Dautricour, Grégoire, François
Biographie
Né vers 1777 à Saint-Martin-de-Beau (Loire). Ancien militaire, devenu menuisier. Il s’illustra à la halle, aux Champs-Elysées, rue Saint-Honoré et à Passy. Il fut « blessé à l’entrée des Veuves, dans la journée du mardi, d’un coup de sabre à la lèvre supérieure, et mutilé de coups à Passy, en voulant mettre en fuite des soldats de la garde », selon une lettre, apostillée des signatures de quatre témoins, qu’il adressa, le 10 août 1830 à la mairie de son arrondissement. Il adressa, le 4 décembre 1830, au roi la lettre suivante : « […] A l’honneur de vous informer que dans les trois journées mémorables de juillet dernier, il s’est montré comme un brave citoyen, en exposant sa vie pour la liberté et est tout prêt de recommencer pour le maintien de l’auguste monarque qui nous gouverne aujourd’hui, ainsi que sa famille. Le 27, le suppliant a combattu, la journée entière, place de Grève, sans être blessé. Le 28, dans l’allée des Veuves, il eut la lèvre supérieure fendue d’un coup de sabre. Enfin, le 29, à la barrière de Passy, il y avait une quarantaine de gardes royaux, déguisés, qui demandaient à acheter des pelles, des pioches, etc. Cette invective fut à l’instant découverte par le pétitionnaire et ceux qui étaient avec lui. Aussitôt, ils chargèrent ces perfides de plusieurs coups de fusil. Manquant de munitions et n’étant qu’au nombre de huit à dix, il reçut plusieurs coups de pierre, de pied et de coups de poing dans le côté. Il a été terrassé et, en tombant, il a eu le bras gauche beaucoup fracassé, ce qui lui a occasionné pendant trois semaines de rendre le sang par la bouche et par les urines. Trois semaines après, il se rendit à la mairie du (ancien) Ier arrondissement, avec un certificat qui y est resté, déposé, signé de plusieurs témoins oculaires, constatant les faits devant énoncés pour passer à la visite d’un docteur qui y était présent. Celui-ci lui répondit brutalement : “Vous êtes maintenant guéri, allez-vous-en.” Ce docteur le rappela et lui fit donner vingt francs. Le malheureux est à Paris depuis dix-huit mois. La cause est que comme il était marchand fabricant de billards à Tours (Indre-et-Loire), tout son avoir fut consumé par les flammes dans la tour de Charlemagne, où il résidait depuis dix ans, ce qui est à la connaissance de Mgr Demontblanc, archevêque de Tours, qui était présent à cette malheureuse scène. Cet infortuné a l’honneur d’être connu de lui et même dans ses appartements il lui a posé un billard. C’est pour tout ce qui précède, Sire, que le suppliant a l’honneur d’adresser sa supplique au plus vertueux des rois, tendant à ce qu’il vous plaise de vouloir bien ordonner qu’il lui soit accordé une indemnité pour le temps qu’il aurait resté sans travailler par suite de ses blessures et des pertes qu’il aurait faites et vouloir aussi le faire entrer dans les travaux qui concernent sa partie, étant fourni des outils à ce nécessaire. C’est ce qu’il attend avec confiance de la bonté inépuisable de S. M. En ce faisant, vous rendrez service à celui qui vous en aura une éternelle reconnaissance et a l’honneur etc. » Dans une autre demande, il sollicitait la récompense nationale et d’être employé dans les arsenaux « comme ayant connaissance de fabriquer les caissons, les bois de fusils, de soufflets pour les forgerons, ayant travaillé en 1793 à Orléans et à Paris ». Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions à tous [ceux à qui] il appartiendra que le nommé Dautricour, François, Grégoire, menuisier, demeurant hors la barrière du Roule n° 6, bis, aux Ternes, commune de Neuilly, s’est conduit comme un brave citoyen dans les trois journées immortelles de juillet dernier à Paris, qu’il a combattu en exposant dangereusement sa vie, il a eu la lèvre supérieure fendue d’un coup de sabre, qu’il a reçu plusieurs coups de pied, de poing et beaucoup de bourrades de fusil, ce qui lui a occasionné de rester au moins trois semaines sans pouvoir travailler. » Signé, aux Ternes, décembre 1830 : Germain (voir Germain, Pierre, Jean) ; Lemanissier (voir Lemanissier, Frédéric) ; Martin et neuf autres signatures est-il précisé. Il reçut un secours de vingt francs le 25 août 1830 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il ne fut pas admis dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés, son nom étant rayé sur les listes de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir un secours et la croix de Juillet. Il joignait à sa demande la lettre qu’il avait adressée au roi et qui lui avait remise par la sous-préfecture de Saint-Denis le 10 septembre 1831. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme ayant peu de fortune. Il demeurait 6 bis, barrière du Roule à Neuilly en 1830 ; 5, rue des Dames aux Ternes en 1831. Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, où son nom est rayé ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 4 Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, idem liasse 7, liste des secours aux combattants ; ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates ; Archives de Paris VK3 43 (sous le nom de Dautricour, François mais son dossier est vide, Dautricour ayant retiré le 10 septembre 1831, la pétition qu’il avait envoyée à la Commission) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 7 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Dautrecourt, François, Grégoire) ; Archives de la préfecture de police AA 382 (sous le nom de Dautricour, François, Grégoire).