Dardel, Charles, Auguste

Biographie


Né le 25 août 1793 à Neufchâtel. Capitaine de la garde nationale de la ville de Sèvres. Le maire de la ville de Sèvres lui délivra le certificat suivant, en date du 7 janvier 1831 : « Le maire de la ville de Sèvres, informé quoique tardivement, que des récompenses pécuniaires et honorifiques devaient être accordées aux citoyens qui se sont plus particulièrement distingués pendant notre glorieuse révolution de 1830, a l’honneur de prévenir la Commission royale des récompenses nationales que, par suite du dévouement et du patriotisme qu’ont manifestés les habitants de la commune, il croirait manquer à ce que lui dicte une reconnaissance bien méritée s’il laissait ignorer à la Commission que deux de ses administrés ont un droit incontestable à une récompense honorifique. Ce sont MM. Dardel, Charles, Auguste et Varlet, Stanislas, capitaines de la garde nationale. Dès le 28 juillet, et quoique nous soyons alors entourés de troupes de l’ex garde, ces deux citoyens ont organisé la garde nationale qui, dès ce jour, a fait un service régulier. C’est à cette mesure que nous devons d’avoir été préservés des coupables projets de quelques individus étrangers à la commune. Le 30, par une conduite ferme et courageuse et sans employer la force des armes M. Dardel, à la tête des habitants, finit, après une fort longue résistance, à faire rendre les armes et le drapeau du régiment à un bataillon suisse en [ordre de] bataille en face la manufacture de porcelaine. Le 31, MM. Dardel et Varlet, en apprenant la marche de la colonne parisienne sur Saint-Cloud, s’y rendent en hâte et par, leur présence, empêchent un pillage qu’on n’aurait pu arrêter un quart d’heure plus tard. De retour à Sèvres, ces deux capitaines reçoivent l’ordre de marcher sur Versailles, à la poursuite de l’ex-garde. Ils réunissent cent cinquante à deux cents hommes et, marchant en colonnes sur cette ville, leur approche décide la retraite de Charles X sur Rambouillet. Le 3 août, ces deux braves citoyens, avec M. Jalabert (voir Jalabert, Jacques) aussi capitaine, avec trois cents gardes nationaux de Sèvres forment l’avant-garde de l’expédition de Rambouillet. Il est juste de dire que M. Dardel particulièrement s’est dévoué tout entièrement à la cause nationale et que, si la commune a été préservée des malheurs que nous faisait présager le séjour parmi nous des étrangers de l’ex-garde, c’est à lui que cette gloire doit être acquise. Le maire, en attestant l’exactitude de tous les faits relatés dans sa lettre et qu’il signale à la Commission des récompenses sur la demande des trois capitaines qu’il cite, ne doit pas laisser ignorer à la Commission qu’un très grand nombre de citoyens de la commune ont fait preuve, dans cette circonstance où il y a fait du danger à se mettre en avant, du plus grand zèle et du plus grand dévouement. » Le préfet de Seine-et-Oise apostilla ainsi ce certificat : « Le préfet de Seine-et-Oise, nommé le 1er août, a parfaite connaissance de la conduite patriotique de la garde nationale à Sèvres et des actes de courage et de dévouement de MM. Dardel, Varlet et Jalabert (voir Jalabert, Jacques). Il pense qu’ils méritent une récompense honorifique et les recommande à la bienveillance et à la justice de la commission municipale pour les récompenses nationales. » Les quatre députés du département apostillèrent favorablement la pétition. Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la croix de Juillet que demandait Dardel : « Il résulte des pièces à l’appui de la demande faite par MM. Dardel et Varet qu’ils ont donné de nombreuses preuves de dévouement et de courage et qu’ils ont couru des dangers réels. La Commission pense qu’ils méritent la décoration de juillet. » Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la Commission des récompenses nationales réunie dans le département de la Seine-et-Oise. Il signa, le 23 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Descoins, Louis, Antoine, Balthasar (voir ce nom) : « Je, soussigné, certifie que sieur Descoins, Louis, Antoine (sic) fait partie de ma compagnie et qu’il en fait le service avec la plus louable exactitude. » Il demeurait à Sèvres en 1830. Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances n° 26, 2e section, ordonnance n° 1137 du 17 juillet 1832, Paris, Imprimerie royale, mars 1833, p. 1, ordonnance du roi qui décerne la croix de Juillet à quarante-deux citoyens et la médaille de Juillet à cinquante-huit citoyens ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.

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