Dasfeld, Jean, Alexandre, Latapie
Biographie
Né le 1er avril 1796. à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Rédacteur à la Révolution de 1830, 3, rue Neuve-Saint-Augustin en 1830. Il adressa une lettre à la Commission des récompenses nationales dans laquelle il exposait « qu’après avoir combattu comme écrivain pendant dix ans en faveur de la liberté, soit par la publication de plusieurs ouvrages assez honorablement connus soit par ma coopération aux journaux patriotes, je fus attaché dès sa formation (mai 1830) au journal la Révolution et je méritai les persécutions de la police par l’ardeur de mes attaques contre la honteuse idole que nous avons enfin renversée. Lorsque l’heure de vaincre ou de mourir eut sonné pour tous les patriotes, cessant d’être écrivain pour devenir soldat, je me mêlai aux ouvriers héroïques qui nous ont délivrés, j’assistai dès le 28 à la prise de l’Hôtel de ville, le lendemain à l’assaut du Louvre, enfin à l’entrée des Tuileries où je fus légèrement blessé ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement avec sans doute quelques rebondissements. Ainsi, le 6 avril 1831, il était à la tribune des journalistes à la Chambre des députés et sollicitait un entretien auprès d’un député (dont on ignore le nom), pour une requête qu’il entendait lui faire ; Il se disait le compatriote et l’ami de Beauvais Poque (voir ce nom) et affirmait que ce dernier avait, à ce même sujet, proposé d’intercéder pour lui, mais qu’il avait refusé, préférant solliciter lui-même. On trouve aussi dans son dossier une lettre de remerciements très empressés adressée à Daniel, Hippolyte (voir ce nom) et dans laquelle il disait avoir été très touché de l’empressement que ce dernier avait mis à l’obliger (mais sans qu’on en connaisse les raisons). Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Dasfeld, Jean, Alexandre sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Après cette nomination, il réclama la croix, en donnant les explications suivantes et curieuses : « Je fus jugé digne par le jury du IVe arrondissement de la décoration spéciale mais, considérant que j’avais droit à cette faveur en qualité de journaliste en activité durant les jours qui précédèrent les ordonnances, le jury, pour ne point faire une double désignation, me porta pour la médaille comme combattant, sans préjudice de la décoration spéciale, qui, dans l’opinion individuelle de chacun de ses membres, devait m’être accordée comme journaliste. Ce jury était composé de M. Daniel (voir ce nom), président, Massot (voir Massot, Théodore), Crampel (voir ce nom), Aronssohn (voir ce nom) et deux autres membres dont j’ai oublié le nom. M. de Lannoy (voir ce nom), commissaire, qui m’honore de sa bienveillance, était absent de cette séance et c’est à cause de cette bienveillance même que par son austère impartialité il a cru devoir s’en tenir aux termes exprès de la décision du jury et me renvoyer à la vôtre, messieurs, pour la décoration spéciale. » Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 2 février 1832. Il est l’auteur, sous le nom de Asfeld, (Latapy ou Latapie dit d’Asfeld, Jean) de Chroniques du Béarn depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, publiés au Comptoirs des imprimeurs réunis en 1847. On trouve dans sur un site internet de l’hôtel des ventes Adam de la ville de Tarbes, en date du 15 mars 1818, les indications biographiques suivantes : « […] Le vicomte d’Asfeld s’appelait en réalité Vincent Latapy. Lochard le prénomme Jean, probablement d’après la nécrologie de O’Quin paru dans le Mémorial des Pyrénées du 8 avril 1848. Le rédacteur du Moniteur en 1820 dit avoir constaté d’après l’acte de naissance de Latapy que son nom s’écrit ainsi. L.T. Lasfeld signifie La Tapie d’Asfeld et non pas l’initiale de deux prénoms. La notice de la Bibliographie française reste prudente sur ce personnage curieux qui visiblement entretint sciemment le flou sur ses origines et ses travaux (lire la relation du procès en cour d’assises de Paris en 1820, où Jean Latapy est traduit en justice pour faux, usage de faux, escroquerie de pensions, etc.) Il sera interné puis relâché à l’occasion d’un changement de régime. Né en avril 1786 (sic), il meurt en 1848. » Il demeurait 14, rue d’Artois en 1831 (mais 13, rue d’Artois dans sa lettre adressée à la Commission des récompenses nationales et qu’il signe in Archives de Paris VD6 277). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.