signé, le 21 juillet 1831 : Delaborde. Le huitième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine en second de la 2e compagnie de chasseurs du bataillon de la garde nationale de Sèvres (arrondissement de Versailles), certifie que le nommé Pierre, Théophile Dappe, depuis qu’il fait partie de la compagnie qu’il commande en second s’est toujours parfaitement comporté dans le service qu’il a été appelé à faire et a donné des preuves de patriotisme. Je certifie encore que, quant à ce qui est à ma connaissance de sa vie privée, il n’y a rien à lui reprocher. En foi de quoi, je lui ai délivré le présent certificat, pour lui servir et valoir ce que de droit. A Sèvres le 23 juillet 1831, signé : Perrin. Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la croix de Juillet que demandait Descoins : « Les faits les plus importants allégués par MM. Dappe et Descoins ont eu lieu à Paris ; ceux qui se sont passés dans le département n’offrent aucun caractère saillant, qui motive une récompense nationale. » Il demeurait 53, rue Royale à Sèvres en 1831. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.

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