Darbo fils, François
Biographie
Né le 4 février 1802 à Paris. Marchand tabletier. Il adressa, le 5 septembre 1830, une lettre à la Commission des récompenses nationales, pour relater la participation qu’il avait prise aux combats de Juillet : « Le 29 juillet, je partis avec la colonne qui prit définitivement l’Hôtel de ville. Là, sous les ordres de M. le capitaine Contremoulin (voir ce nom), il m’employa à le seconder dans différentes missions, jusqu’au moment où je partis avec un détachement pour aider à la prise à la prise des Tuileries. Je revins quelques heures après, escortant la cassette de l’ex-roi, qui fut remise à l’Hôtel de ville. Rentrant sous les ordres du capitaine Contremoulin, je repartis avec lui et le capitaine Bacheville (voir ce nom), pour prendre part à la prise du Louvre et purger entièrement la rue Saint-Honoré, après quoi je me rendis à la Bourse, que je n’ai quittée que le 1er août jusqu’à ce que la tranquillité fût rétablie. » Il joignait à sa demande un certificat du capitaine Contremoulin (voir ce nom), demeurant 14, rue Gaillon, ainsi rédigé, le 5 septembre 1830 : « C’est avec une véritable satisfaction que le capitaine Contremoulin certifie que M. Darbo fils, a déployé pendant la grande semaine le plus grand dévouement à la cause de la liberté, qu’il a partagé avec moi les dangers à la prise de l’Hôtel de ville, du Louvre et de la rue Saint-Honoré, qu’il m’a parfaitement secondé pendant tout le temps que j’ai été au poste de la Bourse et notamment au journal le Temps pour empêcher un grand nombre d’ouvriers, égarés, qui voulaient détruire les presses mécaniques. On ne saurait trop rendre justice à son courage et à son patriotisme . » Un deuxième certificat attestait que pendant les quatre jours des événements de Juillet, il avait « négligé ses affaires ; il a laissé son épouse dans les douleurs de l’enfantement pour partager les dangers […] ; il a armé plusieurs citoyens, entre autres un brave qui ne l’a pas quitté. » Signé le 5 septembre 1830 : femme Barcq, demeurant 88, passage Choiseul ; Gunot ? illisible, demeurant 53, passage Choiseul ; Haloin illisible, demeurant 85, passage Choiseul. Un certificat signé, le 3 septembre 1830, de Bessin, ouvrier tailleur sur cristaux, demeurant 1, rue de la Haumerie, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Darbo, dans les mémorables journées du 27, 28 et 29 juillet 1830, s’est trouvé avec moi et s’est battu avec un grand courage à la ville (lire à l’Hôtel de ville, N.D.A.), rue Saint-Honoré et aux Tuileries, où le feu était très meurtrier. Le 30, nous nous sommes trouvés de service au quartier général à la Bourse. Sur ce, je déclare que c’est un brave citoyen. » Un autre certificat était signé, le 6 septembre 1830, de Despommiers Desbaunes, Louis-François (voir ce nom) et ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Darbo fils a montré dans les mémorables journées des 28, 29 et 30 juillet 1830, un dévouement digne des amis de nos libertés ; qu’il a participé à la prise de l’Hôtel de ville et le 29 à celle du Louvre et des Tuileries et qu’il s’est porté sur d’autres points où le danger existait et particulièrement dans la rue Saint-Honoré, puis celle de Rohan, où je le vis moi-même faire tous ses efforts pour repousser nos ennemis. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement). Il joignait à sa demande les mêmes certificats, qui reprenaient les mêmes faits, établis par les mêmes signataires mais établis à des dates différentes. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné, P. M. Contremoulin, chef de bataillon au 19e régiment de ligne, saisit avec empressement l’occasion de certifier que M. Darbo fils, marchand, a tenu la conduite la plus honorable pendant les mémorables journées de Juillet, qu’il a constamment été sous mes yeux, partant de la Bourse pour l’Hôtel de ville, de là au Louvre, aux Tuileries et rue Saint-Honoré, que le lendemain, vendredi, il m’a parfaitement secondé à l’administration du journal le Temps à dissiper un grand nombre d’ouvriers imprimeurs qui voulaient briser les presses mécaniques de cet établissement ; qu’enfin il s’est comporté en bon, brave et zélé Français et qu’il mérite à tous égards la reconnaissance nationale. Pour quoi je me fais un devoir de lui donner le présent pour lui servir et valoir selon son mérite. » Signé, le 4 décembre 1830 : capitaine Contremoulin (voir ce nom), demeurant 14, rue Gaillon. Suivait l’apostille du général Dubourg (voir Dubourg, Frédéric, général) : « Je certifie que M. Darbo s’est bien conduit, sous mes yeux, et que plus tard le commandant Contremoulin, sous les ordres duquel il était, m’a rendu un compte très avantageux de la conduite de ce citoyen. » Signé, le 14 décembre 1830 : Dubourg, général. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Darbo, dans les mémorables journées des 28 et 29 juillet 1830, était armé d’une carabine et s’est battu avec un courage et bravoure à la ville (lire à l’Hôtel de ville, N.D.A.), rue de Rohan, et particulièrement la prise du Louvre et des Tuileries, où le feu était très meurtrier. » Signé, le 9 décembre 1830 : Bessin, demeurant 1, rue de la Haumerie. Darbo signa, le 5 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Contremoulin : « Je, soussigné, certifie que M. le capitaine Contremoulin a donné de grandes preuves de dévouement pour la patrie, dans la mémorable semaine, que le 29 juillet il a été un de ceux qui ont commandé la colonne de braves qui est partie de la Bourse pour aller prendre possession de l’Hôtel de ville et que, revenant à la tête d’un détachement de braves volontaires, il s’est porté sur le Louvre, pour en aider la prise, ensuite rue Saint-Honoré pour y rétablir l’ordre et la tranquillité. De retour au quartier général de la Bourse, il a reçu les deux pièces de canon prises par les braves et les a fait retrancher en dedans des grilles de la Bourse en cas de surprise. Les 30, 31 juillet et 1er août, il n’a pas quitté la Bourse pour donner des ordres. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 86, passage Choiseul en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831. Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 380 in dossier Contremoulin ; Archives de la préfecture de police AA 382.