Dassen, Pierre
Biographie
Ancien officier. Le 22 juin 1831, il écrivait à la Commission des récompenses nationales qu’il avait fait parvenir ses pièces au préfet de la Seine, Odilon-Barrot et n’avait jamais eu aucune nouvelle. « J’ai pris, expliquait-il, les mesures les plus énergiques en dirigeant à l’ennemi les patriotes les plus déterminés. Je me suis porté même à Rambouillet et malgré mon zèle et mon dévouement, malgré mes certificats les plus authentiques je n’ai jamais reçu aucune annonce de la Commission des récompenses nationales […]. Je ne viendrais pas vous importuner si je ne trouvais une espèce de honte à voir que plusieurs sont préférés, qui cependant n’ont pas signalé comme moi leur courage et leur dévouement […]. » Il déposa par la suite un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement). Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie qu’un monsieur avait pris un cabriolet portant le numéro 101 sur la place des Victoires, le 3 août 1830, pour le conduire à Courbevoie mais que, rencontrant aux Champs-Elysées, beaucoup de monde, il fut obligé de céder le cabriolet d’autorité à un monsieur qui l’accosta pour le conduire à Rambouillet ; ce monsieur était armé de sabre et fusil, se fit conduire avec la plus grande rapidité pour aller se battre contre la garde royale. J’ai su depuis que ce monsieur se nommait Dassen et qu’il demeurait rue Sartine n° 5. » Signé, le 11 avril 1831, pour duplicata d’un autre déjà signé mais « qui sans doute a été égaré au mois d’octobre passé » : Ducroc ou Ducrocq, demeurant 67, rue du Four-Saint-Germain. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, lieutenant-colonel, déclare que M. Dassen, ancien officier, demeurant rue Sartine n° 5, m’a secondé dans plusieurs circonstances dans les mémorables journées de Juillet, où il a combattu avec courage sous mes ordres, soit dans la rue des Prouvaires, la rue du Four, de l’Arbre-Sec, et autres adjacentes, dans les nuits du 28 et 29 juillet ; et repousser la garde royale jusqu’aux Champs-Elysées, où nous avons failli être victimes, par des boulets tirés de la barrière de l’Etoile, au moment d’un engagement avec des détachements suisses ; nous sommes entrés de là aux Tuileries. Le 29 juillet, il m’a également secondé à la Bourse, où j’ai commandé le poste jusqu’à minuit, exposé aux plus grands dangers, les portes ayant été forcées, moi-même foulé aux pieds, je serais une victime de ma résistance sans le courage de M. Dassen, à qui je dois une éternelle reconnaissance par la bravoure qu’il déploya en empêchant le pillage de l’argenterie qui avait été portée du château. Je déclare enfin que M. Dassen s’est toujours trouvé dans les journées au poste d’honneur et que, des premiers, il s’est porté à Rambouillet pour poursuivre la tyrannie. » Signé, le 27 août 1830 : Tournier (voir ce nom), lieutenant-colonel, commandant le quartier. Il demeurait 5, rue de Sartine en 1831. Archives de la préfecture de police AA 382.